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La terre des Wilson, Lionel Salün ) Liana Levi

J’avais lu « Le retour de Jim Lamar », roman magnifique sur le retour d’un vétéran du Vietnam au pays.

Une autre tension dans « La terre des Wilson » est perceptible dès le début du récit. Depuis quelques années un cataclysme inconnu submerge d’un voile noir sableux toute la région et même au-delà. Nous sommes quelque part dans l’Oklahoma et les conséquences de la grande dépression de 1930 se font encore sentir en 1935 dans le petit hameau où survolta la famille Wilson dans sa pauvre ferme. Pluies, sécheresse, terre craquelée n’aident en rien ses les travaux harassants. Il y a là Maggy, sa fille et Samuel, son mari taciturne et violent. Dick, le fils de ce dernier avait fuit la ferme accompagné de sa mère, suite aux blessures infligées par son père. Un jour, il revient dans une splendide voiture jaune, élégant et cynique. Et c’est à la ferme qu’il se présente, face à Annie Mae, son amour d’enfance et d’adolescence, compagne à présent de son père. Lors d’une nouvelle visite, il offre une poupée que le père détruira l’ayant trouvée cachée dans un coffre. A partir de là, les choses s’enclenchent dans un engrenage où les rêves les plus fous ne pourront jamais se réaliser. La rédemption est impossible et la tentative de briser le mur du destin sombre dans l’échec.  La lourde vague de sable noir qui surgit à la fin du récit et qui emporte la terre des Wilson, et bien au-delà, est là pour signifier la culpabilité de ceux qui rêvent  d’un pouvoir destructeur de la nature et des hommes.

Un récit court, d’une grande intensité dont l’écriture fascine par son économie et la force qui la porte