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Nous sommes dans le village de Bil"In, situé en Cislordanie.  Avec la colonisation israélienne qui avance, tel un rouleau compresseur, les palestinien voient leur terres disparaître comme une peau de chagrin. Nous sommes plongés en plein cœur d’une guerre qui ne dit pas son nom. Les palestiniens s’organisent en organisant chaque vendredi une marche pacifique sur le lieu même des spoliations. Des murs s’érigent.

L’histoire de cette lutte est filmée et ponctuée par des périodes qui correspondent, chacune, par le bris de la caméra de Emad Burmat. Celui-ci, paysan palestinien,  n’était pas destiné à filmer les événements mais à filmer Jibreel, son dernier fils qui vient de naître. Nous sommes en 2o04 et le film s’achèvera en 2011.

La force du film est de mêler l’histoire intime et l’histoire du village. Ainsi, voit-on grandir l’enfant et l’évolution du combat qui sera peu à peu rejoint par des personnes venues d’ailleurs, y compris par des israéliens opposés à la colonisation. D’ailleurs, Guy Davidi, le co-réalisateur du film, en a inspiré la trame en faisant du film, non pas un film purement documentaire mais un film où se mêlent l’histoire de la famille d’Emad et l’histoire de la colonisation. C’est cette structure qui fait la force du film. L’enfant grandit et prend peu à peu conscience des événements, pendant que la résistance se développe s’inventant des formes nouvelles en réponse à la colonisation.

Finalement, le mur a été déplacé. Et, si un autre mur prend racine plus loin, il y malgré les morts, malgré les humiliations, une petite note d’espoir.

Un beau film où la caméra nerveuse donne une intensité terrible à ce qui se déroule dans le village tout en suggérant de manière très forte la pression faite de l’autre côté des barbelés.

Ce film a été primé à plusieurs reprises.

 

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Emad Burnat et Guy Davidi, co-réalisateurs du documentaire « Cinq caméras brisées » (Marie Kostrz/Rue89)