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La découverte du monde, Luciana Castellina, traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli, Actes Sud.

Avec ce récit, nous traversons l’Histoire de l’Italie à partir du 25 juillet 1943, date qui marque la chute du fascisme. Luciana Castellina a quatorze ans. Issue d’une famille plutôt aisée elle a pour amie Anna Maria Mussolini dont le père vient d’être arrêté. Un événement qui surprend la jeune Luciana qui n’a connu que le fascisme depuis sa naissance. Sa surprise est grande en remarquant le soulagement des gens dans la rue. A partir de là, elle décide de tenir un journal intime.

Mais nous ne sommes pas, ici, en présence de la transcription du journal mais d’un commentaire différé sur certains passages emblématiques de son parcours, de ses prises de conscience, et finalement de son engagement. Et c’est passionnant.

La distance opérée par les commentaires,  bien des années après, pose le récit  autobiographique à la fois dans une profondeur due aux expériences de la vie aux engagements de la narratrice. L’ensemble donne une légèreté, souvent teintée d’humour ou d’auto-dérision qui rendent le récit pleinement intéressant.

Luciana Castellina décrit toute une période de sa vie où son engagement au sein du PCI lui a fait découvrir le monde comme un souffle, un tourbillon. Son expérience lui fait découvrir d’autres milieux, d’autres terres, des solidarités qui se nouent au fil des ans. Le foisonnement culturel en Italie qui traverse tous les arts, elle le vit avec passion. Son enthousiasme est total même si,  parfois, le doute, ternit ses certitudes.

Un beau récit qui n’est rien d’autre qu’un hymne à la vie à travers l’altérité et le partage avec comme but final la transformation du monde. Si l’échec est patent, Luciana Castellina  reste debout, sans amertume, sans rancoeur et toujours dignement confrontée au réel.

A la lecture du livre sa « découverte du monde » est aussi pour nous une découverte.

Niurka Règle