Pourquoi pas ? Le blog de Niurka R.

24 décembre 2016

Le chat

 

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10 décembre 2016

Le renoncement de Hollande

 

 

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Le renoncement d’Hollande

source : Russeurope

François Hollande aura, pour une fois dans sa vie, créé la surprise. Alors que tout laissait penser qu’il annoncerait début décembre sa décision de se représenter, que le plan de cette campagne était déjà établi, il a annoncé le jeudi 1er décembre à 20h00 sa décision de ne pas se représenter. Au vu des sondages et de la perte de crédibilité et de légitimité qui le frappe, du risque de disparition pur et simple du parti « socialiste », cette décision est logique. Cela ne veut pas dire qu’elle ait été évidente. Dans l’allocution prononcée par le Président de la République, on sent une grande tension ; la voix est blanche, le débit n’est ni fluide ni assuré. C’est un homme qui doit prendre sur lui-même qui parle, et la raison ne va pas dans le sens du cœur. Mais, la raison a triomphé. Reconnaissons que c’était la chose la plus intelligente qu’il pouvait faire.

Un président sur fond de désastre

L’annonce de sa non-candidature rebat les cartes ; mais c’est un jeu pratiquement sans atouts que les autres prétendants devront désormais jouer. Car, François Hollande laisse derrière lui un paysage dévasté, un P « S » en ruine, tant il est divisé politiquement et à court de projet, une « gauche » éparpillée. Sa responsabilité est grande. L’obstination dont il a fait preuve sur la loi « travail », ou loi El Khomri, n’est pas sans conséquences dans ce désastre. Et, ce n’est pas le seul problème posé par l’action, et parfois l’inaction, de ce Président. De la volonté à faire passer une loi sociétale, le fameux « mariage pour tous » que rien n’imposait, aux abandons divers, qu’il s’agisse du renoncement représenté par le TSCG, voté dès l’automne 2012, ou de celui concernant le dossier d’ARCELOR-MITTAL, en passant par les divers pantalonnades, de l’escapade en scooter à l’affaire Léonarda, François Hollande a accumulé les erreurs, que ce soit sur le fond comme dans la forme. Quoi qu’il dise, son bilan est désastreux. Son image ne s’est d’ailleurs pas relevée des errements de sa pratique très personnelle, et très particulière, du pouvoir. Ainsi, ce qu’avait commencé le livre écrit par son ancienne compagne, Valérie Trierweiler, Merci Pour ce Moment, un autre livre l’achève avec les confidences égrenées devant Gérard Davet et David Lhomme dans Un Président ne devrait pas dire ça. L’ouvrage que l’on annonce d’Aquilino Morelle aurait sans doute été l’ultime clou dans son cercueil. Il avait promis une présidence « normale », alors qu’il aurait du dire « simple » ; il nous a offert une présidence oscillant entre le banal et le ridicule, si ce n’était les diverses tragédies qui ont endeuillé la France depuis le mois de janvier 2015. Il était devenu un homme détesté et haï, mais surtout méprisé. On pouvait croire, jusqu’à l’annonce de ce soir, que tout glissait sur lui comme l’eau sur les plumes d’un canard. Il faut croire qu’il lui restait une once de conscience, un brin d’intelligence, un éclair de lucidité. En décidant de ne pas se représenter il a incontestablement pris une bonne décision. Mais la question que l’on peut se poser est de savoir si c’est peut-être bien la seule de son quinquennat.

Les prétendants

Il laisse donc derrière lui un champ de ruines. Les prétendants ne seront pas à la fête. Manuel Valls, piaffant d’impatience, va donc certainement déclarer sa candidature à la primaire du parti « socialiste ». Mais, il n’est plus le même homme qu’en 2012. Il a été usé par la fonction de Premier-ministre. Chez lui désormais les éléments de langage remplacent la politique, et les tics prennent le pas sur le langage. S’il était choisi, sa candidature dégouterait une partie des militants de la « gauche », et il n’aurait d’autre choix que de disputer à Emmanuel Macron, voire à François Bayrou, les débris d’un socialo-centrisme, lointaine réminiscence de la « troisième force » de la IVème république.

Arnaud Montebourg veut incarner quant à lui la « gauche » du P »S », encore que cette position lui soit contestée tant par Benoît Hamon que par d’autres candidats. Arnaud Montebourg, tout comme Valls, était lui aussi présent à la primaire de 2011. Son bon résultat de l’époque l’avait mis en selle. Il fut Ministre que ce soit dans le gouvernement d’Ayrault ou de Manuel Valls, avant d’être démissionné avec pertes et fracas à l’été 2014. S’il n’a rien oublié de son passage au gouvernement, il n’a rien appris non plus. En particulier, il n’a rien appris sur l’incompatibilité qu’il existe entre l’euro, et la politique que ce dernier impose, et la tache de redressement productif qu’il s’était fixé. Cette incapacité à nommer ses adversaires le condamne à des gesticulations où il peut retrouver les postures de l’ancien avocat pénaliste qu’il fut mais certes pas convaincre les français. De plus, sur la gauche, la place est déjà prise. La position de Jean-Luc Mélenchon, qui – lui – semble avoir compris que l’euro n’est pas simplement une monnaie mais constitue en fait un instrument de gouvernance au service de la finance et de l’austérité, est autrement plus cohérente et autrement plus forte.

Ni Manuel Valls, qui représente la ligne social-libérale de François Hollande, ni Arnaud Montebourg dont le discours se réduit à des formules, ne peuvent espérer incarner une alternative crédible à François Fillon. Fort de son succès à la primaire de la droite et du centre, ce dernier propose un programme d’ajustement économique au cadre de l’euro et de l’Union européenne. Si l’on pense que ce programme va provoquer une catastrophe sociale et ne résoudra aucun des problèmes économiques auxquels la France doit faire face, il faudra lui opposer une autre cohérence. Mais de cela, ni Manuel Valls ni Arnaud Montebourg ne sont en l’état capables.

Aller de l’avant!

Le discours dans lequel François Hollande a annoncé son renoncement a insisté sur l’unité des français, alors que sa politique a largement contribué à les diviser. Il a présenté comme un adversaire fondamental le protectionnisme alors que ce dernier est pratiqué par nombre de pays et constitue un instrument légitime pour un pays cherchant à reconstruire son industrie. Ainsi, jusqu’au bout, François Hollande aura menti, travesti la réalité, inventé de fausses peurs pour faire oublier de vrais ennemis. Il convient donc de tourner la page, de renvoyer François Hollande et son quinquennat aux livres d’histoire, dans lesquels – n’en doutons pas – ils seront considérés comme les symptômes d’une France abaissée, tant économiquement que socialement, tant politiquement que moralement.

Il convient de préparer l’avenir. Il convient d’opposer au programme de François Fillon qui provoquerait, s’il était appliqué, des déchirures irréparables dans le tissu social français, une autre cohérence bâtie sur la compréhension que rien ne sera possible tant que la France restera dans l’euro. Cette autre cohérence doit être construite dans la reconnaissance que la Souveraineté est première pour reconstruire une véritable Démocratie, qui seule est capable d’assurer aux français une véritable Sécurité. Laissons les morts enterrer les morts, et reprenons le chemin du progrès.


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27 novembre 2016

La découverte du monde

 

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La découverte du monde, Luciana Castellina, traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli, Actes Sud.

Avec ce récit, nous traversons l’Histoire de l’Italie à partir du 25 juillet 1943, date qui marque la chute du fascisme. Luciana Castellina a quatorze ans. Issue d’une famille plutôt aisée elle a pour amie Anna Maria Mussolini dont le père vient d’être arrêté. Un événement qui surprend la jeune Luciana qui n’a connu que le fascisme depuis sa naissance. Sa surprise est grande en remarquant le soulagement des gens dans la rue. A partir de là, elle décide de tenir un journal intime.

Mais nous ne sommes pas, ici, en présence de la transcription du journal mais d’un commentaire différé sur certains passages emblématiques de son parcours, de ses prises de conscience, et finalement de son engagement. Et c’est passionnant.

La distance opérée par les commentaires,  bien des années après, pose le récit  autobiographique à la fois dans une profondeur due aux expériences de la vie aux engagements de la narratrice. L’ensemble donne une légèreté, souvent teintée d’humour ou d’auto-dérision qui rendent le récit pleinement intéressant.

Luciana Castellina décrit toute une période de sa vie où son engagement au sein du PCI lui a fait découvrir le monde comme un souffle, un tourbillon. Son expérience lui fait découvrir d’autres milieux, d’autres terres, des solidarités qui se nouent au fil des ans. Le foisonnement culturel en Italie qui traverse tous les arts, elle le vit avec passion. Son enthousiasme est total même si,  parfois, le doute, ternit ses certitudes.

Un beau récit qui n’est rien d’autre qu’un hymne à la vie à travers l’altérité et le partage avec comme but final la transformation du monde. Si l’échec est patent, Luciana Castellina  reste debout, sans amertume, sans rancoeur et toujours dignement confrontée au réel.

A la lecture du livre sa « découverte du monde » est aussi pour nous une découverte.

Niurka Règle

23 novembre 2016

Eric le Sage Schumann's Blumenstükop 19

 

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Russophobie

 

Russophobie : Propagande du Parti de Guerre (Black Agenda Report)

« Toutes les tentatives pour arrêter les combats ont été rejetées par les Etats-Unis et l’OTAN et scellé le sort du peuple syrien. »

La Russie a-t-elle envahi l’Irak et tué un million de personnes ? La Russie compte-t-elle le plus fort pourcentage de sa population derrière les barreaux que n’importe quel autre pays au monde ? La Russie a-t-elle occupé Haïti après avoir enlevé son président ? La police russe est-elle autorisée à tuer des enfants sans crainte de répercussions ? La Russie entame-t-elle sa vingtième année d’une guerre de terreur contre le peuple somalien ? Tous ces crimes ont lieu aux ou sous la direction des États-Unis. Pourtant, toutes les forces de propagande et d’influence sur l’opinion mondiale sont dirigées contre la Russie, qui, quelles que soient ses lacunes, est très loin derrière les Etats-Unis en matière de violation des droits de l’homme.

Les dangers présentés par une présidence de Hillary Clinton ne peuvent être surestimés. Elle et le parti de guerre ont progressivement travaillé vers un objectif qui défie la logique et qui menace toute vie sur terre. Le changement de régime est une fois de plus leur modus operandi et ils espèrent en faire une réalité contre la Russie.

Presque toutes les affirmations anti-russes sont des mensonges, une ruse destinée à placer les Américains dans un état d’esprit guerrier et de leur faire perdre la peur d’une catastrophe nucléaire. Il n’est pas clair si Clinton et le reste des futurs guerriers se rendent réellement compte qu’ils risquent de provoquer un conflit nucléaire. Peut-être croient-ils que Vladimir Poutine peut être facilement bousculé, alors que tout indique le contraire.

Les allégations non prouvées d’ingérence dans l’élection présidentielle et le fait de jeter le blâme sur la Russie comme la seule cause des souffrances en Syrie sont censés désensibiliser le public. C’est un vieux stratagème qui rend la guerre non seulement acceptable, mais une nécessité. Les suspects habituels participent à l’opération avec enthousiasme. Les grands médias, menés par des journaux comme le New York Times et le Washington Post, sont aux avants-postes pour diffuser des histoires sur la vilenie russe. Human Rights Watch et d’autres organisations qui ne se soucient guère des abus commis par les États-Unis et leurs alliés jouent également leur rôle habituel qui consiste à désigner la prochaine victime d’un changement de régime.

La Russie a perdu son siège au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en partie à cause de la pression US et des relations publiques du complexe industriel des droits de l’homme. Le Conseil des droits de l’homme est maintenant présidé par l’Arabie saoudite. L’Arabie saoudite est une monarchie absolue qui finance les groupes terroristes djihadistes qui ont causé 500 000 morts en Syrie. Les Saoudiens sont en train de provoquer la dislocation, la mort et la famine au Yémen, mais ils sont des alliés des Etats-Unis, il y a donc peu d’opposition à leurs méfaits.

Donald Trump, un homme ouvertement raciste, était le concurrent parfait pour Hillary Clinton. C’est pourquoi elle et le reste de la direction du Parti démocratique l’ont préféré comme rival. Il facilitait le recours à l’argument discrédité du « moindre mal » et ses déclarations - sensées - sur la nécessité d’éviter un conflit avec la Russie l’ont rendu encore plus utile.

Les États-Unis et leurs alliés sont responsables de la destruction de la Syrie. Leur effort pour renverser le président Assad a créé une catastrophe humanitaire totale avec des combattants de Daech et d’al Nusra qui considèrent la décapitation comme un divertissement. Loin d’être la cause de la catastrophe, la Russie a laissé son allié combattre seul pendant quatre ans. Ils ont même fait des ouvertures pour négocier le destin d’Assad avec les États-Unis. Toutes les tentatives pour arrêter les combats ont été rejetées par les États-Unis et l’OTAN et scellé le sort du peuple syrien. Les habitants de l’est d’Alep sont pilonnés par des alliés américains, mais on ne le saura pas en lisant les journaux et en regardant la télévision. Le rôle américain dans le massacre est à peine mentionnée ou est excusée comme un effort pour protéger la population civile. Le bain de sang a été fabriqué par les États-Unis et pourrait cesser si ce gouvernement le voulait.

L’effort de propagande anti-russe a fonctionné à la perfection. L’OTAN rassemble des troupes sur les frontières de la Russie dans une provocation claire, mais c’est Poutine qui est le méchant. On dit qu’il menace les pays qui s’unissent pour menacer sa nation. Les États-Unis font des affirmations fausses de crimes de guerre russes malgré le fait d’avoir du sang sur les mains. Les derniers rapports de Human Rights Watch appelant à poursuivre Assad sortent directement de la Maison Blanche et du Département d’Etat et n’ont rien à voir avec un souci pour les Syriens qui sont en train de vivre leur cinquième année d’enfer.

Il n’y a pas de « moindre mal » entre Hillary Clinton et Donald Trump. Elle est pleinement soutenue par le parti de la guerre dans sa volonté de mener une politique étrangère plus « musclée ». Ce terme bizarre signifie la mort et la faim pour des millions de personnes supplémentaires si Clinton gagne avec une marge confortable. Il faut lui refuser une victoire de cette ampleur et toute possibilité de réclamer un mandat. Tous ceux attachés à la paix doivent apporter leur voix aux candidats du Parti Vert, Jill Stein et Ajamu Baraka. Ils sont seuls à rejeter la prémisse d’un pays impérialiste et des guerres sans fin.

Les États-Unis sont le pays le plus dangereux au monde. Si leur président est inconscient et aime la guerre, la menace devient existentielle. C’est ce qui nous attend avec une présidence Hillary Clinton. Si le rôle de méchant se joue sur la scène internationale, c’est elle la vedette du spectacle.

Margaret Kimberley

Traduction "c’est tellement évident qu’il faut être un "journaliste" pour ne rien voir, rien entendre et ne rien dire..." par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.

Source : Le Grand Soir

 

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16 octobre 2016

Au nom du fric

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Au nom du fric, Pascal Thiriet, Gigal Polar

La famille du Tylleux est une « grande » famille. Elle fait partie des oligarques les plus fortunés de France. Son titre de gloire est d’avoir beaucoup d’argent, d’en produire beaucoup et d’avoir un fortune patrimoniale impressionnante. L’argent est la principale activité de la famille, son obsession, son plaisir addictif : concurrences  recherche de marchés juteux. L’éthique dans tout ça ? Il vaut mieux mettre de côté. Question famille, si on tient à son rang et au respect de la lignée, rejetant tout ceux qui  de près ou de loin ne font pas partie de la caste, les relations entre père mère, fils et brus sont à couteau tiré. Il faut être aux reines du pouvoir, et être le meilleur. Il y a donc en scène MarieB, l’épouse d’Hercule du Tylleux, la principale héritière, Dante, le fils l’ambitieux détestable et sa femme, la belle Agnès et Aymé l’homo le mal aimé du père et du frère.. Enfin, hors parentalité, il y a Blasphème une adoptée par une amie de Marie B dont on n’a pu terminer l’adoption et qui se retrouve sans identité propre et Sun Tzi, un informaticien sino-japonais. Si ces derniers sont carrément roturiers, ce sont des génies de l’informatique, donc incontournables. Le tableau est dressé.

Lorsque Blasphème découvre le projet d’Hercule du Tylleux  de placer sur le ring les deux frères, dans un combat shakespearien afin de s’assurer que Dante deviendra ainsi le représentant officiel de l’entreprise financière, la  haine de la jeune femme prend un virage définitif : elle va s’employer, avec l’aide de son ami Sun Tzi à contrecarrer le projet et ils ont beaucoup de cartes en main.

Toute la saveur de ce récit mouvementé réside dans une connaissance précise de ce milieu, de ses pratiques frauduleuses, de ses ruses. Visiblement, Pascal Thiriet s’amuse à tirer les ficelles. Les nombreux rebondissements rythment de manière savoureuse la dureté de l’intrigue.

Mais, le récit que l’on suit avec délectation prend sa dimension particulière par un style vif, distancé, aux images pleines d’humour où chaque scène a un ancrage dans un lieu, toujours décrit de manière brève mais évocatrice.

D’autres personnages font leur apparition notamment Greit et son ami chinois. Et puis, il y a le couple Blasphème et Sun Tzi qui rompt la brutalité des rapports humains vécus chez les du Tylleux.

Dans un style vif et alerte, Pascal Thiriet déroule le fil de son récit avec une maîtrise qui tient le lecteur constamment en alerte. On devine que l’auteur a pris beaucoup de plaisir à écrire ce roman, un plaisir  qu’il communique au lecteur et c’est très réussi.

Bravo. 

Niurka Règle

 

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Islamophobie avez-vous dit?

 

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Islamophobie avez-vous dit?

Le procès de Djemila Benhabib, qui se déroule actuellement à Montréal, soulève une question véritablement politique[1]. La polémique qui l’entoure en fait foi. Peut-on, au nom de la prétendue lutte contre « l’islamophobie » interdire toute critique sur l’islam et les dérives islamistes ? La notion d’ « islamophobie » n’est-elle pas contradictoire avec la liberté d’opinion ? Si l’on peut comprendre la volonté de certains d’éviter que le terme d’ « islamophobie » ne devienne un synonyme de racisme anti-arabe, il y a bien une place légitime pour la discussion des idées religieuses, que cette discussion soit le fait de croyants ou de non croyants, dans une société libre. De là découle la nécessité de préciser le terme pour éviter que la « lutte contre l’islamophobie », telle qu’elle est conçue à « gauche », n’aboutisse à la mise « hors débat » de fait de l’Islam et des positions soutenues par l’islam politique.

Les faits

Rappelons les faits : Madame Djemila Benhabib, journaliste blogueuse et essayiste, dans le cadre d’une émission de radio avait réalisé un entretien téléphonique avec une employée des Écoles musulmanes de Montréal. On y apprenait que, dans ces deux institutions, privées mais financées par l’État québécois à coup de demi-million de dollars par année, le voile était obligatoire, que les filles et les garçons étaient séparés pendant le sport et que la prière était quotidienne. À cette époque, Madame Djemila Benhabib avait alors aussi reproduit sur son blogue du Journal de Montréal un extrait du site internet des écoles en question, montrant que des Sourates particulièrement violentes et dégradantes étaient promues, étant notamment question de châtiments physiques à l’endroit des mécréants et de la défloration des vierges. Au micro, Djemila Benhabib avait alors comparé l’institution scolaire à un camp d’entraînement militaire. On peut considérer que ces propos étaient exagérés, ce que Madame Djemila Benhabib a d’ailleurs reconnu, mais ils font partie du débat politique.

Or, voici que Madame Djemila Benhabib est attaquée en justice pour diffamation par ces dites écoles, et que ces dernières se livrent à des appels de fonds afin de la réduire au silence. On comprend que cette affaire ait soulevé une légitime émotion au Québec, qui a, comme le dit Simon-Pierre Savard-Tremblay sur son blogue, fait le choix de la laïcité, comme maillon majeur du parachèvement d’un État nation moderne et assumé.

Ce qui se cache derrière le terme d’ « islamophobie »

Le problème est profond. Que cache-t-on sous le terme d’ « islamophobie », et quel sens doit on lui donner réellement. Car, ce débat nous l’avons de fait aussi en France. De fait, c’est Clémentine Autain qui a lancé le débat à la suite du tragique attentat de janvier 2015 (Charlie-Hebdo et l’Hyper-Casher). On a, alors, commencé à entendre le discours « ne faisons pas d’amalgame, ne tombons pas dans « l’islamophobie » ». Mais, qu’entend-on par là ? Si l’on veut dire qu’il ne faut pas verser dans un racisme anti-maghrébin, dans le racisme anti-arabe, c’est une évidence. Tout racisme est haïssable, et celui-ci comme les autres. De plus, il est faux d’assimiler « islam » et « arabe », d’une part en raison du fait qu’il y a des arabes qui ne sont pas musulmans, et d’autre part parce qu’il y a des convertis qui sont, comme on le dit de manière assez fausse « français de souche ».

S’il s’agit de dire que tous les musulmans ne sont pas des terroristes, que l’islamisme n’est pas l’islam, il s’agit encore et toujours d’une évidence, que j’ai dite et écrite en particulier dans mon avant-dernier livre Souveraineté, Démocratie, Laïcité[2]. Il est donc bon et sain de le répéter. Mais, cela ne fait guère avancer le débat. J’ai écrit que nous étions confrontés à la fois au problème du djihadisme, qui est le vecteur des attentats, mais aussi à une pression de l’islam politique, qu’il soit salafiste ou qu’il provienne de la mouvance des Frères Musulmans. C’est un problème politique auquel il nous faut répondre. Et pour cela, il nous faut pouvoir mettre en question certaines affirmations qui ne sont pas compatibles avec une société d’individus libres.

Il convient de dire que des populations de religions musulmanes sont très souvent les premières victimes du djihadisme, mais aussi des différentes formes de l’Islam politique. C’est un fait qu’il convient d’affirmer haut et fort. Il faut aussi comprendre que la montée de l’islamisme est le fruit de la destruction du nationalisme arabe, eh oui le « nationalisme » n’est pas un gros mot, et que ce nationalisme arabe fut combattu, de Nasser à Saddam, par les Etats-Unis et les puissances occidentales. Voilà qui constitue une vérité qui est aujourd’hui largement oubliée[3].

La mise hors débat de l’Islam

Mais, le discours sur l’ « islamophobie » peut aussi avoir un autre sens, bien plus contestable, et c’est celui qu’il commence à prendre tant au Québec qu’en France. A vouloir combattre une soi-disant « islamophobie » on prépare le terrain en réalité à une mise hors débat de l’Islam et des autres religions. Et là, c’est une erreur grave, une erreur dont on peut se demander comment les héritiers spirituels de Voltaire peuvent la commettre, une erreur dont les conséquences pourraient être terribles. Elle signe la capitulation intellectuelle par rapport à nos principes fondateurs. Non que l’Islam soit pire ou meilleur qu’une autre religion. Il contient sa part d’obscurantisme comme sa part de liberté. Mais il faut ici affirmer que toute religion relève du monde des idées et des représentations. C’est, au sens premier du terme, une idéologie. A ce titre, toute religion est critiquable et doit pouvoir être soumise à la critique et à l’interprétation. Cette interprétation, de plus, n’a pas à être limitée aux seuls croyants. Le droit de dire du mal (ou du bien) du Coran comme de la Bible, de la Thora comme des Evangiles, est un droit inaliénable sans lequel il ne saurait y avoir de libre débat. Un croyant doit accepter de voir sa foi soumise à la critique s’il veut vivre au sein d’un peuple libre et s’il veut que ce peuple libre l’accepte en son sein. C’est d’ailleurs pour cela qu’il ne saurait avoir de délit de blasphème dans une société libre.

Ce qui est par contre scandaleux, ce qui est criminel, et ce qui doit être justement réprimé par des lois, c’est de réduire un être humain à sa religion. C’est ce à quoi s’emploient cependant les fanatiques de tout bord et c’est cela qui nous sépare radicalement de leur mode de pensée. Parce que, en descendants de la Révolution française, nous considérons que la République ne doit distinguer que le mérite et non le sexe, ou un appartenance communautaire, il est triste de voir une partie de la gauche et de l’extrême-gauche suivre en réalité les fondamentalistes religieux sur le chemin de la réduction d’un homme à ses croyances et emboiter le pas aux pires délires obscurantistes.

Laïcité et République

Ce n’est donc pas par hasard que Simon-Pierre Savard-Tremblay fait le lien entre la laïcité et la construction d’une nation moderne. La laïcité n’est pas un supplément d’âme à la République : elle en est le ciment[4]. La laïcité est un principe politique fondamental ; elle n’est pas, comme peut l’être la tolérance, une valeur individuelle. Elle ne se réduit pas non plus au cadre juridique particulier dans lequel elle a pu s’incarner en 1905 en France. Les cadres juridiques peuvent et doivent être modifiés selon les circonstances, mais un principe politique demeure.

Il n’est pas anodin que l’un des grand penseur de la souveraineté, Jean Bodin, qui écrivit au XVIème siècle dans l’horreur des guerres de religion, ait écrit à la fois un traité sur la souveraineté[5] et un traité sur la laïcité[6]. Il convient de bien comprendre ce lien étroit qui unit la notion de souveraineté à celle de laïcité. La souveraineté implique la définition d’un souverain. Une fois établie que la « chose publique » ou la Res Publica est le fondement réel de ce souverain et que ce souverain est le peuple, comme le savaient déjà les romains et comme nous y invite Jean Bodin, il nous faut définir le « peuple » qui exercera, soit directement soit par l’entremise de formes de délégation, cette souveraineté. C’est bien pourquoi la question de la souveraineté est aussi centrale, car elle implique la définition de la communauté politique qui l’exerce. Et cette communauté est radicalement incompatible avec le communautarisme.

Dès lors, nous obliger à nous définir selon des croyances religieuses, des signes d’appartenances, aboutit en réalité à briser le « peuple ». Et c’est très précisément le piège que nous tendent les terroristes qui veulent nous ramener au temps des communautés religieuses se combattant et s’entre-tuant. D’autres alors y ajouterons des communautés ethniques. Si nous cédons sur ce point nous nous engageons vers un chemin conduisant à la pire des barbaries. La confusion dans laquelle se complet une grande partie de l’élite politique française, mais aussi québécoise et canadienne, est ici tragique et lourde de conséquences. Les attaques contre les musulmans (comme celles contre les juifs, les chrétiens, les bouddhistes, etc…) sont inqualifiables et insupportables. Mais, on a le droit de critiquer, de rire, de tourner en dérision, et même de détester TOUTES les religions.

Il reste à espérer que le tribunal de Montréal lavera Madame Djemila Benhabib de l’accusation de diffamation et reconnaitra qu’elle ne faisait qu’exercer sa liberté d’opinion. Mais, son cas dépasse le cas individuel, il dépasse les frontières du Québec et il s’adresse à nous tous. La question n’est pas de reconstituer, à propos de l’Islam, une quelconque religion d’Etat. Mais, la compatibilité de certaines affirmations faites par des ministres du culte avec les lois de la République doit pouvoir être vérifiée. De ce point de vue, l’idée avancée par Nicolas Dupont-Aignan d’un questionnaire que devrait remplir tous les imams avant de pouvoir exercer leur magistère, questionnaire inspiré de celui que Napoléon soumis aux rabbins, est une idée à creuser.

 

 

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06 septembre 2016

Alice au pays du réel

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Alice au pays du réel, Isabel Franc, Suzanna Martin - Alterlivres - Vertige Graphic

C’est une véritable découverte que cette B.D. Son sujet, le cancer du sein, est un territoire qui fait peur d’autant que le sein de la femme est chargé de lourds symboles. Mais un sujet n’est recevable que si le traitement qui en est fait a quelque chose de subversif, en quelque sorte.Et là, on est gâté.

C’est l’histoire personnelle  d’Alice qui apprend lors d’un contrôle de routine qu’elle a un cancer. Alice est lesbienne mais le combat qu’elle va mener touche à l’universel. 

A la fois documentaire, puisqu’on suit les méandres de la prise en charge d’Alice par le corps médical et fictionnel par des espaces où l’humour émerge dans les moments les plus inattendus. La lutte de la femme, satisfaite de sa vie jusque là (elle est journaliste-reporter et a de nombreuses amies ou ex-mantes) sombre brutalement dans un désarroi profond et communicatif. On assiste aux diverses contraintes imposées pour guérir. Les effets indésirables cumulés, la vision traumatisante du corps qu’on ne reconnait plus, la chute des cheveux, plus,la fatigue qui s’accumule, la perte d’appétit, le désir de mourir, tout fait partie du combat à mener. Alice assume petit à petit ce bouleversement inattendu et qui lui semble injuste. Mais elle n’est pas seule, ses amies l’aident,  la secouent, la surveillent. De ces solidarités, si tordues soient-elles, naissent des situations cocasses qui donnent sens à la vie et finalement au dépassement du désespoir initial.

Si le scénario est fondé sur le refus de l’apathie, les dessins de Suzanna Martin sont tendres acides, réalistes poétiques, dynamiques, plein d’humour. Comme Alice, celle des Merveilles, Alice du Réel porte en elle le sens du rêve et de l’imaginaire et du refus de l’évidence.

Beau travail, totalement réjouissant, malgré tout, surtout malgré tout.

Niurka Règle

 

29 août 2016

Blue tango

 

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