Pourquoi pas ? Le blog de Niurka R.

25 mai 2017

COMBAT AU BOUT DE LA NUIT

 

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COMBAT AU BOUT DE LA NUIT / Sylvain L'Espérance
2016 | 4h45mn | Québec | Les films du Tricycle

Tourné sur une période de deux ans, cette œuvre fleuve, nous entraîne dans un grand voyage au cœur de la Grèce actuelle. En accompagnant ceux qui, du lieu où ils luttent, forgent un autre avenir, le film est traversé par l'intuition profonde que dans le chaos du présent, un monde commun aux contours encore indéfinis cherche à naître.

« C’est fort, ça interroge, c’est magnifique et c’est du cinéma d’une amplitude  rare que l’on regarde comme aspirés par la vraie vie."

Niurka Règle

« Le regard de Sylvain L’Espérance [sur le mouvement politique grec] est à couper le souffle. »

- Grit Lemke, Junge Welt 

« Aucun réalisateur européen n’a jamais entrepris un projet aussi ambitieux. 

Ce qui est regrettable pour plusieurs raisons. […] À travers son Combat au 

bout de la nuit, L’Espérance laisse transparaître à quel point la misère du peuple 

est existentielle, à quel point sa situation apparaît désespérée. Il donne la parole 

aux marginaux, ce qui est honorable et émouvant. » 

- Thekla Dannenberg, Perlentauche

« Dans Combat au bout de la nuit, le réalisateur canadien Sylvain L’Espérance 

traite de la crise grecque qui, malheureusement, a presque complètement 

disparu des écrans radar. Mais le peuple souffre toujours, comme le montre 

de façon impressionnante son film essai de près de cinq heures. » 

- Nadine Lange, Tagesspiegel 

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19 mai 2017

Exposition Tokyo-Paris

 

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Cette collection nous parvient du fondateur de l’entreprise Bridgestone de Tokyo, Shojiro Ishibashi, un passionné d’art occidental. Son fils et son petit fils partagèrent sa passion.  C’est dans le musée qu’il a édifié au coeur de Tokyo qu’il a rassemblé sa collection d’oeuvres impressionnistes et d’art contemporain. 

S’y adjoignent des oeuvres d’autres collections privées. 

 

L’exposition au musée de L’Orangerie nous permet d’admirer un nombre impressionnant d’oeuvres,pour un étonnant voyage à travers les oeuvres. Notre promenade débute par d’étonnantes toiles yoga, peintures japonaises contemporaines, puis, nous passons devant des toiles pré-impressionnistes. Suivent les oeuvres de VanGogh, Gauguin, Pissaro,Le Douanier Rousseau,  Picasso, Brancusi, Modigliani, Matisse, Marie Laurencin…  L’exposition se termine par de grandes toiles contemporaines d’artistes japonais.

Une exposition digne de ce lieu magnifique.

 

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Le Douanier Rousseau

 

 

 

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Monet : Les nymphéas

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Jean Renoir

 

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Marie Laurencin

 

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Zao Wou Ki (1985)

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Kazuo Shiraga

Kanon Fudara Jodo (1972)

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Nour Eddin doit rester en France

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Ce matin, vendredi 19 mai une délégation a demandé à être reçue à la Sous-Préfecture du Vigan pour appuyer la demande de Nour Eddin de pouvoir déposer une demande d'asile en France. Nous fûmes nombreux à nous être déplacés en soutien. Nous attendons la réponse de Monsieur le  Préfet.

Pétition de soutien à Nour Eddin

Parcours de Nour Eddin :
Parti du Soudan (de la région du Darfour) en 2016, au péril de sa vie il arrive en Italie. Après quinze jours en centre de rétention, il rejoint des réfugiés comme lui à Paris au Métro la Chapelle où il vit dans des conditions précaires. Lors du démantèlement de ce campement, il est dirigé en Cévennes en Février 2017 et est accompagné au sein du CAO (centre d’accueil et d’orientation) du Vigan.
Se sentant pour la première fois en six ans en sécurité, il participe activement aux cours de Français (six heures hebdomadaires) donnés par des bénévoles et à la vie sociale et culturel de la ville.

La Préfecture de Nîmes lui applique la procédure Dublin III : il est convoqué le 19 mai en Préfecture pour se voir notifier sa réadmission en Italie.
Nour Eddin n’est pas attendu en Italie et l’idée de ce transfert le terrorise tant les conditions y sont mauvaises et ses chances de voir sa demande examinée en respect de ses droits fondamentaux sont minces.
Un renvoi au Soudan de par son appartenance ethnique le mettrait en grand danger.
Il veut pouvoir faire sa demande d’asile en France et ne plus être dans cette procédure de Dublin, comme cela a été fait pour d’autres réfugiés dans la même situation au Vigan.

C’est pourquoi, avec les personnes qui l’ont accompagné au Vigan, j'appuie cette demande et invite Monsieur le Préfet à faire usage de son pouvoir discrétionnaire, faculté qui lui est ouverte par l’article 17 du règlement de Dublin III en autorisant Nour Eddin à déposer sa demande d’asile en France.


Pour contacter le comité de soutien : soutien.n@gmx.fr

Cette pétition sera remise à:
  • Monsieur Didier Lauga préfet du Gard.

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08 mai 2017

Pour une Constituante

 

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Le rêve et le cauchemar

La France s’est dotée d’un nouveau chef de l’Etat élu par défaut (18,2% des électeurs au premier tour, 43% au deuxième). Ce deuxième tour a vu une participation exceptionnellement faible (25% d’abstentions, 12% de blancs et nuls par rapport aux exprimés). Et c’est sur cette très faible légitimité, permise par ce système en crise, qu’il désire gouverner par ordonnances, symbole des formes autoritaires du pouvoir. Mais comment pouvait-il en être autrement ?

Les médias et autres experts démontreront avec moult exemples et références que cette élection est légitime même si son déroulement fut riche en rebondissements inédits. Ils omettront soigneusement de s’interroger sur leur responsabilité dans l’insatisfaction des électeurs, exprimée par le fléchissement du taux de participation au second tour. Dès le départ, l’avalanche des sondages, encore plus violente qu’à l’ordinaire, a notamment transformé la compétition politique en course de petits chevaux, arbitrée au finish, par un liberticide vote utile, conduisant les électeurs à choisir des candidats dont ils sont très loin de partager les convictions. Le deuxième tour n’a pas déparé l’ensemble de la campagne. Indécence suprême, on est allé jusqu’à intimer l’ordre aux plus opprimés de voter pour leurs instruments d’oppression… au nom de la liberté bien entendu.

D’une certaine façon, assez subtile il faut le dire, on est en train de revivre le coup d’Etat de 2005 ou « comment imposer, en toute légalité, des idées minoritaires ? ». Situation d’autant plus perverse que ceux qui ont joué (et perdu) ne peuvent plus contester la règle du jeu puisqu’ils ont accepté de jouer …

Les plus optimistes, proclameront que la France entame une nouvelle ère politique car les deux partis de gouvernement, qui depuis des décennies faisaient la pluie et le beau temps, sont en voie de disparition. Le nouveau discours très tendance va chercher à nous convaincre qu’une nouvelle classe politique est en train de naître, plus jeune, plus visionnaire, plus « agile » (pour reprendre le nouveau mot à la mode du monde économique). Cette dernière aura pourtant à cœur de démontrer que l’intérêt général de la République et, par extension, celle du peuple, passe par la garantie des principes supposément intangibles de l’économie, ainsi que par la stabilité du cadre constitutionnel et le caractère irréversible de la construction "européenne".

Si réclamer l’élection d’une Assemblée constituante est une condition nécessaire à un changement radical des pratiques politiques actuelles, nous avons conscience qu'elle n’en est pas pour autant suffisante. Il n’est pas question d’attendre pendant cinq ans la prochaine présidentielle en reliant son éclosion à cette élection, en dépendant du bon vouloir d'une personne "providentielle" et de son parti. Nous avons toujours combattu ce processus. Il n'est pas question que les organisations politiques, notamment les partis, imposent aux Français(es) le choix des futurs constituants. 

D’ores et déjà, dans le cadre d’assemblées communales ou de quartiers, les citoyen(ne)s pourraient se rassembler, élaborer ensemble après des débats leurs cahiers d’exigences et les points fondamentaux du futur texte constitutionnel, puis élire leurs mandataires. 

Nos illustres prédécesseurs avaient compris que construire de nouvelles pratiques démocratiques ne pouvait se faire sans les adosser, au préalable, à un texte fondateur porteur d’une vision nouvelle, ambitieuse et pour le moins fédératrice. La déclaration des droits de l’homme et du citoyen a été ce texte. Il nous appartient d’être aussi visionnaire aujourd’hui dans le cadre de vie qui est le nôtre.

Communiqué de l’Association pour une Constituante suite au deuxième tour de la présidentielle. 

 

crème au cognac

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Crème au cognac 

une recette à la texture et à la saveur délicieuses.

Ingrédients : 

37 cl de lait

13 cl de crème fleurette

125 g de sucre semoule

2 oeufs entiers

4 jaunes d’oeufs

1,5 cl de cognac

Dans une casserole, mélangez le lait et la crème. Après ébullition arrêtez le feu.

Dans un petit saladier fouettez les oeufs et le sucre jusqu’au blanchiment du mélange.

Versez le lait et la crème doucement, tout en continuant à fouetter. Incorporez le cognac.

Beurrez un moule ou des ramequins individuels.

Versez la crème et placez au four au bain marie à 180° (Th. 5/6) pendant 35 ou 45 mn. Vérifiez la cuisson avec une lame de couteau. Elle doit ressortir sèche.

Inspiré de : desserts traditionnels de France par Gaston Lenotre Ed. Flammarion

 

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24 avril 2017

En France, nous vivons l’arrivée à maturité du vide

 

 

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POLITIQUE

Emmanuel Todd : « En France, nous vivons l’arrivée à maturité du vide »PAR LE COMPTOIR LE 3 MARS 2017

 

Jeudi 9 février, Emmanuel Todd nous reçoit dans son appartement parisien pour un entretien fleuve sur l’élection de Donald Trump, les États-Unis et la situation politique mondiale, que nous vous proposons en deux parties. Si notre ligne politique peut diverger de celle du chercheur Todd et de sa promotion d’un capitalisme régulé, il demeure pour nous une référence intellectuelle contemporaine majeure. Anthropologue, historien, démographe, sociologue et essayiste, Todd est ingénieur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (Ined). Il est principalement connu pour ses travaux sur les systèmes familiaux et leur rôle politique. En quatre décennies, le chercheur s’est notamment illustré en prophétisant l’effondrement de l’URSS (« La chute finale », 1976) et les printemps arabes (« Le rendez-vous des civilisations », avec Youssef Courbage, 2007). Il a également mis en lumière les faiblesses de la construction européenne et de la mondialisation. 

Le Comptoir : Le Brexit – défendu au Royaume-Uni principalement par des forces de droite – et l’élection de Trump présagent-ils de futures grosses surprises lors de l’élection présidentielle française et de l’élection fédérale allemande, qui se dérouleront toutes deux en 2017 ? Vous avez déclaré récemment que « François Ruffin [était] la vraie alternative de gauche à Marine Le Pen. » Un “populisme de gauche” a-t-il encore une chance d’émerger et de rivaliser avec l’extrême droite ?

 

Emmanuel Todd : Je pense qu’en termes moraux, Ruffin est la seule alternative possible. Le problème n’est toutefois pas la morale, mais de voir ce qui est sociologiquement possible. Mais il y a plusieurs éléments dans votre question. D’abord, il faut séparer les Français des Allemands. Ces derniers sont les grands vainqueurs de l’unification européenne. Les Allemands sont les maîtres, invisibles, mais les maîtres quand même, des donneurs de leçons, avec un excédent commercial qui n’en finit pas d’augmenter. La France, c’est une société bloquée : impuissante, bavarde pour rien, souvent ridicule quand elle n’est pas tragique. Et inconsciente de sa propre dérive. Je regardais une émission de télévision avec des “spécialistes” qui discutaient un après-midi, politologues et journalistes. C’était très drôle. Ils parlaient de Trump, toujours lui. Les commentateurs étaient choqués : un type qui applique son programme ! Ce n’est plus la démocratie, ça ! En France, nous savons ce qu’est la démocratie. Le modèle français, c’est le traité de 2005 : le corps électoral vote et on s’assied sur le résultat. Nous sommes conscients, dans l’Hexagone, qu’une présidentielle sert uniquement à parler. Nous faisons le discours du Bourget, et une fois au pouvoir, nous faisons passer la loi Travail. Aujourd’hui, nous devrions deviner ce que feraient Fillon ou Macron au pouvoir puisque nous savons d’avance qu’ils n’appliqueront pas leurs programmes. Nous avons le droit de ne pas aimer Trump, mais pour le moment, admettons qu’il tente de faire ce qu’il avait annoncé. De même, outre-Manche, nous voyons un Parlement rempli de gens qui n’étaient pas favorables au Brexit mais qui viennent de se plier à la volonté populaire et de produire le vote attendu par Theresa May. Donc il y a une nouvelle pression cruelle qui s’exerce sur le système politique français, de l’extérieur : le modèle réellement démocratique des pays anglo-saxons. Cela crée un élément supplémentaire de déstabilisation de notre système.

« Exclure de la communauté nationale les Français d’origine musulmane, c’est la garantie d’un échec économique et social si l’on tente la sortie de l’euro. »

Il y aura une deuxième pression, à plus long terme, exercée par le monde anglo-saxon. Outre-Atlantique, il y a encore une guerre civile entre les deux camps, les nationaux et les globalistes. Je pense qu’ils vont finir par négocier car aucun camp ne peut l’emporter. Mais il est évident que le virage protectionniste, déjà amorcé sous Obama avec le Buy American Provision de 2009, va s’affirmer. Et ça va marcher. L’Amérique sera donc engagée sur la voie positive de reconstruction interne opposée au libre-échangisme frénétique de l’Allemagne. Ce sera pour notre classe dirigeante une pression terrible. Je ne sais pas si cela mettra dix, quinze ou vingt ans. J’ai peur de ne plus être là pour tirer le bénéfice de cette prophétie sans risque.

Mais en France, il y a autre chose que le libre-échange. Notre situation est absurde au carré parce que l’euro aggrave les effets du libre-échange : il empêche de dévaluer et produit ce taux de chômage de 10 % dont on ne sortira jamais. La perte de notre souveraineté monétaire fait que le président de la République n’a plus aucun pouvoir effectif. En théorie, un président de la République peut tout, en termes de nomination, de dissolution, etc. Mais en pratique, il ne peut plus rien faire et avec Hollande, nous avons vu le modèle réalisé à la perfection. C’était moins visible sous Sarkozy car celui-ci entretenait un état d’agitation et de fébrilité déconcertant. Mais Hollande a mis à nu la réalité : l’absence de président en France. C’est un problème structurel. Et c’est sûrement pour cela que nous voyons une décomposition du sens de la présidentielle. Les gens font tout ce qu’ils peuvent pour mettre en scène un spectacle démocratique ou pseudo-démocratique. Ils font des primaires. Mais qu’est-ce qu’ils font dans ces primaires ? Nous voyons s’exprimer des bouts de corps électoral complètement atypiques. Prenons Fillon : plus de 50 % de gens de plus de 60 ans, retraités et riches, votent pour l’homme qui veut faire du Thatcher avec trente ans de retard. Je passe sur les suites judiciaires du “Penelopegate” qui aggravent ce ridicule démocratique particulier. Des électeurs socialistes, encore moins nombreux, désignent Hamon : arrive le style « on rase gratis ». Mais c’est pareil, ce sont des minorités qui se font plaisir. Pardon, j’oubliais celui qui incarne l’ultime vérité du système, celui qui n’a pas de programme : Macron.

 

C’est comme si, au fond, les candidats comme les électeurs avaient compris que la présidentielle, c’était pour rire. Alors tout le monde se lâche. Tout le monde fait n’importe quoi. Et cela n’a aucune importance. Car nous allons en réalité élire notre représentant à Berlin. D’ailleurs, Fillon, Macron et Hamon ont chacun d’une façon ou d’une autre déjà fait allégeance à l’Allemagne. Mais j’admets volontiers être, comme tout le monde, dépassé par la situation. L’Amérique me semble compréhensible, tout comme l’Angleterre, l’Allemagne, la Russie, le Japon ou la Chine. La France non. Nous sommes peut-être au bord de la crise de régime.

D’ailleurs, même le FN semble ne plus croire en rien. Un copain avec qui je dînais début février 2017 me disait que la décomposition des partis de l’establishment semblait produire par rebond la décomposition et l’amollissement du discours du FN lui-même. Privé d’adversaire intellectuel, le parti d’extrême droite ne sait plus vraiment quoi dire. Face à la réalité de Trump et du Brexit, il est lui-même confronté à l’irréalisme de ses propositions. Comment passer au protectionnisme et sortir de l’euro sans la participation de tous les citoyens à cette épreuve, salvatrice mais difficile ? Exclure de la communauté nationale les Français d’origine musulmane, c’est la garantie d’un échec économique et social si l’on tente la sortie de l’euro. Ni la monnaie ni le protectionnisme ne peuvent se passer, pour fonctionner, d’une conscience nationale englobante complète. Les dirigeants du FN savent autant que les autres qu’ils ne sont pas sérieux.

« Trump a éloigné les thématiques religieuses du Parti républicain. »

Dans votre livre Qui est Charlie ? qui, au-delà de la polémique, traite de la question religieuse, vous insistez sur les conséquences de la sortie du religieux. Vous dites que les religions doivent être particulièrement prises au sérieux quand on en sort. Vous donnez l’exemple de l’Allemagne nazie, de la Révolution française… Vous liez d’ailleurs déchristianisation et poussées nationalistes, comme dans le cas québécois. Iriez-vous jusqu’à lier la question nationale telle qu’elle se pose aujourd’hui à la question religieuse, notamment en Europe ? Dans certains cas, comme celui de la Russie, le retour du national semble s’accommoder du retour du religieux…

Ce sont des choses que j’avais analysées très calmement dans L’invention de l’Europe, un livre publié en 1990 qui m’a pris six ans. On ne peut pas vraiment me reprocher d’être sur ces questions un polémiste de l’instant, mais on peut tout à fait me reprocher de radoter. [Rires] Pour vous répondre sur l’exemple russe, je pense que la place de la religion orthodoxe est faible. Elle l’était d’ailleurs aussi à l’époque des tsars. Dans l’esprit des paysans russes, le pope orthodoxe était un poivrot peu estimé. C’est pour cela que la révolution russe a inclus une forte dimension athéiste. On voit bien aujourd’hui le régime tenter une synthèse réconciliatrice de toutes les traditions russes, mais on aurait tort de spéculer sur une puissante montée de l’orthodoxie.

Maintenant que vous m’en parlez, aux États-Unis, il se trouve que Trump a éloigné les thématiques religieuses du Parti républicain. Et effectivement, dans les sondages, il y a une chute de l’intérêt pour le religieux aux États-Unis. La pratique religieuse y était demeurée assez élevée. Elle est même remontée après la guerre. Elle demeure importante (avec une fonction d’intégration sociale spécifique) mais il se trouve qu’elle est en baisse. Et nous constatons bien un retour du national. Sans aller jusqu’à l’affirmer avec certitude, il se pourrait bien que le modèle que vous rappeliez continue de fonctionner, au contraire du modèle sur les structures familiales (celui du lien entre la famille nucléaire et le modèle libéral).

« On ne peut pas affecter à Macron le concept de nation puisque c’est un bon européiste, mais on ne peut pas non plus lui affecter un quelconque discours identitaire. »

Parmi les prédictions auxquelles on vous associe il y a la chute de l’URSS et, plus récemment, les soulèvements dans le monde arabe. Pensez-vous que les structures familiales dans ces deux espaces (auxquels vous vous êtes intéressé, bien que de façon périphérique) les condamnent à des systèmes politiques autoritaires ? Et maintenez-vous votre thèse de la sécularisation du monde musulman ? En Turquie aussi bien que dans le monde arabe, il semblerait que l’islam soit encore plus présent qu’avant, aussi bien en termes de pratique que politiquement…

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Concernant la sécularisation du monde musulman, j’y crois plus que jamais. L’Iran est déjà dans le post-religieux, avec un indicateur de fécondité de seulement 1,75 enfant par femme. Je connais moins bien la Turquie et honnêtement, je n’ai pas eu le temps de suivre les évènements récents. Plus généralement, je dois dire que beaucoup d’éléments présentés comme religieux dans le monde musulman (par exemple, la montée du wahhabisme) m’apparaissent plutôt comme des négations de la religion. L’État islamique est typiquement un phénomène d’implosion du religieux. Pour être dans le contexte d’une religion vivante, il ne suffit pas de hurler sa croyance. Il faut qu’il y ait des conduites sociales conformes à l’esprit de la religion en question. Aucune valeur religieuse, en l’occurrence musulmane, n’est compatible avec l’État islamique. Daech me semble, je le répète, le signe fort d’une implosion du religieux.

 

La question de la souveraineté est centrale chez vous. Pour notre génération, vous avez été un vrai pédagogue du souverainisme. Et comme le constatait déjà Baudrillard en 1999, on préfère de plus en plus l’identité à la souveraineté. La référence incantatoire à la maîtrise. Est-ce que vous constatez aussi cette évolution qui, dans les faits, se traduit par la rhétorique de la civilisation européenne menacée par l’islam ? En d’autres termes, l’identité comme ersatz de souveraineté et l’islamophobie comme substitut à l’euroscepticisme. C’est d’ailleurs ce qu’indiquent ironiquement vos cartes (dans Qui est Charlie ?) comparant manifestations “Je suis Charlie” et vote pour Maastricht en 1992…

Je suis d’autant plus heureux d’entendre ça que j’avais été classé, lors de la sortie de Qui est Charlie ?, comme une sorte de mauvais Français par notre Premier ministre Manuel Valls. Pour le natif de Saint-Germain-en-Laye que je suis, c’est dur. Je me suis un temps demandé si j’allais devoir redevenir breton ou juif. Comme je prends ma retraite cette année, j’ai fini par opter pour une identité de vieux. [Rires]

Bon, je comprends votre propos comme une opposition entre une souveraineté liée à la nation et une identité qui serait davantage une désagrégation en groupes culturels. Il y a bien quelque chose de cet ordre mais j’ai du mal à percevoir une unité de développement en Europe. Chez les Anglais, les deux peuvent se confondre. Ils ont ce don pour produire des Anglais d’origine étrangère plus anglais que les Anglais. En Allemagne, le retour au national s’est fait avec l’unification et avec une identité ethnique très forte. En France, ce que je constate, c’est plutôt le vide. Le débat actuel français n’est pas tellement entre souveraineté et identité, il est entre rien et rien. Les élections entrent dans ce vide. Le phénomène Macron, c’est le triomphe du vide. On ne peut pas affecter à Macron le concept de nation puisque c’est un bon européiste, mais on ne peut pas non plus lui affecter un quelconque discours identitaire.

Le terrorisme suicidaire est une autre forme de triomphe du vide puisque, comme je l’ai dit, aucune identité musulmane réelle ne structure les individus concernés. “Charlie”, c’était aussi le triomphe du vide : quatre millions de personnes abolissant leur personnalité dans l’identification à un nom propre renvoyant à une chose ignorée. Il faut simplement admettre l’existence du vide de souveraineté et d’identité comme une donnée empirique : en France, nous vivons l’arrivée à maturité du vide. Les sociétés ayant horreur du vide, cela préfigure sans doute une déflagration de nature inconnue.

 

16 avril 2017

Elle lui bâtira une ville

 

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Elle lui bâtira une ville, Raj Kamal Jha, roman traduit de l’anglais (Inde) par Eric Auzoux - Actes Sud.

Un roman mosaïque et un roman puzzle dont les pièces détachées s’agencent pour donner une image de l’Inde et de sa mégalopole,  New City. 

Nous sommes surpris par la structure de ce roman terrible et beau qui met en scènes trois figures symboliques t: Femme, Homme, Enfant.

Par une journée caniculaire un enfant est abandonné sous le regard d’une chienne qui pleure. Une mendiante et sa fille au ballon rouge  sont introduites, de manière surprenante, dans l’appartement de luxe d’un homme à elles inconnu et qui les oblige à prendre un bain. Une femme se retrouve face à sa fille qui avait déserté l’appartement familial. De nombreux autres personnages viennent nourrir un univers étrange et angoissant. Mais l’écriture de Raj Kamal Jha donne au récit une part onirique qui rend la respiration souvent plus douce, comme apaisée. Et puis il y a la ville tentaculaire que traverse une humanité hasardeuse dont les souffrances palpables sont sublimées par le regard attentif, et distant tout à la fois de l’auteur. Cette ville, par ailleurs, porte en elle-même les stigmates de sa perte, sorte de réplique monstrueuse des bidonvilles de la ville.

Le temps de la lecture est soutenu par un jeu de piste qui invite le lecteur à déconstruire la complexité des différents personnages et des différentes situations pour mieux les reconstruire. 

C’est étrange, violent, souvent déroutant mais on est subjugués par la beauté d’une langue pleine de légèreté. Et on suit avec empathie les personnages bousculés par une vie à eux imposée. C’est  poignant et c’est très beau. Une magnifique découverte.

Niurka Règle

 

15 avril 2017

A voix haute la force de la parole

 

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Ils s’appellent Eddy, Elhadj, Yacine, Souleïla ou encore Leïla. Dans le documentaire « A Voix Haute », on les voit s’enthousiasmer, discuter, s’émouvoir, exposer leurs idées, évoluer aussi. Cette bande attachante et bouillonnante fait partie des quelque 1800 jeunes qui ont profité du travail de l’association Eloquentia depuis sa création en 2013.

Lancé à Paris 8 Saint-Denis par Stéphane de Freitas, ce programme vise à attirer l’attention des jeunes sur l’importance de la parole et à les faire travailler sur leur capacité d’expression, de prise de parole en public. Pour ce faire, il met à disposition chaque année deux temps forts : une formation au cours de laquelle les étudiants peuvent affiner leur art oratoire, suivie d’un concours ouvert à tous les jeunes résidant dans le département.

« La création d’Eloquentia obéissait pour moi à deux logiques, rappelle Stéphane de Freitas, fondateur d’Eloquentia et réalisateur du documentaire « A voix haute ». (avec le Montfermeillois Ladj Ly). D’une part, je voulais une formation qui permette à beaucoup de jeunes de prendre confiance en eux. Et puis, je voulais aussi aller à l’encontre des clichés sur le jeune dit « de banlieue ». Il y en a vraiment ras-le-bol de cette image. Oui, il y a de la casse sociale, oui, il y a du décrochage, mais il y a aussi tous ces jeunes en Seine-Saint-Denis - et ils sont majoritaires – qui vont à la fac, qui essaient d’aller au bout de leurs rêves. »

Preuve de la réussite du programme : il a entre-temps essaimé à Nanterre, Limoges ou Grenoble. En Seine-Saint-Denis, les anciens élèves d’Eloquentia interviennent à leur tour dans les collèges pour accompagner certaines initiatives du Département comme le Conseil départemental des Collégiens ou des consultations autour des JO 2024.

Dans « A Voix Haute », on suit donc le cru 2015 du concours. Et avec lui, les démonstrations venues du coeur d’Elhadj, les argumentaires bien étayés de Leïla ou encore les pirouettes verbales d’Eddy.

Les débuts sont parfois difficiles, les formateurs sévères mais justes. On rit avec Frank qui se fait passer un savon amical par Maître Bertrand Périer, l’un des encadrants d’Eloquentia. On pleure avec Leïla qui choisit d’évoquer la mémoire d’Ibrahim Kachouch, martyr de la liberté d’expression en Syrie, assassiné par le régime de Bachar El Assad pour avoir osé s’en prendre à lui dans ses chansons satyriques.

La liberté d’expression, il en est d’ailleurs beaucoup question dans ce documentaire dont les premières images ont été tournées le 7 janvier 2015, soit le jour même de l’attentat terroriste à la rédaction de Charlie Hebdo.
« On a choisi de ne pas en faire un sujet à part entière dans le film parce que cela aurait eu un côté larmoyant. Mais c’était fou de voir qu’en plein coeur de Paris-8, on célébrait la parole comme nulle part ailleurs, en s’écoutant les uns les autres, alors que ce même jour, il y avait eu précisément un attentat perpétré contre cette liberté d’expression », se remémore Stéphane de Freitas.

« La liberté d’expression doit être davantage encadrée. On ne peut pas attaquer sur certains points, ça fait trop mal », estime ainsi un étudiant dans le film. « Si tu commences comme ça, c’en est fini de la liberté d’expression, on ne pourra bientôt plus rien dire. C’est pas sur le terrain de la loi que ça se joue, mais sur celui des arguments », lui rétorque un autre.

Au bout du compte, tous seront cependant d’accord sur un point : cette année d’apprentissage leur a beaucoup apporté. « Ca a changé énormément de choses dans ma vie, témoigne Eddy Moniot. Eloquentia, c’est une formation à la prise de parole et paradoxalement, moi j’y ai appris l’écoute. Avant j’étais vachement centré sur moi-même, et là, je me suis ouvert au monde, qui me l’a bien rendu. » 
Vainqueur du concours 2015, le jeune étudiant en théâtre à Paris-8 a tapé dans l’œil d’Edouard Baer, présent le jour de la finale (sur le thème « Le meilleur est-il à venir ? »). Après une première apparition au cinéma dans « Ouvert la nuit », film de Baer sorti en janvier, Eddy, amoureux des mots et de leur double sens, prépare maintenant un one-man show.

Même propulsion pour Elhadj Touré, jeune étudiant impressionnant de maturité. « Ce programme m’a fait comprendre que la parole était une belle arme de défense. Il m’a permis de prendre confiance en moi et de défendre les valeurs que j’avais déjà. », explique ce jeune Stanois de 26 ans qui a récemment ouvert une école en Guinée, « dans la province de Boké, une région extrêmement aride, où l’on manque de tout ».
Autre point commun, tous savent aller au-delà de leur cas personnel après revisionnage du film : «  Je trouve qu’un des messages principaux du documentaire, c’est précisément qu’il n’y a pas de jeunesse de banlieue, qu’il y a juste une jeunesse, qui est parfois stigmatisée. Ca rend parfois son parcours plus compliqué, ça oui », souligne Eddy.

Alors, le meilleur serait-il à venir pour la Seine-Saint-Denis ? Pour Stéphane de Freitas, la réponse est oui. « L’histoire est faite de mouvements, de cassures. On traverse parfois des passes difficiles. Mais la France s’en sortira parce qu’elle a une jeunesse métissée, prête à vivre ensemble, qui fait sa richesse. Et cette richesse, elle est en partie en Seine-Saint-Denis. », estime ce natif des Lilas. Voilà une belle péroraison, dirait le formateur en art oratoire classique, Bertrand Périer.

source : Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis


 

06 avril 2017

Guerre

 

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04 avril 2017

France insoumise et la question de l'Europe

 

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