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Wadjad de Haifa Al Mansour

 

L’histoire

Rencontre avec Wadjda, une petite fille pleine de vie et de caractère. Converses aux lacets violets, voile tombant, sourire aux lèvres et franchise insolente, elle s’amuse à négocier avec des hommes, sans aucune peur et avec malice. Symbole phare du film : une bicyclette verte pour parcourir les rues de Riyadh . Une bicyclette pour la liberté, la vitesse et l’exploration.

En Arabie Saoudite où les femmes ne peuvent pas pratiquer de sport,  l’obsession de la fillette d’économiser pour se payer un vélo est une vraie revendication. Tenace, Wadjda va même participer à un concours coranique pour obtenir la somme nécessaire. Etudier des dogmes qu’elle ne connaît pas et psalmodier (réciter des psaumes sans inflexion de voix, sur la même note) ne lui fait pas peur !

Derrière l’écran : la réalité saoudienne 

Haifaa Al Mansour, la réalisatrice, nous raconte qu’étant donné que les rues pour hommes sont séparées de celles des femmes, elle a dû se cacher dans une camionnette bon nombre de scènes. Dans une ville où aucun cinéma n’existe, c’était une vraie aventure pour la jeune de réaliser ce film.

 C’est un film que l’on regarde avec intérêt. Le sujet pointe le conservatisme de la société saoudienne mais la figure de la très jeune fille , au caractère bien trempé, symbolise sans doute une évolution réconfortante. La mère elle-même qui souffre de son propre  statut  est amenée à prendre position en faveur de sa fille. L’idée du vélo est un symbole fort d’émancipation. C’est vraiment la belle trouvaille du film. Et puis, on est séduit par le jeu de la jeune actrice et des personnages annexes. Le sujet est grave mais il est traité avec beaucoup de fraicheur.

Un premier film prometteur

 

Niurka Règle