20304073

Synopsis et détails

Yassine a 10 ans lorsque le Maroc émerge à peine des années de plomb. Sa mère, Yemma, dirige comme elle peut toute la famille. Un père dépressif, un frère à l'armée, un autre presque autiste et un troisième, Hamid, petit caïd du quartier et protecteur de Yachine. Quand Hamid est emprisonné, Yachine enchaîne les petits boulots. Pour les sortir de ce marasme où règnent violence, misère et drogue, Hamid, une fois libéré et devenu islamiste radical pendant son incarcération, persuade Yachine et ses copains de rejoindre leurs "frères". L'Imam Abou Zoubeir, chef spirituel, entame alors avec eux une longue préparation physique et mentale. Un jour, il leur annonce qu'ils ont été choisis pour devenir des martyrs…

 

J’ai vu ce film dans le cadre du Festival 2012 du Film méditerranéen de Montpellier.

La scène inaugurale place la violence sociale au cœur du sujet. A travers un simple match de foot entre gamins tout est déjà dit.

Les chevaux de Dieu du réalisateur marocain Nabil Ayouch, déjà plusieurs fois nominé et inspiré du roman de son compatriote Les étoiles de Sidi Moumen  de l’écrivain Mahi Binebine est un film qui réussit à voir le processus qui fait qu’il est possible d’amener de jeunes désespérodos jusqu’à la mort, répandant. D’autres victimes dans leur acte sacrificiel. Le cinéaste présent dans la salle a pris soin de préciser qu’on ne naît pas terroriste, on le devient.

Ce qui frappe dans le film c’est de voir comment les choses se mettent en place, socialement et psychologiquement. Les religieux recruteurs fonctionnent comme une secte : formation idéologique, formation militaire, formation technique et prennent soin au cours du parcours de rendre de menus services aux jeunes recrus ou à leur famille. Ils iles nvitent, le moment venu de quitter le foyer et vivre en communauté entre prières et sermons religieux. A un moment, les jeunes sont sous l’emprise, et, quand on leur annonce qu’ils ont été choisis pour être les futurs martyrs, ils ne peuvent plus échapper. Ils savent que s’ils renoncent rien ne leur sera pardonné.

Dans une société complètement déstructurée où l’autorité familiale à travers la figure du père est à présent absente, où l’autorité publique à travers la police et ses corruptions, le jeune ne peut se raccrocher à rien. C’est le terreau, pour recruter des kamikazes.  La vue aérienne de l’immense bidonville de Casablanca en es est le renversant symbole.

Une démonstration qui aide à comprendre certains événements, y compris hors Maroc, dans nos cités, par exemple.

Mais le film Nabil Ayouch reste un film : merveilleuses images, jamais gratuites,  une direction des acteurs très maîtrisée. Le rythme donné au film fait que malgré la dureté du propos, le spectateur ne se lasse pas. car le film fait appel à l’intelligence. Il y a aussi, un regard suffisamment empathique sur les personnages ce qui fait que le film ne verse jamais dans le misérabilisme.

On ne peut que souhaiter au cinéaste de produire d’autres films de cette qualité.

Bravo !

Niurka Règle