"Pourquoi pas"

28 janvier 2012

Nous désobéissons

 

Palestine

Nous désobéissons - לא מצייתות

Désobéissance, vendredi 13 janvier 2012

Le texte ci - dessous a été signé par des dizaines de femmes appelant à la désobéissance.

Nous refusons de nous soumettre aux lois et décrets. Nous sommes de dizaines de femmes juives israé­liennes à voyager et à tra­verser avec des femmes et enfants pales­ti­niens de la Cis­jor­danie, les postes de contrôle, à visiter ensemble nos villes, à apprécier les plages, à s’amuser aux ter­rains de jeux, à les héberger chez nous et à être hébergées chez ces femmes au-delà des fron­tières inter­dites. Nous avons ensemble cueilli des olives dans leurs oli­ve­raies fami­liales au-delà des postes de contrôle. Ensemble, nous avons écouté le mer­veilleux chanteur pales­tinien Amal Markus au théâtre de Jérusalem.

Ensemble, nous sortons avec les maî­tresses des mater­nelles pales­ti­niennes au centre de Tel Aviv.

En raison de ces actions menées par notre col­lègue Ilana Hamerman, celle-ci a été, pour la troi­sième fois, inter­rogée par la police en vue d’une longue enquête.

Elle n’est pas la seule. Nous sous­si­gnées, affirmons publi­quement que nous allons continuer à rejeter les lois et règle­ments qui violent le droit à la liberté de cir­cu­lation de la popu­lation civile de la Cis­jor­danie. Nous défions la jus­tesse, la moralité ou le bien - fondé de ces lois. Nous pour­suivons la voie de la déso­béis­sance civile contre un système arbi­traire qui, pendant les 44 der­nières années, a privé des mil­lions de per­sonnes de leurs droits humains et civils en érigeant des murs de sépa­ration, des bar­rières et des postes de contrôle et en les plaçant derrière.

Notre groupe grandit de jour en jour. Récemment, 300 uni­ver­si­taires ont apporté leur soutien en disant : « Votre justice est celle que nous cher­chons tous. Votre condam­nation est la même que la nôtre. » Nous lançons un appel à tous les Israé­liens conscients et lucides : Rejoignez -nous par cen­taines – ceci n’est plus une lutte contre l’Apartheid en la Cis­jor­danie, c’est une lutte pour une vie normale dans notre pays.

Traduction de l’hébreu par Ayelet, membre du groupe Désobéissance

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25 janvier 2012

La preuve de l'art

 

 

Unknown

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24 janvier 2012

Le dévouement du suspect X

 

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Le dévouement du suspect X., Keigo Higashino, traduit du japonais par Sophie Refle – Actes noirs Actes Sud.

 Ishigami est un mathématicien passionné. Personnage solitaire et réservé, il ne vit que pour son art jusqu’au moment où une jeune femme et sa fille  deviennent ses voisines immédiates. Il tombe amoureux de la jolie Yasuko Hanaoka.

Mais, l'’ex-mari retrouve sa trace. Prise de panique à l’idée d’être à nouveau harcelée par cet homme violent, elle le tue aidée par sa fille. C’est là qu’Ishigami intervient, et, avec une logique imparable masque le crime et prodigue à ses voisines des conseils pensés dans les moindres détails qu’elles suivront à la lettre.

On retrouve un corps nu, la face enfoncée et les doigts brûlés pour faire disparaître les empreintes digitales. Inidentifiable.

L’inspecteur Kusanagi est chargé de l’enquête qui piétine. Or, lorsqu’au cours de ses enquêtes il se trouve dans une impasse, il a pour habitude de consulter son ami physicien Yukawa. Ce dernier avait connu Ishigami lorsqu’ils étaient étudiants et avait pour lui une grande admiration.  Son nom ayant été cité en tant que voisin de Hanaoka, la présumée coupable, il décide de  lui rendre visite. Accueilli avec réserve, au début, la conversation prend une tournure agréable et tourne autour du clivage entre les mathématiques et la physique, comme par le passé.

Cependant, au cours de leurs échangse, Kukawa, se rappelle d’une aporie que le mathématicien lui avait présenté : Est-il plus difficile de chercher la solution d’un problème que de vérifier sa solution ? Les deux hommes entament, ainsi, une sorte de match intellectuel fort agréable.

Mû par une sorte d’intuition,  Yukawa entame avec son ami une joute implacable, jusqu’au dévoilement de la terrible vérité.

Ce qui rend le roman de Keigo Higashino si attachant ce n’est pas seulement le jeu intellectuel qui module le récit de manière très maîtrisée, mais c’est aussi son approche des êtres dans leur réalité la plus ordinaire écrit dans un registre très personnel.

C’est aussi un magnifique roman d’amour .                                                                                   

 Niurka Règle

 

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18 janvier 2012

Refus d'attribution de nationalité

Pièce jointe Mail

Lettre à Guéant : Le crachat et le rêve français, par Amine El Khatmi

 Lettre à monsieur le ministre de l'Intérieur, de l'Outre-Mer, des Collectivités territoriales et de l'Immigration

 

Monsieur le ministre,

La sous-direction de l'accès à la nationalité française du ministère que vous dirigez vient de signifier à madame S. Boujrada, ma mère, le classement  de son dossier et un refus d'attribution de nationalité. «Vous ne répondez pas aux critères», est-il écrit dans un courrier sans âme que l'on croirait tout droit sorti de l'étude d'un huissier ou d'un notaire.

Ma mère est arrivée en France en 1984. Il y a donc vingt-huit ans, monsieur le ministre, vingt-huit ans ! Arrivée de Casablanca, elle maîtrisait parfaitement le français depuis son plus jeune âge, son père ayant fait le choix de scolariser ses enfants dans des établissements français de la capitale économique marocaine.

Elle connaissait la France et son histoire, avait lu Sartre et Molière, fredonnait Piaf et Jacques Brel, situait Verdun, Valmy et les plages de Normandie, et faisait, elle, la différence entre Zadig et Voltaire ! Son attachement à notre pays n'a cessé de croître. Elle criait aux buts de Zidane le 12 juillet 1998, pleurait la mort de l'abbé Pierre.

Tout en elle vibrait la France. Tout en elle sentait la France, sans que jamais la flamme de son pays d'origine ne s'éteigne vraiment. Vous ne trouverez trace d'elle dans aucun commissariat, pas plus que dans un tribunal. La seule administration qui pourra vous parler d'elle est le Trésor public qui vous confirmera qu'elle s'acquitte de ses impôts chaque année. Je sais, nous savons, qu'il n'en est pas de même pour les nombreux fraudeurs et autres exilés fiscaux qui, effrayés à l'idée de participer à la  solidarité nationale, ont contribué à installer en 2007 le pouvoir que vous incarnez.

La France de ma mère est une France tolérante, quand la vôtre se construit jour après jour sur le rejet de l'autre. Sa France à elle est celle de ces banlieues, dont je suis issu et que votre héros sans allure ni carrure, promettait de passer au Kärcher, puis de redresser grâce à un plan Marshall qui n'aura vu le jour que dans vos intentions. Sa France à elle est celle de l'article 4 de la Constitution du 24 juin 1793 qui précise que «tout homme -  j'y ajoute toute femme - né(e) et domicilié(e) en France, âgé(e) de 21 ans accomplis, tout(e) étranger(e) âgé(e) de 21 ans accomplis, qui, domicilié(e)  en France depuis une année, y vit de son travail, ou acquiert une propriété,  ou épouse un(e) Français(e), ou adopte un enfant, ou nourrit un vieillard, tout(e) étranger(e) enfin, qui sera jugé(e) par le corps législatif avoir bien mérité de l'humanité, est admis(e) à l'exercice des droits de citoyen français». La vôtre est celle de ces étudiants étrangers et de ces femmes et  hommes que l'on balance dans des avions à destination de pays parfois en guerre.

 Vous comprendrez, monsieur le ministre, que nous ayons du mal à accepter cette décision. Sa brutalité est insupportable. Sa légitimité évidemment contestable. Son fondement, de fait, introuvable. Elle n'est pas seulement un crachat envoyé à la figure de ma mère. Elle est une insulte pour des millions d'individus qui, guidés par un sentiment que vous ne pouvez comprendre, ont traversé mers et océans, parfois au péril de leur vie, pour rejoindre notre pays. Ce sentiment se nomme le rêve français. Vous l'avez transformé en cauchemar.

Malgré tout, monsieur le ministre, nous ne formulerons aucun recours contre la décision de votre administration. Nous vous laissons la responsabilité de  l'assumer. Nous vous laissons à vos critères, à votre haine et au déshonneur dans lequel vous plongez toute une nation depuis cinq ans. Nous vous laissons face à votre conscience.

 Quand le souffle de la gifle électorale qui se prépare aura balayé vos certitudes, votre arrogance et le système que vous dirigez, ma mère déposera  un nouveau dossier.

Je ne vous salue pas, monsieur le ministre

 Amine EL KHATMI, 23 ans, étudiant en droit (master 2), Français

 

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10 janvier 2012

LA MARCHE HONGROISE

 

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Tous les lundi, la chronique de Jacques Nikonoff

La chronique de Jacques Nikonoff
9 janvier 2012.

LA MARCHE HONGROISE VERS UN FASCISME CONTEMPORAIN

Les évènements qui se déroulent en Hongrie témoignent de la formation d’un fascisme contemporain. Les institutions de l’Union européenne, qui ont leur part de responsabilité dans cette situation, ne veulent ni ne peuvent intervenir. L’enjeu porte sur la capacité d’un pays de sortir de la crise en dehors des cadres fixés par le FMI et l’Union européenne, à partir de politiques d’extrême droite ou de gauche.

C’est un nouveau fascisme contemporain qui se donne à voir en Hongrie

Depuis mai 2010, dans ce pays de 10 millions d’habitants membre de l’Union européenne depuis 2004, une droite particulièrement réactionnaire est au pouvoir avec le parti Fidesz (Union civique hongroise) dont le leader est Viktor Orban, Premier ministre, après l’avoir déjà été de 1998 à 2002. Une nouvelle Constitution a été votée par le Parlement, sans référendum, dont le contenu traduit la nature fascisante du nouveau régime.

Ainsi la République a été abolie, puisque la Constitution n’est plus désormais celle de la « République de Hongrie », mais celle de la « Hongrie » tout court. C’est-à-dire un pays qui ne se définit plus par son régime politique mais par une prétendue essence éternelle. La nation hongroise, du coup, incluant les minorités hongroises d’autres pays voisins, même si elles n’ont pas la double nationalité. Le potentiel de déstabilisation nationaliste de toute la région est énorme. Le passé de ce pays est mythifié par les autorités. La Hongrie aurait ainsi une nature transcendante et non politique, faisant disparaître la notion de citoyenneté. Pour Janos Martonyi, ministre hongrois des Affaires étrangères, « Pour moi, comme pour la plupart des Hongrois, la Hongrie, c’est tout simplement la Hongrie » (Le Figaro, 7 et 8 janvier 2012).

Les premiers mots de cette nouvelle Constitution sont « Dieu bénis le Hongrois ». Ainsi, logiquement, la place de la République à Budapest a-t-elle été débaptisée, et s’appelle désormais place Jean-Paul-II… Logiquement, encore, la nouvelle Constitution appelle à défendre « la vie dès sa conception », menaçant directement le droit à l’interruption volontaire de grossesse ; quant au mariage, il ne peut unir qu’un homme et une femme.

Il n’y a plus de liberté de l’information en Hongrie depuis la loi du 21 décembre 2010, votée par 256 voix contre 87, entrée en application le 1er janvier 2011. Les médias ont été placés sous le contrôle d’un « Conseil national des médias » dont les cinq membres, nommés pour neuf ans, appartiennent au parti au pouvoir ! Ce Conseil pourra, de façon discrétionnaire, exiger des médias qu’ils corrigent des informations qu’il estimera ne pas être « équilibrées politiquement » ou « entravant la dignité humaine ». Il pourra infliger des amendes allant jusqu’à 200 millions de forints (720 000 euros) pour les télévisions et 25 millions de forints (90 000 euros) pour les journaux ou les sites Internet. Certes, les médias concernés pourront se pourvoir en justice, mais ils devront préalablement avoir publié les rectifications et acquitté les amendes exigées. Ce Conseil pourra aussi participer à la vie interne des rédactions, en exigeant qu’on lui soumette articles ou émissions avant leur diffusion, et ordonner aux journalistes qu’ils dévoilent leurs sources.

Une réforme électorale taillée sur mesure favorise outrageusement le parti au pouvoir puisqu’elle fait la part belle au parti qui arrive en tête. Le scrutin législatif sera à un seul tour, la droit de vote est accordé aux minorités hongroises des pays voisins, le découpage des circonscriptions est particulièrement favorable au parti Fidesz. Il suffira d’un tiers des voix pour se maintenir au pouvoir. L’opposition, même majoritaire, pourrait ne pas pouvoir accéder au gouvernement. Ainsi, aux prochaines élections, il est peu probable que le nouveau vainqueur dispose à son tour des deux tiers. Il aura les mains liées. C’est comme avec les traités européens : la gauche a les mains liées.

Un impôt sur le revenu de 16% pour tous a été inclus dans la Constitution. Il revient à supprimer l’impôt sur la fortune et est particulièrement injuste car frappant principalement les catégories modestes. Désormais une majorité des deux tiers au Parlement sera nécessaire pour changer la fiscalité.

Autres innovations de cette nouvelle Constitution : les sans-abris peuvent être punis de peines de prison, et la majorité parlementaire pourra faire passer ses lois sans débat !

Ajoutons que dans de nombreuses villes, les directeurs de théâtre ont été remplacés par des gens proches du pouvoir ou des militants d’extrême droite.

Ce nouveau fascisme contemporain n’a plus le visage de celui des années 30 et de la Seconde Guerre mondiale

Ce qui se passe aujourd’hui en Hongrie montre le nouveau visage du fascisme contemporain. Ce dernier n’a plus besoin d’avoir des chemises de couleur, comme les « chemises noires » du fascisme italien de Mussolini. L’image du fascisme originel de la Seconde Guerre mondiale a changé, le nouveau fascisme n’a pas besoin de ressembler point par point à l’ancien. Le risque est cependant encore plus grand que dans les années 30, car aujourd’hui toutes les expériences de gauche ont échoué, du « socialisme réel » en passant par le « modèle » social-démocrate et la « gauche plurielle » en France. Le terreau est donc beaucoup plus favorable à l’extrême droite.

On voit clairement en Hongrie les signes avant-coureurs du fascisme contemporain. Cependant, le socle commun à tous les fascismes reste le même : c’est toujours et avant tout le refus de l’égalité des individus, des « races » ou ethnies, et donc des peuples et nations, une identité nationale fantasmée et exacerbée. C’est le refus du droit d’avoir des droits. C’est alimenter l’idée que la crise est d’une telle ampleur que rien ne peut en venir à bout, sauf à revenir à une régénération et une purification nationales.

C’est la version hongroise du lepénisme. Ainsi, selon Louis Aliot, le n° 2 du FN, « je ne suis pas Hongrois, mais j’ai l’impression que le peuple hongrois a voulu cela. Il a voté pour ses dirigeants et ses dirigeants ont mis en place le programme pour lequel ils ont été élus » (Le Monde, 6 janvier 2012).

Les institutions de l’Union européenne, qui ont leur part de responsabilité dans cette situation, ne veulent ni ne peuvent intervenir

La presse française, de Libération au Monde en passant par Le Figaro, se demande – ou fait semblant de se demander – pourquoi les institutions de l’Union européennes sont silencieuses face au cas hongrois. Bruxelles semblerait désarmée et son silence serait de plus en plus lourd. Libération du 4 janvier 2012 titre « Le lâche silence de l’Union européenne ». On peut lire le commentaire pathétique d’un Hongrois : « l’Europe ne nous laissera pas tomber ». Ainsi l’opposition hongroise se tourne vers Bruxelles pour tenter de trouver des soutiens. Quelle illusion !

L’Union européenne ne fera rien, comme elle n’a rien fait en 2000 en Autriche. Il s’agissait alors de protester contre l’entrée du parti d’extrême droite de Jörg Haider dans la coalition gouvernementale. La seule sanction prise a été que les fonctionnaires européens n’ont plus serré la main de leurs collègues autrichiens… Jusqu’à présent, le seul dirigeant européen à s’être exprimé est M. Juppé qui a eu ces fortes paroles : « Il y a un problème en Hongrie ».

Pourquoi ? Parce que le PPE, parti de M. Orban, est majoritaire au sein de l’Union européenne ; parce que l’Union européenne est une alliance basée sur l’économie et non sur un projet politique partagé et qu’elle ne dispose d’aucun instrument juridique pour faire plier la Hongrie ; parce que la seule chose qui intéresse les institutions européennes dans le cas hongrois, c’est le risque de remise en cause de l’indépendance de la banque centrale de Hongrie.

Le Parti populaire européen (PPE), parti de M. Orban, est majoritaire parmi les pays de l’Union européenne, il est aussi la première force du Parlement européen. Dans le PPE, il y a notamment l’UMP de M. Sarkozy et la CDU de Mme Merkel… Qui est le vice-président du PPE ? C’est Viktor Orban !

L’Union européenne est une alliance basée sur l’économie et non sur un projet politique et démocratique partagé, elle ne dispose d’aucun instrument juridique pour faire plier la Hongrie. La Commission européenne s’occupe des choses sérieuses comme maintenir la concurrence libre et parfaite, et pas du reste comme les atteintes aux libertés fondamentales. D’autant que l’Union européenne ne dispose d’aucune capacité juridique d’intervention. D’ailleurs, sauf preuve contraire, les décisions prises pour le pouvoir hongrois ne contreviennent pas aux traités, sauf pour la Banque centrale de Hongrie. Le système de l’UE n’aime pas la démocratie, il n’y a qu’à se rappeler le cas du vrai-faux référendum grec où les dignitaires européens ont hurlé à la mort !

Certes, il existe des sanctions possibles définies par l’article 7 du traité de Lisbonne. En cas de non-respect des « valeurs fondamentales » de l’UE, le droit de vote du pays concernés est suspendu au Conseil. La procédure peut s’enclencher sur l’impulsion du Parlement européen ou de la Commission, ou d’un tiers des États membres. Mais en bout de course il faudra rassembler les 26 autres pays en dehors de la Hongrie. Impossible puisque la majorité des pays de l’UE est dans le même parti que Viktor Orban. Les Verts, témoignant d’un sens aigu de la politique politicienne, y ont fait appel officiellement. Plus prudents, les socialistes ont déclaré : « il faut sérieusement l’envisager ». Cela ne mange pas de pain.

Une autre solution serait de poser des conditions à l’aide financière. Autrement dit, exiger l’annulation de certaines lois pour que la Hongrie obtienne des aides. Mais des sanctions trop lourdes auraient des conséquences désastreuses pour les banques allemandes et autrichiennes. Un effet domino se produirait alors dans la zone euro, car en Hongrie, 80% des actifs bancaires sont détenus par des banques étrangères. Ainsi, les craintes sur l’économie hongroise ont fait monter les taux en Autriche. La meilleure carte d’Orban, c’est de menacer d’un défaut (total ou partiel). N’oublions pas que pour réduire la dette, Orban a imposé des taxes de 60% sur les bénéfices des banques, des télécommunications et de l’énergie, toutes entreprises étrangères.

Il ne reste en réalité à l’UE qu’une batterie de sanctions en dehors des traités, purement symboliques, comme la condamnation verbale du Fidesz.

La seule chose qui intéresse les institutions européennes dans le cas hongrois, c’est le risque de remise en cause de l’indépendance de la banque centrale de Hongrie. L’unique décision prise par José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, a été d’envoyer une lettre le 20 décembre 2011 pour s’inquiéter d’un projet de loi sur la Banque centrale hongroise. Trois jours plus tard il suspendait les négociations visant à accorder une ligne de crédit de 20 milliards d’euros à la Hongrie.

Quel est le contenu de cette loi adoptée le 30 décembre 2011, à propos de laquelle la BCE a émis un avis négatif ? Le président de la Banque centrale de Hongrie ne pourra plus choisir ses adjoints, qui passent de deux à trois, et seront nommés par le chef du gouvernement. Le conseil monétaire, qui décide de la politique des taux d’intérêt, passera de sept à neuf personnes, les deux membres supplémentaires étant, comme quatre autres, nommés par le Parlement. Ces mesures sont tout à fait normales pour un pays qui voudrait recouvrer sa souveraineté monétaire. Pour les oligarques européens, le but de Viktor Orban serait d’utiliser les 35 milliards de réserves de change que détient la Banque centrale de Hongrie pour rembourser certaines dettes publiques. Et alors ?

Ajoutons qu’une autre modification de la Constitution, dont on parle moins, qui a mis en fureur les élites européennes, est que le forint est devenu constitutionnellement la monnaie hongroise, bloquant ainsi pratiquement le passage de ce pays à l’euro.

Montesquieu doit se retourner dans sa tombe ! Car pour les europiomanes, l’équilibre des pouvoirs inclut désormais l’indépendance de la Banque centrale dans chaque pays ! Pour ainsi, pour Le Monde (4 janvier 2012), la nouvelle Constitution hongroise affaiblit « les instruments de contrôle démocratique – alternance électorale, justice, Cour constitutionnelle ou Banque centrale ». On connaissait le principe de l’équilibre des pouvoirs définit par Montesquieu, entre le législatif, l’exécutif et le judiciaire, base de toute République, mais on ne savait pas que ce principe d’équilibre s’était étendu aux banques centrales qui devaient être, comme la Justice, indépendantes. On croit rêver ? La politique monétaire est toujours un choix politique et ne saurait être plus longtemps retirée des mains des pouvoirs publics. C’est pourquoi, au passage, la proposition faite par certains milieux de gauche d’autoriser la BCE à financer directement les États n’est qu’une fable pour faire dormir les enfants. Ce qu’il faut, c’est sortir de l’ordre monétaire libéral et se réapproprier, à l’échelle nationale, cet instrument décisif de politique économique.

Quels enjeux autour du cas hongrois ?

L’enjeu porte sur la capacité d’un pays de sortir de la crise en dehors des cadres fixés par le FMI et l’Union européenne, à partir de politiques d’extrême droite ou de gauche. Que peut faire un pays seul ? Rien, pour les oligarques européens et leurs relais médiatiques. Le paradoxe, c’est que l’extrême droite, comme devrait le faire la gauche et qu’elle ne fait pas, veut démontrer le contraire.

L’édito du Monde du 4 janvier 2012 est à cet égard emblématique. Il affirme que l’ « L’Europe ne doit pas laisser dériver la Hongrie ». « M. Orban semble avoir décidé que son pays, pourtant gravement atteint par la crise, pouvait s’en sortir seul. Il refuse de se plier aux conditions posées par le l’UE et le FMI pour accorder leur aide. Ces deux institutions ont donc suspendu les pourparlers avec Budapest. Elles ont raison. L’Europe ne doit pas subventionner un pays qui se moque de ses règles. » Tout est dit dans ces quelques lignes : il faut absolument éviter de montrer qu’il est possible pour un pays, seul, de sortir de la crise alors que l’Union européenne n’y parvient pas. Mais c’est la gauche, qui devrait tenir ce discours !

Hélas, les Hongrois gardent un très mauvais souvenir de la gauche, et notamment des socialistes héritiers des communistes. Ferenc Gyurcsany, l’ancien Premier ministre socialiste, avait reconnu avoir « menti nuit et jour pour gagner les élections » (Le Figaro, 2 janvier 2012). Ce personnage est un véritable cas d’école des régimes de l’Europe de l’Est. Après avoir été un des dirigeants des jeunesses communistes, il se reconverti dans les affaires après la chute du Mur et devient la 50e personne la plus riche de Hongrie. Le Parti communiste Hongrois (PSOH) devient alors social-démocrate et adhère à l’Internationale socialiste. Cela ne pose aucun problème à la grande majorité des dirigeants de ce parti qui étaient adhérents non par conviction mais pour faire carrière. Comme au PS ou au PCF aux heures de sa gloire.

Tout est prêt pour favoriser l’émergence de ce fascisme contemporain. Sauf si la gauche redevient la gauche !


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09 janvier 2012

Photo de groupe au bord du fleuve

 

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Photo de groupe au bord du fleuve, Emmanuel Dongala –Actes Sud

 

Voici un livre d’exception. Non pas seulement, parce qu’il est question de femmes au congolaises, non seulement parce qu’il y est question du combat de ces casseuses de pierres, mais parce que Emmanuel Dongola a un profond respect pour ces femmes et que ce respect passe par une écriture exemplaire.

Au bord du fleuve, justement, quatorze femmes cassent des pierres. Semblables dans le travail mais uniques par leur histoire  et l’auteur dévoile pas à pas  l’histoire singulière de chacune d’entre elles qui symbolise si bien  la femme africaine.

Le sort de chacune d’elle est peu enviable victime des traditions, des guerres, des lois coutumières, des mentalités…Mais, lorsque le récit commence, Méréana entend, à la radio que suite au projet de construction d’un nouvel aéroport, le prix du ciment flambe. Le prix de leur travail reste à 10 000 francs le sac. Un sentiment d’injustice, les pousse à réclamer 20 000 francs pour chaque sac. La revendication est rejetée avec violence par les cimentiers. Elles décident, alors,  de s’organiser.  Au cours de leur combat, elles apprennent à se connaître, à unir leur force, déployant une énergie, une audace, une créativité gommant les différences de culture, d’instruction et jouant de la solidarité la plus généreuse et tenace.

Face à ce combat commun nous sommes littéralement happés par l’histoire individuelle et collective de ces quatorze femmes courage.

Le foisonnement des événements ; le rythme narratif, tout enchante le lecteur, malgré la dureté de certains récits de vie car ces femmes portent fièrement la tête haute.

Le récit à la deuxième personne accentue la profondeur du propos et donne chair au personnage central dont on suit les méandres de la pensée, sans, pour autant, porter ombre à ses compagnes.

Finalement, lorsque la bataille est gagnée, on ignore le devenir de chacune d’elles, mais ce qui est certain c’est qu’il restera dans la mémoire collective un magnifique écho de ce groupe de femmes au bord du fleuve, trace indélébile d’un combat collectif dans la singularité des êtres.

Superbe.

Niurka Règle

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06 janvier 2012

Le mur : nouveau scandale !

 

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Hébron - Mur érigé par l’armée israélienne d’occupation en plein coeur de la ville palestinienne pour isoler les quartiers occupés exclusivement par quelques centaines de colons juifs - Photo : GC

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04 janvier 2012

Accord sino-japonais et monnaies respectives

Un événement trés important: l’accord sino-japonais concernant leurs monnaies respectives par Danielle Bleitrach

Publié 31 décembre 2011 

source : histoireetsociete, 28 décembre 2011

La Chine et le Japon ont annoncé lundi avoir signé un accord pour utiliser leurs monnaies respectives au lieu du dollar dans leurs échanges commerciaux. C’est un événement d’une grande importance à la fois pour ce qu’il représente en matière d’évolution monétaire par rapport au primat de la monnaie de réserve qu’est le dollar mais aussi parce qu’il symbolise d’évolution politique entre les deux pays longtemps hostile l’un à l’autre à la fois à cause des atrocités commises par l’Armée japonaise en Chine et la manière dont le Japon, géant économique et nain politique (comme l’Allemagne) s’était placé sous la protection des Etats-Unis.

Incontestablement la maivaise santé de l’économie nord américaine et l’incapacité dans laquelle celle-ci se trouve de maîtriser son système financier, la débâcle de l’Euro mais aussi le bellicisme sans moyen réels de tenir les pays que l’OTAN occupe, le fiasco irakien, la ridicule expédition de Libye et désormais les menaces sur la Syrie et L’Iran acentuent la crise de crédibilité face au dollar.

Cette décision doit être replacée dans le contexte de la stratégie de la Chine en Asie où en pratiquant une politique régionale d’avantages mutuels et de non intervention dans les politiques locales, un respect des souveraineté et la création d’échanges systématiques mutuellement avantageux. la Chine a réussi dans cette zone non seulement à dénouer des conflits traditionnels avec le Japon mais aussi avec le Viet-Nam (encore plus difficiles à dénouer) mais encore à apparaître comme la force économiqur capable d’empêcher l’extension de la crise venue des Etats-Unis et de l’Europe.

Cette décision se comprend d’ailleurs aussi par rapport à la crise de l’euro et le fait que les échanges commerciaux entre la Chine et ke Japon n’ont cessé de s’étendre, le Japon vendant plutôt les biens d’équipement, faisant donc des transferts de technologie et  la Chine des biens de consommation à des prix défiant toute concurrence. Jusqu’à présent les échanges étaient réglés en dollars et l’accord prévoit que désormais leurs entreprises préféreront le yen et le Yuan.

Cet accord n’est pas le premier du genre, il y a deux ou trois mois un accord semblable a été signé avec la Russie et avec des banques centrales d’Asie et surtout sud-américaines où ils vont dans le sens voulu par Chavez de se dégager de l’impact du dollar, du FMI et de toutes les institutions qui consacrent la suprématie des Etats-Unis à travers sa capacité de monnaie de réserve. Mais le Japon est plus caractéristique dans la mesure où il s’agit là de l’allié traditionnel des Etats-Unis et Chine et Japon sont les deux pays ayant le plus de réserve d’obligations des EtatsUnis. Comme il n’existe pas de marché du yuan comme il existe un marché du dollar ou même de l’euro, le japon va accumuler des réserves sans que pour autant la Chine ait à changer la convertabilité de sa monnaie.
Enfin il faut voir que la Chine peut agir ainsi sans faire monter le cours du Yuan en maitrisant le taux de leur monnaie (100 yuan font 15 dollars) parce que Pekin conserve le contrôle de sa monnaie, il s’agit d’un secteur tout à fait nationalisé et entrant dans un système de planification. La Chine ne veut pas l’hégémonie, elle veut pour elle et d’autres pays du sud échapper au fait que toutes les matières premières, énergétiques en particulier ont des prix fixés en dollars, une monnaie de facturation et de réglement,ce qui fait que quand un pays veut acheter du blé, du pétrole ou n’importe quoi il est obligé d’acheter du dollar pour payer la facture. Les etats-Unis n’ont qu’à faire agir la planche à billet que les autres pays doivent  acheter pour pratiquer les échanges et donc constituer des réserves.

la CHine tente  donc avec l’accord d’un nombre grandissant de pays de changer le système en instituant un troc à l’échelle mondiale et en commençant à faire du yuan une monnaie de réserve tout en continuant à contrôler le taux du yuan et en empchant la baisse du dollar.  L’euro a raté par soumission aux Etats-Unis la possibilité qu’espérait de lui les pays du sud et les émergeants de sortir de la dictature du dollar, il est évident qu’aujourd’hui il n’est plus en état de présenter une alternative et la Chine avec le Yuan s’est glissé dans cette situation pour bouleverser la donne.

J’avais écrit il y a quelques années les chapitres des Etats-Unis de Mal empire, ces leçons de résistance qui nous viennent du Sud, dans lequel j’annonçais à la fois l’unification de l’Amérique latine et la manière dont la Chine est en train de permettre un changement mondial et de nouveau rapports sud-sud. Nous y sommes et la Chine est en train de fournir les moyens à ce renversement. tandis que l’Amérique latine a mis en place le CELAC qui est une grande étape dans l’indépendance de ce continent traditionnel lieu de ressources de matière première poir les Etats-unis.

Nous franchisson un nouveau seuil dans l’évolution avec l’accord d’échange monétaire avec le Japon.  le phénomène extraordinaire est cette fois le changement japonais qui face à la crise transforme de fait sa relation aux Etats-unis et rentre dans ce qui peut paraître une nouvelle alliance.

je signale également un autre événement important qui n’a pas manqué de provoquer l’intérêt de Pekin, les manoeuvres de la marine iranienne dans le détroit d’ormuz et de fait la menace de bloquer le détroit d’ormuz. pour ceux qui l’ignoreraient par le détroit transite 40 % de l’énergie mondiale et une bonne partie de l’énergie de la Chine et de l’Europe. le blocage du détroit d’ormuz cela peut faire monter le baril à deux cent euros et là il ne reste plus qu’à vivre de crèpes sur un feu de bois.

Quand on élargit un peu son champ de vision on trouve d’un ridicule achevé les fanfaronnades de la france tout juste capable d’aller pilonner un petit pays de 6 millions d’habitants sans se rendre compte de ce qui est en train de se mettre en place à l’échelle mondiale. cela rend encore plus ridicules les réactions de la classe politique française face à la demande de prêt à la Chine comme si la Chine avait besoin de l’euro, Le ridicule en matière de vision de la Chine n’avait d’équivalent que l’unanimité à soutenir le bellicisme du président sarkozy et les folies otanesques. L’histoire jugera sévérement ce moment de décadence ubuesque des anciennes grandes puissances qui sont actuellement en guerre avec toute la planète qui semble marquer une volonté grandissante de les isoler.

Danielle Bleitrach

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30 décembre 2011

Réhabilitation inacceptable

 

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"Louis Renault et la fabrication de chars pour la Wehrmacht"  

CONTRE LA RÉHABILITATION DE LOUIS RENAULT ET L'INDEMNISATION DE SES HÉRITIERS

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

Le 29 décembre 2011.

Le M’PEP soutient l’action de l’association « Esprit de Résistance ».

Le 16 janvier 1945, le général de Gaulle, Président du Gouvernement provisoire de la République française, signa une ordonnance de nationalisation des usines Renault pour cause de collaboration avec l’ennemi.

L’ordonnance n°45-68 parue au Journal Officiel du 17 janvier 1945 expose ainsi les fondements de la nationalisation (p. 222-224) :

« Alors que les livraisons fournies par la société Renault à l’armée française s’étaient montrées notoirement insuffisantes pendant les années qui ont précédé la guerre, les prestations à l’armée allemande ont, durant l’occupation, été particulièrement importantes et ne se sont trouvées freinées que par les bombardements de l’aviation alliée des usines du Mans et de Billancourt. »

L’ordonnance fixe ensuite les objectifs de la nationalisation :
dissolution de la Société Anonyme des Usines Renault (SAUR) ; confiscation de ses biens et de ceux de son président, Louis Renault, qui est décédé avant sa comparution en justice et dont la complicité avec l’occupant nazi est pleinement établie.

institution de la Régie Nationale des Usines Renault, acte majeur de la poursuite et du développement des activités de cet ensemble industriel. L’article 7 des statuts précise que la Régie Nationale « a pour objet de continuer dans l’intérêt exclusif de la Nation l’exploitation de la société dissoute… »

L’ordonnance 45-68 prévoit de plus le règlement de la question des biens de L. Renault qui ne sont pas dévolus à la Régie Nationale (article 6). Un accord définitif est conclu entre l’État et les héritiers, le 15 mars 1947.

Aujourd’hui, les petits-enfants de Louis Renault renient cet accord. Ils ont porté plainte contre l’État en utilisant pour ce faire la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) dont ils demandent l’application rétroactive. Ils sollicitent ainsi des dommages et intérêts qui pourraient se compter en milliards d’euros, et qui seraient à la charge des contribuables. Ils montrent ainsi que leur principale motivation n’est pas la défense de la mémoire d’un grand-père qu’ils n’ont pas connu, comme ils le prétendent sur les plateaux de télévision, mais un simple intérêt financier.

Cette demande d’indemnisation s’appuie sur une campagne de presse unilatérale, disposant du soutien de nombreux médias, y compris ceux du service public audio-visuel, de blanchiment de Louis Renault, champion de la collaboration industrielle française au service des armées nazies. Cette campagne porte atteinte à l’honneur de la Résistance et de la France qui signa à Berlin la capitulation sans condition du IIIe Reich.

La vérité ressort des archives de 1935 à 1944, aujourd’hui consultables. Elles mettent en lumière le rôle déshonorant de pourvoyeur des armées du IIIe Reich que Louis Renault assuma avec un zèle inégalable dès août 1940 et jusqu’en août 1944.

De même, Louis Renault fut le plus féroce organisateur de la répression anti-ouvrière. Dès l’avant-guerre il se distingua contre les « Renault », notamment à Billancourt après la grève de novembre 1938. Pendant l’occupation, il mit ses réseaux de mouchardage et de délation au service de la chasse policière aux résistants, aux militants politiques clandestins et aux syndicalistes. Traqués, dénoncés nommément par la direction de la SAUR à la police, arrêtés, torturés, livrés à la Gestapo, certains comptèrent parmi les fusillés du Mont Valérien, les autres furent internés et déportés. Par son acharnement à fournir aux Nazis toujours plus d’armes en multipliant sa production, Louis Renault porte l’entière responsabilité dans les bombardements anglo-américains sur ses usines, bombardements qui firent à partir de mars 1942 de nombreuses victimes chez les travailleurs et leurs familles.

Ceux et celles qui veulent que la flamme de la Résistance française brille toujours ne peuvent oublier que le président de la SAUR apporta, sans contestation possible au vu des rapports de police de décembre 1941 à juillet 1942, une odieuse contribution à l’effroyable répression pétainiste et hitlérienne. Cette répression frappa les résistants, des gaullistes aux communistes, les syndicalistes, les Juifs promis à l’extermination, les francs-maçons, les républicains et les patriotes, croyants et non-croyants.

Pour l’ensemble de ces raisons, que fait connaître l’association « ESPRIT DE RESISTANCE », l’ordonnance n° 45-68 du 16 janvier 1945 ne doit pas être annulée. Nous vous appelons à signer l’appel ci-joint et à le faire connaître.

http://www.mesopinions.com/Appel-pour-la-fidelite-a-l-%C5%93uvre-de-la-Liberation-petition-petitions-0e47c2901eadcc6dd37c28dee3af01a2.html



Recevez, Madame, Monsieur, l’expression de nos meilleures pensées de fidélité aux idéaux de la Libération de la France.

Pierre Pranchère et Marc Lacroix, ancien résistant Centralien, député honoraire, ancien cadre dirigeant, Président d’Honneur, Président

« Association contre toute révision de l’ordonnance n° 45-68 du 16 Janvier 1945 » Association n° W 751 210 676

e-mail : contact@espritderesistance.fr

Tél. 01 42 01 45 99 Fax 01 42 01 45 99

 

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26 décembre 2011

LAS HERMANAS CARONNI "El jarrito".mov

 

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