Pourquoi pas ? Le blog de Niurka R.

18 mars 2017

Toutes les vagues de l'océan

 

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Toutes les vagues de l'océan, Víctor del Árbol, traduit de l'espagnol par Claude Bleton, Actes Sud (2015)

Ce roman est un monument. La force du propos et la force de la construction se conjuguent pour mêler et entremêler des parcours qui se fracassent sur l'autel du compromis qui ouvrent sur des espaces mortifères. L'écriture est magnifiquement maîtrisée. Merci à Claude Bleton, le traducteur.

Niurka Règle

Saisisssant.

Quatrième de couverture :


Gonzalo Gil reçoit un message qui bouleverse son existence : sa soeur, de qui il est sans nouvelles depuis de nombreuses années, a mis fin à ses jours dans des circonstances tragiques. Et la police la soupçonne d’avoir auparavant assassiné un mafieux russe pour venger la mort de son jeune fils.

Ce qui ne semble alors qu’ un sombre règlement de comptes ouvre une voie tortueuse sur les secrets de l’histoire familiale et de la figure mythique du père, nimbée de non-dits et de silences.

Cet homme idéaliste, parti servir la révolution dans la Russie stalinienne, a connu dans l’enfer de Nazino l’incarnation du mal absolu, avec l’implacable Igor, et de l’amour fou avec l’incandescente Irina.

La violence des sentiments qui se font jour dans cette maudite “île aux cannibales” marque à jamais le destin des trois protagonistes et celui de leurs descendants.

Révolution communiste, guerre civile espagnole, Seconde Guerre mondiale, c’est toujours du côté de la résistance, de la probité, de l’abnégation que ce parangon de vertu, mort à la fleur de l’âge, a traversé le siècle dernier. Sur fond de pression immobilière et de mafia russe, l’enquête qui s’ouvre aujourd’hui à Barcelone rebat les cartes du passé.

La chance tant attendue, pour Gonzalo, d’ébranler la statue du commandeur, de connaître l’homme pour pouvoir enfin aimer le père.

Toutes les vagues de l’océan déferlent dans cette admirable fresque d’un xxe siècle dantesque porteur de toutes les utopies et de toutes les abjections humaines.

 

 


16 mars 2017

Moonlight

 

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Moonlight,  Barry Jenkins

Ce film qui met en scène la violence d’une société qui a laissé de côté toute une population, en particulier  une jeunesse sans espoir,  dont la seule issue est le deal, souvent considéré comme le seul moyen  pour s’en sortir. iI y a, cependant, et ce qui donne toute la beauté au film une certaine douceur qui émane du rapport complexe de l’enfant au monde adulte, de l’enfant à un  autre enfant, puis de l’adolescent et l’homme adulte à la société.

Dans le quartier misérable de  Liberty City, quartier pauvre de Miami, Chiron prend de plein fouet le rejet de sa personnalité dont il n’a aucune perception lorsque jeune enfant, plutôt solitaire, il se rend à l’école, puis au collège. Sa mère en proie à la drogue ne peut l’aider mais il rencontre Juan, un caïd, et Teresa, sa femme, tout deux en mal d’enfant. Lentement, des liens vont se créer mais ce qui est donné à voir c’est la lente évolution dans la confiance difficilement acquise?? accepter de communiquer. Et c’est magnifique. 

Le long du film, on voit Chiron passer de l’enfance à l’âge adulte. Trois noms, aussi à lui attribué, Little, Chiron, Black. Trois comédiens, donc, et tous très justes. A sa sortie de prison, il se carapace sous une musculature impressionnante. Il n’est plus un enfant ni un  adolescent chétif il a fabriqué son personnage pour éradiquer la perception des autres et par là-même il répudie son homosexualité. Il suit, comme tant de jeunes, le chemin de Juan,  son père de substitution. Et, lorsque dix ans après avoir purgé une peine de prison, il retrouve son ami d’enfance qui travaille dans un restaurant  à Atlanta, la rencontre est troublante. Film magnifiquement elliptique, on ne saura rien de l’avenir de Chiron jusqu’au  moment où il se réconcilie  avec lui-même. La scène finale du restaurant est tout simplement magique d’incertitude, d’interrogations, d’inquiétude et quelque part d’acceptation de soi.

Un film violent mais plein de pudeur où tous les acteurs ont leur juste place et sont crédibles de bout en bout.

Niurka Règle 

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07 mars 2017

Le petit garçon juif repart au combat

 

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Le petit garçon juif repart au combat

lundi 6 mars 2017 par  Émilien Urbach

Article paru dans le journal l’Humanité du 6 mars 2017, page 3.
Propos receuillis par Émilien Urbach.

Enfant caché pendant la Seconde Guerre mondiale, Georges Gumpel, 80 ans, s’insurge contre la criminalisation des militants qui ont le courage aujourd’hui d’aider les exilés.

« Les gens qui nous ont cachés et ceux qui aujourd’hui portent secours à ces exilés sont la conscience de la société civile »
Exilé dans son propre pays, enfant juif caché, séparé des siens, orphelin d’un père prisonnier politique et mort dans un camp nazi,
Georges Gumpel a la mémoire à vif. Et le cœur qui résonne avec le drame des réfugiés. À 80 ans, l’homme voit sa propre histoire resurgir. Lui sait ce qu’il doit aux courageux qui l’ont protégé au péril de leur vie. Et il ne peut supporter, aujourd’hui, de voir poursuivis en justice ces citoyens solidaires des vallées franco-italiennes ou de Calais, seulement coupables d’apporter leur aide aux exilés d’Afrique et du Proche-Orient. Membre du bureau national de l’Union juive française pour la paix (UJFP), Georges a lancé un « Manifeste des enfants cachés », rendu public le 21 février. « Sans la solidarité de délinquants, nous ne serions pas là », proclame le texte, qui, au début du week-end, regroupait déjà une quarantaine de signataires.

Né en 1937 dans une famille juive française non pratiquante, Georges vit ses premières années à Paris. Il a quatre ans à peine lorsque les députés français accordent les pleins pouvoirs au maréchal Pétain et que se forme le gouvernement de Vichy. Au printemps 1942, avec ses parents et ses deux jeunes soeurs, il monte dans un train. Son père est convenu avec le conducteur qu’il stoppe les machines juste après la ligne de démarcation pour les faire descendre. « Aujourd’hui, un passeur solidaire se ferait saisir sa voiture », compare Georges en pensant à ce cheminot.

Toute sa vie, il milite contre la colonisation

Les Gumpel deviennent alors réfugiés à Lyon. Très vite, en 1943, la zone libre est occupée par les nazis. En septembre 1943, les parents de Georges décident de le confier à une institution chrétienne de la ville. La situation devenant de plus en plus dangereuse, il est pris en charge par une famille de métayers à Montfaucon, en Haute-Loire. Il y restera caché jusqu’à la fi n de la guerre par ces « délinquants solidaires », que l’histoire reconnaît aujourd’hui comme « justes » ayant mis leur vie en danger pour sauver des enfants juifs. Les soeurs de Georges, nées en 1938 et 1939, sont, pour leur part, cachées dans l’Allier.

Après la Libération, leur mère devra attendre que les ponts détruits qui enclavent la ville de Lyon soient à nouveau franchissables pour retrouver ses enfants. La famille décide de rester cachée à Montfaucon. Si la guerre est finie, la peur, elle, n’est pas complètement dissipée. Leur père, de plus, n’est pas avec eux. Militant socialiste, membre des réseaux anglais proches du Bureau central de renseignements et d’action, basé en Angleterre, il s’est fait arrêter en juillet 1944 lors d’une distribution de tracts dans le quartier Perrache de Lyon. enfermé à Montluc, il fait partie, le 11 août 1944, du dernier convoi vers Auschwitz, diligenté par un certain Klaus Barbie, alors chef de la Gestapo dans la région. Il meurt, six mois plus tard, dans le camp de Mauthausen, quelques jours avant l’arrivée des alliés, et rejoint les 320 000 personnes qui ont péri dans ce lieu dédié au travail forcé. La famille apprend la funeste nouvelle en septembre 1945 et regagne Paris l’année suivante. Sans ressources, la mère de Georges décide alors de le placer dans un orphelinat à Montmorency.

« Il n’est pas question qu’on s’apitoie sur mon sort, prévient-il. Cette enfance me donne simplement la légitimité de parler aujourd’hui. » Et il ne s’en prive pas. Toute sa vie, Georges s’engage. Qu’il s’agisse de la présence de la France en Algérie ou de la politique d’Israël en Palestine, il milite contre la colonisation. À la fin des années 1990, il se porte partie civile au procès du « boucher de Lyon ». Et c’est tout naturellement que ses convictions le mènent à publier une tribune solidaire, en janvier dernier, lors du procès de Pierre-Alain Mannoni, à Nice, jugé pour avoir transporté des exilées africaines entre l’Italie et la France. « Les gens qui nous ont cachés et ceux qui aujourd’hui portent secours à ces exilés sont la conscience de la société civile, sa rigueur, assène l’octogénaire. De tout temps, des citoyens ont su réveiller cette conscience. Les communistes le savent bien. La criminalisation de cette conscience, c’est l’oeuvre de Vichy. De De Gaulle aussi pendant la guerre d’Algérie. Et aujourd’hui, c’est ce que tente de faire le gouvernement. »

Place de la République, à Paris, le 9 février dernier, Georges est venu porter la voix des enfants cachés de la Seconde Guerre mondiale, contre le délit de solidarité. « Avec mon engagement à l’UJFP, je suis devenu un “ juif politique” à temps complet, explique-t-il. C’est tragique. Parce que, à la base, mon combat n’est pas celui d’un juif. On me demande parfois même où je suis né. Comme si mes convictions ne pouvaient pas être celles d’un citoyen français. Mais, face au Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France – NDLR) ou au gouvernement israélien, je m’oblige à porter cette étiquette. C’est l’Histoire qui me l’a assignée. » Finalement, plus que son identité juive, c’est son cœur d’enfant qui s’indigne aujourd’hui. Il ne peut s’empêcher de voir la foule des minots, accompagnés ou non, parmi les milliers d’exilés fuyant la guerre et la pauvreté. Il en veut aux gouvernements actuels qui violent de façon concomitante la Convention internationale des droits de l’enfant et celle relative aux réfugiés. Il se place définitivement aux côtés de ceux qui, bravant la loi, ont décidé de ne pas laisser faire. « Noirs ou juifs, le combat est le même, insiste Georges. Les solidaires d’aujourd’hui font écho à ceux de mon enfance. »

ÉMILIEN URBACH

01 mars 2017

Merci patron, le César

 

MERCI PATRON !, LE CÉSAR DU PEUPLE

Mon film parle d'une usine qui part en Pologne et qui laisse derrière un paquet de misère et un paquet de détresse. Au moment où je vous parle, c'est une usine d'Amiens qui s'appelle l'usine Whirlpool qui fabrique des sèches linges qui subit la même histoire puisque maintenant ça part là-aussi en Pologne. 

Il y a 15 ans c'était déjà à Amiens et c'était le lave linge qui partait en Slovaquie.

Pourquoi ça dure comme ça depuis 30 ans ? Ca dure comme ça depuis 30 dans parce que ce sont des ouvriers qui sont touchés, et donc on n’en a rien à foutre. Si c'était des acteurs qui étaient mis en concurrence de la même manière avec des acteurs roumains ça poserait problème immédiatement.

Si c'était des journalistes... Quand on touche à l'avantage fiscal de la profession de journaliste ça fait des débats aussitôt, il y a des tribunes dans les journaux. Mais imaginons que ce soit les députés dont on dise "les députés ne sont pas assez compétitifs". Un député français coûte 7 100 euros par mois, un député polonais revient à 2 000 euros par mois. Et encore je suis modéré parce qu'au Bangladesh un député c'est 164 euros.

Mais imaginons qu'on dise demain "Il faut délocaliser l'hémicycle à Varsovie". Et bien immédiatement il y aurait des débat à l'Assemblée Nationale et il y aurait un projet de loi. Et bien il n'y a pas de débat à l'Assemblé Nationale et il n'y a pas de projet de loi.

Donc dans ce pays il y a peut être des "sans dents" mais surtout il y a des dirigeants sans cran ! Donc maintenant Francois Hollande par exemple, il a l'occasion de montrer sur le dernier fil que son adversaire c'est la finance , qu'il peut faire des réquisitions, qu'il peut interdire les produits Whirlpool sur le territoire français, qu'il puisse sortir de l'impuissance et se bouger le cul.

Je vous remercie.

Et je remercie aussi la famille Klur évidement mais Marie-Hélène Bourlard, parce qu'elle est déléguée CGT et ce sont des gens comme ça qui contribuent à faire tenir notre pays debout.

 

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26 février 2017

Haricots blancs

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Un plat de haricots blancs est goûteux; beau à voir et bon à manger. De plus, on peut varier la recette de multiples façons en y ajoutant sa patte personnelle. Ici, une base simple et très agréable.

Ingrédients :

800 g de lingots blancs

Une ou deux courgettes coupées en cubes

Tomates cerises

1 oignon

différents saucissons (Montbéliard, chorizo…) 

thym, laurier

1 bouillon cube

recette :

La veille faire tremper les haricots puis vider l’eau et laver.

Les faire cuire dans un faitout ou un won en y ajoutant l’oignon, les courgettes les tomates, le thym, le laurier,

Lorsque les haricots sont cuits ajouter le bouillon cube et terminer la cuisson.

 

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25 février 2017

La 32e Comédie du livre

 

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Source : La Marseillaise du 25 février 2017

La Comédie du livre au coeur de la Méditerranée

LECTURE

La 32e Comédie du livre se tiendra du 19 au 21 mai 2017. Trois jours pour plonger les 100 000 visiteurs attendus au coeur de toutes les mé- diterranées.

Montpellier

Après la littérature italienne, à l’honneur lors de la dernière édi- tions, c’est la littérature indienne qui devait être célébrée cette année mais l’irrésistible attractivité de la grande bleue, et le fort désir du Pré- sident de Montpellier Méditerra- née Métropole, Philippe Saurel ont fait tourner le compas. C’est autour des littératures méditerranéennes que s’articule la 32 édition de La Co- médie du livre du 19 au 21 mai pro- chain.

Depuis l’unification de la Médi- terranée sous le pouvoir de Rome les chassés-croisés entre Orient et Occident n’ont pas manqué. Ils ont aussi été porteurs d’évolution in- tellectuelle, voire religieuse. C’est dans le sens de l’ouverture, et l’es- prit de Fernand Braudel que les au- teurs invités traverseront les fron- tières géographiques et intellec- tuelles pour évoquer et parfois cha- huter et bousculer les certitudes. Car les écrivains parlent, mieux que personne, des effets de la mon- dialisation, des déplacements et de l’émigration, des ambitions so- ciales et des révoltes, de la résis- tance, de survie, et de l’amour, bref de tout ce qui fait vivre la civilisa- tion méditerranéenne du XXIe siècle.

Lumière grecque

Une trentaine d’auteurs sont at- tendus en provenance de douze na-

tionalités du bassin méditerranéen des rives sud et nord, balkaniques, maghrébine et moyen-orientale. Parmi les nombreux pays repré- sentés, la manifestation ouvre une fenêtre sur la littérature grecque avec huit auteurs de renom pré- sents à Montpellier, dont Dimitris Dimitriadis, Thanassis Valtinos, Christos Chryssopoulos, Ersi Soti- ropoulos…

Pour cette 32e édition, la Co- médie du Livre accueille la mai- son d’édition lilloise La Contre Al- lée accompagnée de plusieurs écri- vains dont l’italien Roberto Ferruc- ci, l’espagnol Alfons Cervera et le français Thomas Giraud. Elle offre également sa carte blanche de pro- grammation au romancier poète et essayiste Alain Mabanckou auteur d’une quinzaine de roman traduits dans une quinzaine de langues. Comme chaque année, le week- end sera également l’occasion de retrouver vos écrivains français préférés pour des moments de ren- contres, de discussions et de dédi- caces sur les stands des libraires de la ville. Cette année, la Comédie du Livre élargira ses actions sur tout le territoire métropolitain, tout en conservant le coeur rayonnant de la manifestation autour des stands des librairies indépendantes, Place de la Comédie. Avec Les Préfaces* puis durant le WE, la manifesta- tion pourra ainsi s’appuyer sur les médiathèques, leurs équipes. Et al- ler ainsi à la rencontre d’autres lec- teurs, et de celles et ceux qui ne peu- vent se rendre à Montpellier. La Co- médie du livre, qui n’oublie pas la BD, propose une expo inédite au- tour de l’auteur Fabcaro à L’espace Bagouet dès le 18 avril.

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 Les Préfaces : une programmation autour de la Méditerranée du 28 mars au 18 mai

 

Carte blanche à Alain Mabanckou.

 

 

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19 février 2017

La Cigale le corbeau et les poulets

 

Cinéma « L’arc en ciel » de Ganges

Lundi 27 février à 20 h 30

En présence de  trois protagonistes du film

 

La paisible bourgade de Saint-Pons-de-Thomières a défrayé la chronique. Enfin, borgade paisible, il faut le dire vite car un vent mauvais s’est abattu sur le village suite aux lettres de menaces reçues par le gouvernement Sarkozy. Or, ces lettres étaient postées de Saint-Pons. Il n’en fallait pas plus pour jeter tous les soupçons sur La cigale, la presse locale et le rendez-vous des alternatifs, C’est ainsi que des centaines de fonctionnaires de la police s’abattent sur la commune avec le lot d’arrestations, de perquisitions…

Malgré la gravité du sujet le film est traité de manière décapante et les Don Quichotte des temps modernes nous régalent par leur obstination écologique et solidaire et leurs luttes de chaque instant. Il va sans dire que la bande de la cigale est lavée de tout soupçon mais ce triste épisode en dit long sur « l’ennemi » à abattre.

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08 février 2017

Ombres et lumières

 

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La question des réfugiés de Saint Bauzille de Putois a défrayé la chronique héraltaise et au-delà. La position violemment antiréfugiés de la municipalité, lors d'une première rencontre avec la population a laissé des traces. Dans l'article qui suit deux habitants de longue date du village ont fait paraître dans le journal local "Lou Publiaire" un article mettant en parallèle des faits historiques et l'actualité.

Niurka Règle

 

OMBRES ET LUMIERES

L'histoire de notre village n'est pas un long fleuve tranquille. A l'image de l'Hérault qui le traverse, elle est faite de soudaines poussées de fièvre, de controverses houleuses et parfois de débordements semblables aux crues du fleuve. Comme par temps d’orage, le village s'enflamme, les eaux débordent et emportent parfois tout sur leur passage. Puis, passée la crue, le fleuve se calme et reprend son cours comme si de rien n'était, bien qu’il reste souvent des durables traces. Le village est comme le fleuve. Heureusement, la vie continue!

Octobre 2016, des migrants aux Lutins Cévenols : de la guerre à la liberté.

Ce mois de novembre 2016 restera marqué par l'une de ces controverses dont les Saint Bauzillois ont le secret, avec l'arrivée dans la Commune de migrants affectés au centre de loisirs des « Lutins Cévenols ».

Venus du Soudan, leur pays d'origine, fuyant la guerre et la misère, quarante-trois jeunes hommes sur les six mille personnes concentrées à Calais dans le nord de la France ont finalement été affectés à Saint Bauzille de Putois, l'un des lieux retenus par le Gouvernement pour mettre un terme à une situation, déshonorante pour notre pays, et inhumaine pour les intéressés. Après moult péripéties et controverses la situation s'est enfin apaisée pour le plus grand bien des réfugiés et la sérénité du village. Puisque d’autres localités ont accueilli nombre de migrants sans qu'il y ait eu pour autant le moindre tumulte, la question se pose : est-ce un problème de méthode ou le refus d'accueillir des étrangers?

La controverse est née, selon le Maire, parce que la Préfecture aurait d'autorité et sans concertation fixé le nombre de migrants à quatre-vingt-sept. Elle a été largement alimentée par la Commune, soutenue par la Communauté de Communes dans une séance confidentielle au cours de laquelle quelques communes se sont cependant abstenues de soutenir le Maire de Saint Bauzille de Putois. Et il semble bien que les considérations politiciennes aient eu plus de poids que l’humanitaire en ces temps pré-électoraux et que le contexte idéologique xénophobe actuel, récurrent en période de crise, exacerbe l’opportunisme politique. Situation politique et moment historique extrêmement dangereux que certains d'entre nous ont déjà connus pendant la dernière guerre où tout commença par la désignation des boucs-émissaires et, en premier lieu, par celle de l'étranger. A nouveau, aujourd'hui, certains s'évertuent à nous faire croire que le responsable de cette situation de crise c'est l'Autre, alors qu'il est avéré que ce sont les puissances dominantes (classes et Etats) qui alimentent et profitent des conflits sans fin, avec l'aide de professionnels de la politique, jetant sur les routes des populations affamées fuyant le désastre au péril de leur vie.

Après la réunion publique organisée par la Mairie où la fureur, alimentée par la démagogie, a failli tourner au pugilat –ce que, sans doute, certains éléments extérieurs espéraient -, les esprits se sont calmés et le Conseil municipal, bien qu’ayant agité quelque velléité de démission, est revenu à de meilleurs sentiments. Depuis, les quarante-trois réfugiés se sont installés et un collectif local de solidarité s'est mis en place, regroupant près de cent quatre-vingt personnes qui œuvrent au sein des différentes commissions à la satisfaction des besoins élémentaires des migrants. Ce collectif travaille en coordination avec le CAO (centre d'action et d'orientation), établissement public chargé d'orienter

les réfugiés vers des solutions plus durables, et le CCAS (centre communal d'action sociale) qui, dans une logique institutionnelle, intervient en complément. Cette situation n'est cependant que provisoire, déjà quelques migrants sont repartis poursuivant leur pérégrination vers d'autres pays européens. S'intègreront-ils dans un pays d'accueil ou retourneront-ils dans leur pays si la paix et la prospérité reviennent? Ce que nous pouvons dire en l'état de nos échanges, c’est qu'ils ont beaucoup souffert chez eux (certains sont originaires du Darfour), qu’ils ont traversé plusieurs pays et la redoutable Méditerranée, que cela leur a coûté très cher pour arriver jusqu'à nous, sains et saufs. Et que la première impression de leur vie en France : c'est la Liberté !

1937-1943 : de la liberté à la guerre.

Nous pensons que la connaissance du passé permet de comprendre le présent et d’éclairer l’avenir. Aussi, revenons un moment sur la tradition d'accueil à Saint Bauzille de Putois et plus spécifiquement à celle du centre « Les Lutins Cévenols ». Quelques jalons historiques nous aideront à mettre en lumière et à dessiner les ombres du sujet qui nous intéresse ici.

Créés en 1937 par des Saint Bauzillois, et jusqu'à ces derniers jours propriété des Œuvres Laïques de Plein Air des Jeunesses Laïques et Républicaines, Les « Lutins Cévenols » ont d’emblée affirmé et mis en pratique le caractère social et d'accueil des personnes en difficulté, notamment des enfants. Ce sont les frères Louis et Pierre Metge, avec d’autres, qui furent à l'origine, par souscription auprès des villageois, de la création des « Lutins Cévenols ». Ils furent également les propriétaires de l'usine de bonneterie « Les Elfes » dont les locaux sont encore visibles sur le CD 108E.

En 1939, le centre accueillit des réfugiés espagnols, hommes, femmes et enfants, qui fuyaient la dévastation de la Phalange franquiste. Rassemblés par la Fédération des Jeunesses Laïques Républicaines et les loges maçonniques, ces espagnols trouvèrent refuge aux « Lutins Cévenols » et leur nombre passa de 185 en mars 1939 à 235 en août de la même année1. La bonneterie Metge employa certains de ces réfugiés espagnols.

Par la suite, soixante enfants juifs y furent hébergés entre 1941 et 1943 à l'initiative de la famille Pascal de Ganges alors même que la moitié Nord de la France subissait l’occupation, que la moitié Sud était sous le joug du Régime de Vichy, et que leurs populations étaient accablées de privations2. Un témoignage local indique que certains de ces enfants ont fréquenté l'école publique du village avec de jeunes Arméniens.

Voilà, brossée très rapidement, la part de lumière. La part d’ombre maintenant. L’arrivée des réfugiés espagnols, par exemple, ne se fît pas sans trouble politique et contestation populaire comme le relate Vincent Parello3. Ce dernier exhume des archives départementales un rapport de

1 Vincent Parello, « Des camps de réfugiés espagnols de la guerre civile dans l’Hérault », Mélanges de la Casa de Velázquez [En ligne], 41-1 | 2011, mis en ligne le 15 avril 2013, consulté le 28 novembre 2016. URL : http://mcv.revues.org/3943

2 Thierry Dubourg, « Le juste de France et les enfants juifs », Midi Libre, 03/11/2016.

3 Vincent Parello, « Réactions xénophobes à l’égard des réfugiés espagnols de la guerre civile dans le Département de l’Hérault », Bulletin hispanique [En ligne], 114-2 | 2012, mis en ligne le 05 janvier 2016, consulté le 05 Novembre 2016. URL : http://bulletinhispanique.revues.org/2259 ; DOI : 10.4000/

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police au préfet qui dévoile le discours des élus de l’époque. On y apprend que le Maire de Saint Bauzille de Putois se plaignit en 1939 à plusieurs reprises auprès des services de police de « l’installation d’un camp d’hébergement dans les locaux de la Colonie des Lutins cévenols, [...]. A ses yeux, la présence de réfugiés dans la commune posait de sérieux problèmes de santé publique et d’ordre moral, et ne pouvait qu’exacerber la haine des villageois envers cette population immigrée »). Un peu plus loin on peut lire que « Mr le Maire nous a indiqué que ces étrangers vivaient dans un état de promiscuité assez déplorable. Il nous a affirmé qu’à plusieurs reprises il s’était élevé, sans résultat, contre cet état de choses, indiquant même que la population voyait avec irritation croissante l’envahissement de la ville par des réfugiés qu’elle ne tenait nullement à héberger ou même simplement à rencontrer. » Et d’autres prises de position politiques et populaires stigmatisèrent à l’époque les réfugiés espagnols qui constituaient une «concurrence déloyale aux travailleurs nationaux » et qui étaient « nourris par la France à ses frais » (c’est nous qui soulignons).

Ce bref détour historique appelle plusieurs remarques :

Tout d’abord, nos compatriotes d'origine espagnole, descendants pour la plupart de réfugiés, seront sans doute édifiés par ces propos tenus jadis à l'égard de leurs aïeux, victimes de la guerre et logés aux « Lutins Cévenols ».

Ensuite, la mise en évidence qu'à cette époque troublée il existait au sein de la communauté villageoise un courant progressiste et humaniste qui a, par ses initiatives et sa participation à la Résistance, contribué à la tradition d’accueil des « Lutins Cévenols » et plus largement de notre village. Pour cette raison, nous pensons que la vocation sociale du centre « Les Lutins Cévenols », compte tenu, en sus, de l’effort financier consenti par la collectivité publique, se doit d’être pérennisée.

Enfin, et c’est sans doute le plus important – ou le plus inquiétant - pour l’avenir, comment ne pas rapprocher les prises de position de l’année 1939 à l’égard des réfugiés espagnols avec les déclarations acerbes que nous avons pu entendre lors de la réunion publique du 20/10/2016 ? Combien, qui prétendent incarner les valeurs chrétiennes, ont témoigné ce jour-là des Evangiles et des paroles de leur prophète : « j’étais étranger et vous m’avez accueilli » (Mt 25, 31-46) ?

Similarité des situations économiques et sociales. Convergence des contextes politiques et idéologiques. Similitude des arguments... Persistance des clivages sociologiques de communautés d’intérêts économiques, faussement revêtues d’oripeaux idéologiques et religieux ? Nous nous interrogeons. N’a-t-on, décidément, rien appris de notre Histoire?

Suprême ironie de la situation, à la Libération fut construite par la nouvelle municipalité une piste de danse sur laquelle fut plus tard installée la salle polyvalente où se tenait la réunion : sous les pieds des excités qui sautaient et vociféraient, les constructeurs de la dalle avaient gravé à la mosaïque un grand V comme VICTOIRE ; à l'intérieur de ce V une croix de Lorraine et, de part et d'autre, 1939-1945. Le jour de l'inauguration, on put y voir danser des couples au son d'un vieux phonographe à manivelle qui crachotait cet air: « C'est une fleur de Paris du vieux Paris qui sourit...

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Bleu Blanc Rouge avec l'ESPOIR elle a fleuri, c'est une fleur de Paris. » Les plus âgés d’entre nous s’en souviennent et c'était ça leur LIBERATION.

Marcel Yves CAIZERGUES et Cyril CZERNIELEWSKI 

24 décembre 2016

Le chat

 

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10 décembre 2016

Le renoncement de Hollande

 

 

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Le renoncement d’Hollande

source : Russeurope

François Hollande aura, pour une fois dans sa vie, créé la surprise. Alors que tout laissait penser qu’il annoncerait début décembre sa décision de se représenter, que le plan de cette campagne était déjà établi, il a annoncé le jeudi 1er décembre à 20h00 sa décision de ne pas se représenter. Au vu des sondages et de la perte de crédibilité et de légitimité qui le frappe, du risque de disparition pur et simple du parti « socialiste », cette décision est logique. Cela ne veut pas dire qu’elle ait été évidente. Dans l’allocution prononcée par le Président de la République, on sent une grande tension ; la voix est blanche, le débit n’est ni fluide ni assuré. C’est un homme qui doit prendre sur lui-même qui parle, et la raison ne va pas dans le sens du cœur. Mais, la raison a triomphé. Reconnaissons que c’était la chose la plus intelligente qu’il pouvait faire.

Un président sur fond de désastre

L’annonce de sa non-candidature rebat les cartes ; mais c’est un jeu pratiquement sans atouts que les autres prétendants devront désormais jouer. Car, François Hollande laisse derrière lui un paysage dévasté, un P « S » en ruine, tant il est divisé politiquement et à court de projet, une « gauche » éparpillée. Sa responsabilité est grande. L’obstination dont il a fait preuve sur la loi « travail », ou loi El Khomri, n’est pas sans conséquences dans ce désastre. Et, ce n’est pas le seul problème posé par l’action, et parfois l’inaction, de ce Président. De la volonté à faire passer une loi sociétale, le fameux « mariage pour tous » que rien n’imposait, aux abandons divers, qu’il s’agisse du renoncement représenté par le TSCG, voté dès l’automne 2012, ou de celui concernant le dossier d’ARCELOR-MITTAL, en passant par les divers pantalonnades, de l’escapade en scooter à l’affaire Léonarda, François Hollande a accumulé les erreurs, que ce soit sur le fond comme dans la forme. Quoi qu’il dise, son bilan est désastreux. Son image ne s’est d’ailleurs pas relevée des errements de sa pratique très personnelle, et très particulière, du pouvoir. Ainsi, ce qu’avait commencé le livre écrit par son ancienne compagne, Valérie Trierweiler, Merci Pour ce Moment, un autre livre l’achève avec les confidences égrenées devant Gérard Davet et David Lhomme dans Un Président ne devrait pas dire ça. L’ouvrage que l’on annonce d’Aquilino Morelle aurait sans doute été l’ultime clou dans son cercueil. Il avait promis une présidence « normale », alors qu’il aurait du dire « simple » ; il nous a offert une présidence oscillant entre le banal et le ridicule, si ce n’était les diverses tragédies qui ont endeuillé la France depuis le mois de janvier 2015. Il était devenu un homme détesté et haï, mais surtout méprisé. On pouvait croire, jusqu’à l’annonce de ce soir, que tout glissait sur lui comme l’eau sur les plumes d’un canard. Il faut croire qu’il lui restait une once de conscience, un brin d’intelligence, un éclair de lucidité. En décidant de ne pas se représenter il a incontestablement pris une bonne décision. Mais la question que l’on peut se poser est de savoir si c’est peut-être bien la seule de son quinquennat.

Les prétendants

Il laisse donc derrière lui un champ de ruines. Les prétendants ne seront pas à la fête. Manuel Valls, piaffant d’impatience, va donc certainement déclarer sa candidature à la primaire du parti « socialiste ». Mais, il n’est plus le même homme qu’en 2012. Il a été usé par la fonction de Premier-ministre. Chez lui désormais les éléments de langage remplacent la politique, et les tics prennent le pas sur le langage. S’il était choisi, sa candidature dégouterait une partie des militants de la « gauche », et il n’aurait d’autre choix que de disputer à Emmanuel Macron, voire à François Bayrou, les débris d’un socialo-centrisme, lointaine réminiscence de la « troisième force » de la IVème république.

Arnaud Montebourg veut incarner quant à lui la « gauche » du P »S », encore que cette position lui soit contestée tant par Benoît Hamon que par d’autres candidats. Arnaud Montebourg, tout comme Valls, était lui aussi présent à la primaire de 2011. Son bon résultat de l’époque l’avait mis en selle. Il fut Ministre que ce soit dans le gouvernement d’Ayrault ou de Manuel Valls, avant d’être démissionné avec pertes et fracas à l’été 2014. S’il n’a rien oublié de son passage au gouvernement, il n’a rien appris non plus. En particulier, il n’a rien appris sur l’incompatibilité qu’il existe entre l’euro, et la politique que ce dernier impose, et la tache de redressement productif qu’il s’était fixé. Cette incapacité à nommer ses adversaires le condamne à des gesticulations où il peut retrouver les postures de l’ancien avocat pénaliste qu’il fut mais certes pas convaincre les français. De plus, sur la gauche, la place est déjà prise. La position de Jean-Luc Mélenchon, qui – lui – semble avoir compris que l’euro n’est pas simplement une monnaie mais constitue en fait un instrument de gouvernance au service de la finance et de l’austérité, est autrement plus cohérente et autrement plus forte.

Ni Manuel Valls, qui représente la ligne social-libérale de François Hollande, ni Arnaud Montebourg dont le discours se réduit à des formules, ne peuvent espérer incarner une alternative crédible à François Fillon. Fort de son succès à la primaire de la droite et du centre, ce dernier propose un programme d’ajustement économique au cadre de l’euro et de l’Union européenne. Si l’on pense que ce programme va provoquer une catastrophe sociale et ne résoudra aucun des problèmes économiques auxquels la France doit faire face, il faudra lui opposer une autre cohérence. Mais de cela, ni Manuel Valls ni Arnaud Montebourg ne sont en l’état capables.

Aller de l’avant!

Le discours dans lequel François Hollande a annoncé son renoncement a insisté sur l’unité des français, alors que sa politique a largement contribué à les diviser. Il a présenté comme un adversaire fondamental le protectionnisme alors que ce dernier est pratiqué par nombre de pays et constitue un instrument légitime pour un pays cherchant à reconstruire son industrie. Ainsi, jusqu’au bout, François Hollande aura menti, travesti la réalité, inventé de fausses peurs pour faire oublier de vrais ennemis. Il convient donc de tourner la page, de renvoyer François Hollande et son quinquennat aux livres d’histoire, dans lesquels – n’en doutons pas – ils seront considérés comme les symptômes d’une France abaissée, tant économiquement que socialement, tant politiquement que moralement.

Il convient de préparer l’avenir. Il convient d’opposer au programme de François Fillon qui provoquerait, s’il était appliqué, des déchirures irréparables dans le tissu social français, une autre cohérence bâtie sur la compréhension que rien ne sera possible tant que la France restera dans l’euro. Cette autre cohérence doit être construite dans la reconnaissance que la Souveraineté est première pour reconstruire une véritable Démocratie, qui seule est capable d’assurer aux français une véritable Sécurité. Laissons les morts enterrer les morts, et reprenons le chemin du progrès.


Posté par niurka à 17:49 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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