tokyopark604-159x138

Tokyo park, film japonais de Shinji Aoyama avec Haruma Miura, Nama Eikura, Komishi Munami

Un petit moment de bonheur à regarder ce film. Justement, un film sur le regard, regard de soi porté sur l'autre, ou regard confisqué.La photo, le cinéma, en sont autant de substituts ou de complices du jeune homme qui photographie, l'appareil étant le prolongement d'un plaisir maniaque incandescent.

Un homme et une femmes se sont connus.

Un homme et une femme se sont connus, jeunes étudiants en géologie. C'est la découverte d'un fossile qui sera le point de départ de leur union. Le mari, devenu dentiste, perd de vue sa femme qui déambule chaque jour dans un parc de Tokyo, promenant leur petite fille. Le mari, fou de jalousie, , paye un jeune étudiant photographe et fait suivre sa femme.

Le charme du film réside dans au fait que si le jeune homme reste fidèle à son engagement de filer la jeune femme le cinéaste, lui, se déporte sur l'intimité du jeune homme en révélant son travail, sa famille, ses amitiés, sa quête d'amour.

Tout s'enchaîne autour de Tokyo, l'autre personnage du film, et de ses parcs.

Fluide, subtile, on suit avec plaisir cette carte du tendre jusqu'à la déambulation s'arrête comme une fin de spirale. Et, si la symbolique du film en révèle sa beauté singulière, les scènes du quotidien vécues par le photographe, ont une fraîcheur et une profondeur qui renvoie d'autres images qui font entendre une petite musique en écho au désarroi du couple fossilisé mais qui renaît à la vie par la capacité retrouvée de porter son regard sur l'autre.

Les images ont un cadrage qui force l'attention. Rien de gratuit, ni dans les merveilleux paysage où nous entraîne la jeune épouse, ni dans le regard porté sur le quotidien du jeune photographe. Tout est juste, plein de pudeur et finalement émouvant.

Niurka Règle