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% Attac Cévennes Sud %

avait programmé avec succès

Notre Monde de Thomas Lacoste

Le lundi 27 mai au Cinéma L’Arc en Ciel

A  20H15

Notre Monde, film de Thomas Lacoste,  Agat films & Cie

Le film s’ouvre sur un lieu mythique de la pensée. Une comédienne dit un texte de Marie N’diaye. Lieu paisible pour dire l’intranquillité du monde. Deux femmes en prologue.  Est-ce un hasard ? Mais rien n’est un hasard et surtout pas dans ce film.

Une des premières images : Une salle de cinéma vide qui se remplit. Et puis, les paroles se succèdent  pour dire le monde et l’interroger pour nous interroger à propos de ce monde. La parole de ces intellectuels (il y en a 35) est critique mais sereine et convaincue. Pas de solutions, des ouvertures. Appel donc à l’intelligence du spectateur qui globalisera, sans doute,  les dysfonctionnements pour le rêve d’un autre monde.

Ici, dans la périphérie de Montpellier, à Ganges, en milieu rural, la qualité du silence qui accompagna la projection de Notre Monde  en dit long sur la capacité du film  d’aller à la  rencontre d’un public populaire, approché sans condescendance.. Et parce que le film n’use pas de didactisme lourd, parce que la parole y est portée par une sorte d’évidence à dire ce qui est vécu, observé, analysé que le film peut vraiment rencontrer le public, tous les publics.

Avec un tel projet, on aurait pu craindre le pire. Mais, il faut souligner que si le film fonctionne c’est parce que sa centralité reste le cinéma. Thomas Lacoste a su donner sens à la parole par la manière de porter son regard sur les acteurs en acte de parole : La focalisation des visages en gros plans est renversante d’authenticité et d’émotion tant il n’est pas facile de parler, ainsi à visage découvert. Mais, pour le spectateur c’est une manière sensible de plonger son regard sur la personne qui parle, qui lui parle et qui semble poursuivre sa réflexion en parlant. Le jeu subtil des caméras qui jouent l’indiscrétion avec délectation, les visages des camérawomen (on dit women ?) qui doublent, par leur regard, l’œil de la caméra, le déplacement de l’appareil par une main qui semble elle-même en attente de ce qui va se voir, cette chorégraphie est tout simplement magnifique.

Dans la salle de cinéma qui se remplit il y a encore le regard des spectateurs comme une mise en miroir des spectateurs présents dans la salle où se projette le film. On y perçoit de nouveau les regards qui sont à la fois réceptacles et réflexions en train de se construire au frottement de tout ce qui est dit. L’œil de Buster Keaton, symbole espiègle et opérant sur le cinéma en train de se faire, comme la pensée critique en train de se construire.

Un film polyphonique, une œuvre qui nous parle et nous regarde. A nous de jouer une partition collective pour un monde à re-construire.

Niurka Règle

Un film interactif, aussi, puisque vous pouvez trouver plus d’informations sur le site :

http://www.notremonde-lefilm.com/