Pourquoi pas ? Le blog de Niurka R.

16 août 2017

Fête de l'Alto

 

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"Fête de l'Alto"

Lundi 21 août à 20h30 – l’Eglise St Pierre de Lasalle

Christophe GIOVANINETTI, violon/Pierre Henri XUEREB, Alto/ Hélène DAUTRY , violoncelle / Yéhuda HANANI, violoncelle
Programme : du solo au quartet
Œuvres de A.Boëly, A. Arensky, J.S. Bach, W.A. Mozart , J. O enbach .....

Mardi 22 août à 20h30 – Le Temple de Valleraugue

Karen KAPFERER ,voix/ Norihiro MOTOYAMA, Piano/ Fabrice Pierre,

harpe/Grégory DALTIN, accordéon/Yéhuda HANANI, violoncelle/ Su ZHEN, alto

Mercredi 23 Août à 20h30 –Eglise St Pierre de Lasalle

Fabrice Pierre, harpe/Grégory DALTIN, accordéon/ Karen Kapferer, voix et direc on de chœur de femmes accompagné par Norihiro MOTOYAMA, piano et autres intervenants surprises
Programme : autour de la harpe et l’accordéon et mélodies françaises et norvégiennes

Jeudi 24 et vendredi 25 août Journées des luthiers à Lasalle

Exposi on, démonstra ons, ateliers en présence de luthiers venus de toute la France

17h la projec on au Temple du lm documentaire « De mémoire de violon » Jeudi 24 août 2017 à 20h30 à 20h30 - La Filature de Lasalle

Classes d’ensembles et carte blanche au Duo norvégien A Corda (Brigi Staernes, violon et Mar n HAUG, guitare) sur des musiques populaires norvégiennes

Vendredi 25 août à 20h30 – Temple de St Jean du Gard

Su Zhen, alto/P.H. XUEREB, alto et viole d’amour / Yéhuda HANANI, violoncelle, Hélène Dautry, violoncelle /Fabrice PIERRE, Harpe /Grégory DALTIN , Accordéon/
avec la participtiaon des stagiaires d’alto et violoncelle les plus avancés

 

Programme : Duo pour alto et viole d’amour de C. P. STAMITZ, duo de violoncelles de J. OFFENBACH, 6e concerto Brandebourgeois de J.S. BACH, trio de Deloyer... et autres surprises travaillées pendant le fes val.... 

Association VIV’ALTO – 95 rue de la place – Lasalle – 06 76 21 32 20 Mhb.vivalto30@orange.fr - h ps://vivaltoencevennes.jimdo.com/page6image17520 page6image17680 page6image17840 page6image18432 page6image18592

Samedi 26 août 17h - Temple de Lasalle

Concert de clôture, avec tous les par cipants de la Fête de l’Alto

Christophe Giovanine , violon /Su Zhen, alto/P.H. XUEREB, alto et viole d’amour / Yéhuda HANANI, violoncelle/Hélène Dautry, violoncelle /Fabrice PIERRE, Harpe /Grégory DALTIN , Accordéon/ duo norvégien « A corda » (violon, guitare)/ Karen Kapferer et Jon Fylling chef de chœur norvégien Programme : Sextet de J. BRAHMS, Quartet de J. Halvorsen, W.A. Mozart, F. de Fossa, A. Delhoyer et... autres surprises travaillées pendant le festival !

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Les concerts sont tous en " libre participation " : nous comptons sur votre générosité pour continuer à programmer de la musique de qualité en Cévennes... toute l'année !

Renseignements pour les Classes de maître et les Concerts auprès de :

L’association VIV’ALTO - 95 rue de la Place 30460 LASALLE
Tel : 06 76 21 32 20 www.vivaltoencevennes.jimdo.com mhb.vivalto30@orange.fr

Renseignements et hébergements

Office du tourisme intercommunal (04 66 85 27 27) tourismelasalle@causses- aigoual-cevennes.org

Mairie de Lasalle http://www.lasalle.fr/

En collaboration avec :

Association VIV’ALTO – 95 rue de la place – Lasalle – 06 76 21 32 20 Mhb.vivalto30@orange.fr - h ps://vivaltoencevennes.jimdo.com/

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05 août 2017

Sauve qui peut la vie

 

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Sauve qui peut la vie, Nicole Lapierre, essai Points Seuil

Un essai sous forme de cheminement sur le sens à donner à la mémoire, à l’instrumentalisation de celle-ci, à son gel temporel mais aussi au rebond nécessaire pour porter un regard universel sur la (les) souffrances innommable(s)  et le rejet de l’autre. Mais aussi déjouer les peurs en portant sur l’autre « aventureux » de l’exil et admettre un désir commun : vivre et faire vivre. c’est aussi, le rappel salutaire des migrations séculaires, sinon millénaires qui ont fondé les nations. Et, c’est tout l’intérêt du livre, servi, par ailleurs, par  belle écriture, que de relier le thème du vécu de la diaspora juive dans sa diversité aux exils contemporains qu’on ne reconnaît pas ou que l’on ne veut pas reconnaître comme tels et tenter d’y percevoir, sans tomber dans la mélancolie. les mêmes fêlures.

Nicole Lapierre parle avec clarté des conditions existentielles des exilés et des vertus « du déplacement".

Partant de son propre vécu, du suicide de sa mère et de sa soeur, de sa famille qui a connu les affres de l’antisémitisme, en Pologne, puis la Shoah, elle s’insurge de la « promotion » de l’holocauste en tant qu’horreur indépassable et statufiée et ainsi coller à la mémoire des descendants de manière définitive et oppressante. E c’est avec beaucoup de lucidité qu’elle s’emploie à parler des différents flux migratoires qui ont fait la France.

J’ai beaucoup apprécié le travail rigoureux de recherche auprès des survivants de Shoah son enquête s'est située à Plock, ville polonaise où était né son père. Un travail de chercheuse sérieux mais alerte, critique mais en définitive stimulant.

Très belle réflexions et beaux témoignages. 

Il serait intéressant de susciter le débat, en lectures. publiques à partir du texte. Mais, cela doit être fait. Non ?

Une démarche et des réflexions vraiment personnelles qui font réfléchir..

Niurka règle

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27 juillet 2017

Le leurre des 99 %

 

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Le leurre des 99 %

Août 2017

À 100 °C, l’eau bout, c’est certain. Mais mieux vaut ne pas attendre que la vie des sociétés se plie aux lois de la physique. Certes, 1% de la population s’attribue la majorité des richesses produites sur Terre ; cela ne fait pas pour autant des 99 % qui restent un groupe social solidaire, encore moins une force politique en ébullition.

En 2011, le mouvement Occupy Wall Street s’est construit autour d’une idée, d’un slogan : « Nous avons en commun d’être les 99 % qui ne tolèrent plus l’avidité et la corruption des 1 % restants. » Diverses études venaient d’établir que la quasi-totalité des gains de la reprise économique avaient profité aux 1 % d’Américains les plus riches. Ce ne fut ni une aberration historique ni une particularité nationale. Un peu partout, un tel résultat n’a cessé d’être conforté par des politiques gouvernementales. Les projets fiscaux du président français Emmanuel Macron, par exemple, auront pour principaux bénéficiaires « les 280 000 ménages les plus riches, le dernier centile (...) dont le patrimoine est surtout constitué de placements financiers et de parts d’entreprise (1) ».

Est-ce à dire que l’ensemble des autres auraient tant en commun qu’ils pourraient fédérer leurs énergies pour renverser l’ordre établi ? Quand, à défaut d’être soi-même milliardaire, on appartient à la catégorie des privilégiés, il est réconfortant de s’en extraire en fantasmant qu’on relève du même bloc social que les prolétaires. Mais les 99 % mêlent indistinctement les damnés de la terre et une couche moyenne supérieure, assez épaisse, de médecins, d’universitaires, de journalistes, de militaires, de cadres supérieurs, de publicitaires, de hauts fonctionnaires sans qui la domination des 1 % ne résisterait pas plus de quarante-huit heures. Réunir des choux-fleurs et des cerfs-volants dans le grand sac des 99 % rappelle un peu le mythe fondateur américain qui prétend, lui, que tout le monde, peu ou prou, appartient à la classe moyenne, que chacun ou presque est déjà riche ou va le devenir (2).

Or, si l’union fait la force, la cohésion aussi… L’histoire nous a appris que les grands moments de communion, d’unanimisme ne durent pas longtemps. Février 1848, la fraternité, Lamartine, ces barricades défendues indistinctement par des ouvriers et des bourgeois débouchèrent quelques semaines plus tard sur l’affrontement meurtrier qui les opposa lors des « journées de juin » (3). Construire une alliance est déjà difficile, y compris entre deux mouvements progressistes d’un même pays. Imaginer un projet commun, une force politique durable sur une base aussi indifférenciée que « l’humanité moins l’oligarchie » relève au mieux de l’utopie, au pis de la volonté de ne pas choisir, de ne pas trancher. Et, finalement, revient à ne pas faire grand-chose, à moins de ne se consacrer qu’à des droits consensuels, à la maltraitance des enfants et aux accidents de la route.

Pour tout le reste, 99 %, c’est trop.

Serge Halimi

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(1) Anne de Guigné, « Les mesures fiscales de Macron profiteront d’abord aux Français les plus riches », Le Figaro, Paris, 12 juillet 2017.

(2) En 2003, 19% des contribuables américains pensaient appartenir à la catégorie des 1% de contribuables les plus riches ; 20 % imaginaient qu’ils la rejoindraient bientôt…

(3) Lire Dominique Pinsolle, « Entre soumission et rébellion », dossier « Que peuvent les classes moyennes ? », Le Monde diplomatique, mai 2012.

Écouter cet article

3:40  Lu par Arnaud Romain

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17 juillet 2017

Envoyée spéciale

 

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Envoyée spéciale, Jean Echenoz - Editions de Minuit

 Un récit qui provoque le sourire tant la fantaisie une situation pourtant noire, très noire.

Constance, une jeune femme qui s’ennuie dans la vie est prise en otage sur l’ordre d’un militaire peu avenant. Embarquée dans le coffre d’une voiture, elle est ensuite débarquée dans la Creuse dans un lieu improbable loin de tout. Elle y vit placidement son statut de prisonnière car les hommes qui la surveillent éprouvent finalement une grande sympathie pour cette jolie femme pas compliquée et qui terminera par leur faire la cuisine. Mais cette période prendra fin lorsque la belle, enfin « mûre » sera envoyée à Pyongyang en Corée du Nord pour déstabiliser le régime…

Une superbe écriture soutenue par un humour fascinant. La trame du récit multiplie des situations burlesques alors que les sinistres commanditaires sont prêts tout. Inutile de dire que Jean Echenoz s’est amusé sans vergogne à imaginer ce thriller farcesque. Et le plaisir communicatif est total.

A découvrir et se laisser surprendre sans retenue par un texte drôle, inventif, impertinent servi par une écriture subjuguante.

Ce roman ne se raconte pas, il se lit. Une oeuvre rare.

Niurka Règle

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15 juillet 2017

Cherche mari désespérément

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Cherche mari désespérément, Ghada Abdel Aal,traduit de l’arabe (Egypte) par Marie Charton édition de L’aube 

Ghada Abdel Aal, nous offre,ici, un texte absolument savoureux quoique ce qui nous est dit sur l’archaïsme des moeurs dans le pays  soit plutôt stupéfiant.

Et pourquoi cherche-elle un mari ?  Tout simplement  pour vivre une vie de couple faite de complicité, d’échange de respect et bien sûr d’amour.

Et pourquoi est-ce si difficile en Egypte pour notre jeune femme, docteur en pharmacie, de trouver  l’homme de son coeur ? La valse des « prétendants » nous décrit ses déconvenues, ses colères, ses espoirs, ses méfiances, ses humiliations, ses révoltes.

L’humour de Ghada Abdel Aal décrit sans retenue les situations ubuesques par elle vécue.

C’est drôle, impertinent, lucide, courageux mais la jeune femme proche de l’âge fatidique des trente ans pour ne pas être « périmée » cherche encore un mari désespérément.

Un miroir amusé, sinon désespéré d’une société figée dans un marchais confondant.

Une belle écriture, une vitalité alerte, un récit mené tambour battant pour notre plus grand plaisir..

Niurka Règle

 


21 juin 2017

La macron-économie, un destin jupitérien

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Faites entendre votre voix

La macron-économie, un destin jupitérien

  • JEAN-MARIE HARRIBEY
  •  
  • 18/06/2017

À l’Université, on apprend aux étudiants en « sciences » économiques qu’il y a deux manières de comprendre l’économie : la micro-économie et la macro-économie, qui sont nécessaires car complémentaires. C’est bien sûr une ânerie car la première postule que les individus sont isolés les uns des autres et qu’ils raisonnent rationnellement hors de tout contexte environnant, hors de toute institution sociale, hors de tout rapport social, hors de tout rapport de force. La micro-économie pour expliquer la vie en société, c’est aussi scientifique que la terre planète unique, centre de l’univers. Seule la macro-économie comme approche des relations économiques et sociales a un sens, à condition de ne pas être abandonnée entre les mains exclusives des keynésiens des années 1960 qui croient encore à des « Glorieuses » perpétuelles qu’il suffit d’organiser par une bonne politique conjoncturelle.

Peut-être assistons-nous à l’éclosion de la macron-économie. Mais ce n’est qu’une couche de peinture recouvrant la micro-économie traditionnelle visant à individualiser ce qui ne relève pas des rapports inter-individuels. Cela permet à Macron et à ses affidés de nier la crise du système qui les a mis en place et qu’ils servent encore mieux que ceux qu’ils viennent d’éjecter de leurs sièges.

 

Le déni de la crise[1]

Tous les commentaires dithyrambiques sur Macron et sa victoire électorale sont fondés sur la magie du dépassement de l’opposition politique gauche/droite. Avec déjà une première entourloupe intellectuelle : identifier la gauche au parti socialiste et celui-ci au socialisme. Mais il faut voir ce prétendu dépassement comme une nouvelle figure du dépassement du clivage socio-économique entre travail et capital, lui-même issu de la rhétorique de la disparition des classes sociales et des idéologies. Et, finalement, le capitalisme n’existe plus. Dans ces conditions, le chômage n’est qu’un problème de lourdeur du code du travail et de dépenses publiques trop élevées, et la croissance n’attend qu’une libération encore plus grande des forces naturelles du marché.

« Couvrez donc ce capitalisme que ne nous ne saurions voir », pourrions-nous pasticher. Tous les Tartuffe du capital occultent la cause principale du marasme. Elle se nomme crise de rentabilité  du capital, non pas en soi, mais au regard des exigences de ses détenteurs, surtout les actionnaires des grandes firmes et banques engagées dans le processus de mondialisation. C’est la trame de fond depuis quarante ans, qui n’a eu d’autre palliatif que la dévalorisation de la force de travail et la fuite en avant financière. Sous le néolibéralisme, la restauration des taux de profit s’est faite surtout par la hausse absolue de la plus-value. Avec, au bout, la surproduction et donc la suraccumulation de capital par rapport aux capacités de produire de la valeur. Ah, la valeur, cette valeur chérie qui grossit le capital, quels que soient ses dégâts sociaux ou écologiques !

Las ! La difficulté de produire de la valeur et de vendre les marchandises qui la contiennent naît d’une double contradiction : la contradiction sociale plus on s’approche de la limite de l’exploitation du travail, et la contradiction écologique dès lors que se raréfie ou se dégrade la base matérielle de la production. Les deux obstacles sont à la racine de la diminution de la hausse de la productivité du travail, que le progrès technique ne réussit pas à enrayer.[2] Les incantations au retour de la croissance forte et durable n’y changeront rien.

La mystification macronienne est plus policée que celle de Trump. Mais elles renvoient toutes les deux au souci majeur des classes dominantes : faire oublier la nature systémique de la crise du capitalisme. Là-bas, il s’agit d’imposer l’idée que l’Amérique peut repartir de l’avant en niant le changement climatique. Ici, après une campagne où le mot écologie fut absent du vocabulaire du candidat désormais président, celui-ci s’offre Hulot comme gage de sa soudaine conversion. Mais c’est pour mieux repartir à l’assaut du droit du travail et des retraites, tout en allégeant la fiscalité sur les entreprises et les revenus du capital.

Patronat, forces politiques de droite et de droite, économistes et éditorialistes de cour répètent à l’envi que l’économie française souffre d’un manque de compétitivité à cause du coût du travail. Nul ne souffle mot du « talon de fer » (Jack London) de la finance. Nul n’imagine autre chose que d’émanciper le capital de toute contrainte.

Les dix commandements de la macron-économie

Tu instruiras que le marché est naturel et que, si la maxime thatchérienne selon laquelle la société n’existe pas n’est plus audible, il convient de la traduire en tu deviendras milliardaire.

Tu nieras les inégalités sociales et tu remplaceras la recherche de l’égalité entre tous par l’égalité des chances entre inégaux.

Tu individualiseras le rapport salarié-employeur, ainsi tu n’auras plus besoin de droit du travail que tu pourras mettre à la réforme, tandis que tu élargiras les champs de la négociation d’entreprise à tous les sujets, rendant la loi inutile.

Tu favoriseras les entrepreneurs de soi-même, de telle sorte que leur ubérisation paraisse plus attrayante que le salariat.

Tu transformeras le travail vivant en travail mort au fur et à mesure que sa mutation en simple marchandise s’accomplira.

Tu promettras qu’un euro de cotisation donnera droit à un euro de prestation, ainsi tu dissoudras la solidarité collective.[3]

Tu nieras les conflits d’intérêts entre les salaires et les dividendes car le travail et le capital sont en marche en même temps.

Tu auras une vision positive et tu t’abstiendras de prononcer le mot de capitalisme car la crise n’existe pas dans un monde ouvert où les GAFAM nous emportent sur un nuage.

Tu tairas le délabrement écologique car la technique pourvoira au remplacement de la nature, l’amélioration du climat des affaires en dépend.

Tu magnifieras la valeur au détriment de la valeur d’usage, tout en dissimulant sa génération par le travail.[4]

Ainsi s’accomplira un destin jupitérien, la macron-économie.

 

Notes

[1] Ce paragraphe a été publié par Politis, n° 1458, 15 juin 2017.

[2] Attac, Par ici la sortie, Cette crise qui n’en finit pas, Paris, Les Liens qui libèrent, 2017.

[3] Voir sur ce blog « Les retraites façon Macron : le piège des comptes notionnels », 16 mars 2017.

[4] Contre la micro-macron-économie, le livre sur la valeur est toujours La richesse, la valeur et l’inestimable, Fondements d’une critique socio-écologique de l’économie capitaliste, Paris, Les Liens qui libèrent, 2013. La revue Contretemps vient de publier un dossier très riche : « Dossier : extension du domaine de la valeur », 5 juin 2017.

 

02 juin 2017

Et pendant ce temps-là, Jean Lassalle…

 

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Cette vidéo m'a fait mourir de rire.

Niurka Règle

Et pendant ce temps-là, Jean Lassalle…

Après avoir échoué à devenir président de la République, le député Jean Lassalle est maintenant candidat à sa réélection dans les Pyrénées-Atlantiques. Maire de son village natal, Lourdios-Ichère, depuis 1977, Jean Lassalle racontait en 2000 son premier acte officiel en tant que maire : l’enterrement d’un ancien adjoint au maire. Un sketch irrésistible.

[VIDÉO : 12’41] Un sketch de Jean Lassalle à voir ici : la-bas.org/la-bas-magazine/au-fil-de-la-bas/et-pendant-ce-temps-la-jean-lassalle

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“Libérer les animaux? Tendances et dérives d'un affect contemporain”.

 

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 “Libérer les animaux? Tendances et dérives d'un affect contemporain”.

FIGAROVOX/TRIBUNE- Pour l'enseignant-chercheur Thierry Blin, la cause animale devenue omniprésente dans le débat public, joue sur les affects contemporains et s'éloigne de la raison. Il rappelle que l‘antispécisme n'est pas un humanisme.

Thierry Blin est maître de conférences en sociologie à l'université Montpellier III.

Une cause contemporaine dans le coup? L'Animal! On joue en effet désormais la passion zoophile à tous les étages, avec émissions télévisées, chaînes dédiées, associations amatrices de vidéos clandestines, candidat à la Présidentielle dévoreur de quinoa, journaliste vindicatif (A. Caron), patron de presse omniprésent (F.-O. Gisbert), moine bouddhiste (M. Ricard), etc. Et même la foule de nos grands noms intellectuels, Onfray, Finkielkraut, Orsenna, Cyrulnik... se trouvant enfin un point commun dans la demande de reconnaissance, dans le Code civil, de la qualité d'«êtres vivants doués de sensibilité» des animaux.

L'antispécisme n'est pas un humanisme

Il faut dire que la bête a bien changé depuis l'avènement des Trente Glorieuses et son généreux projet de viande pour tous. Ne cherchez plus aujourd'hui lapins, porcs et poulets près de l'étable, rayon clapiers ou quête alimentaire dans une boueuse cour de ferme... Ils ne sont plus élevés, ils sont produits. Quand ils ne sont pas biotechnologisés par tous les pores. Poulets sans plumes, saumons géants stériles, «Super cochons» tellement bricolés qu'ils ne peuvent supporter leur propre poids, truies à la gestation dopée... Productivisé, mais aussi parfois martyrisé par des salariés d'abattoirs, cet animal-là figure aisément en réprouvé. Rien à voir avec l'élu qui pousse sur nos canapés, campe près de nos frigos, partage nos vies urbanisées. Deux catégories qui témoignent cependant toutes deux de ce que nous n'habitons plus les champs que par accident, par oubli. Bref, nous n'entretenons plus aucune solidarité vitale avec la production animale.

Or, il se trouve que moins nous sommes dépendants de la bête, plus elle est couverte de compassion. Sentiment parfaitement sain, puisque l'homme ne trouve qu'à se grandir en s'éloignant de la brute. Malheureusement, de l'affect contemporain à sa mise en chantier intellectuelle sous le pavillon d'une libération animale rationalisée dans les termes de l'antispécisme (notre espèce n'assure sa supériorité sur les autres que sur la base d'un racisme d'espèce non assumé) ou dans celui d'un égalitarisme biosphérique non anthropocentrique (tous les «sujets d'une vie» sont d'égale valeur), il y a toute l'épaisseur d'un antihumanisme dont les conséquences accablent par leur cohérence logique.

Qu'assène-t-on à longueur de thèses dans ces parages militants? Exemples. Mettez de côté l'archaïque concept de dignité humaine, il apparaîtra alors que nous n'accordons davantage de valeur au bébé au cerveau endommagé qu'à un chimpanzé ou à un porc que par la grâce coupable de notre spécisme (P. Singer). Optez pour l'égalité de toutes les formes de vie et vous en viendrez à disserter sur le mode du «je peux tuer un moustique s'il est sur le visage de mon bébé, mais je ne dirai jamais que j'ai un droit à la vie supérieur à celui d'un moustique.» (A. Naess). Sans compter que le «vaisseau Terre» (J. Lovelock) étant, en soi, un organisme à part entière, composé des molécules organiques, singes, hommes, plantes, sols…, il pourrait, armé du «but inconscient» de la préservation de la vie, décider d'«éliminer» ce qui ruine son équilibre fragile, l'Homme.

L'indécente idée d' «Holocauste animalier»

Prenons un prototype argumentaire plus récurrent, cette fois-ci. Chacun le sait, la morale carbure à la culpabilité. Une plaie que l'on gratte. Ajoutez à cela l'imaginaire de l'extermination planifiée, industrialisée, de la Shoah où l'humain se découvrit criminel par excellence, en rejetant dans le même mouvement la distinction Homme/animal, et vous obtiendrez la thèse de l'Holocauste animalier. Vous y apprendrez que «la Shoah est dans votre assiette»! Normal, les abattoirs constituent un «éternel Treblinka» (I. B. Singer). D'où vient la légitimité de cette «violence carnassière»? De se fonder métaphysiquement sur la constitution par l'humanisme de l'Homme en sujet, qui l'autorise à faire son Souverain (Derrida)! Bref, humaniser c'est fasciser, c'est légitimer le génocide animal (Adorno)!! Aucune spécificité du noyau d'horreur qui fait saillie dans l'Holocauste, place à la reductio ad hitlerum selon laquelle les bêtes sont à notre pensée ce que les juifs étaient au nazisme.

Tous ces raisonnements déroulent une gymnastique intellectuelle baroque: l'homme est un animal comme les autres, il ne doit donc pas procéder comme eux... Pourquoi? Parce qu'il est la seule créature à se nourrir de morale. À s'en gaver les neurones! Certes. Incontestable. Bravo. Mais d'où diable tire-t-il cet ingrédient distinctif si ce n'est de l'agglutination de ces qualités uniques qui reçoivent le nom de liberté, de perfectibilité, de raison...? Quelque chose comme un air de supériorité, ou la conversation n'est que déraison. Cercle vicieux spéciste de l'antispécisme!

   L'animal, qui n'existe d'ailleurs pas sous la généralité de ce nom, ne nous regarde pas. Il cohabite. En voisin plus ou moins proche, pas en parent. Nous pouvons nous voir en lui. Pas davantage.

Nulle autre cause à ce que l'indécente idée d'Holocauste animalier ne parle qu'à quelques têtes esseulées. Le propre du noyau d'horreur de l'Holocauste nazi tient tout entier à ce que chaque homme est un regard, une réciprocité morale. Bref, l'animal, qui n'existe d'ailleurs pas sous la généralité de ce nom, ne nous regarde pas. Il cohabite. En voisin plus ou moins proche, pas en parent. Nous pouvons nous voir en lui. Pas davantage.

Que dire de plus? Penser la bête, l'entendre souffrir, n'est pas la couvrir de ces excès de concepts hantés par la question de la mort, par un désir de purification éthique, et une séparation d'avec le monde animal replâtrée à grands coups de postulats d'égalité. Vis-à-vis des animaux, l'homme est effectivement couvert de devoirs. Lesquels? Réguler les populations. Préserver les espèces. Domestiquer. Dresser. Élever et tuer décemment les animaux qu'il mange. Autant d'activités, où il est question de mort, mais aussi de vie, et où il n'est assurément plus tolérable que l'homme fasse la brute. Prenons cependant garde à ce que deux pelés théoriciens et trois tondus militants ne tentent dans le même mouvement de manipuler nos affects.

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28 mai 2017

Le verger de marbre

 

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Le verger de marbre, Alex Taylor, traduit de l'américian par Anatole Pons, Néonoir Gallmeisterl                      

Il y a quelque chose de pas clair autour de l'identité de Beam. Il a 19 ans. C'est un Sheetmire, mais "il croyait à présent les rumeurs qu'il avait entendues pendant des années sans leur apporter de crédit : qu'il n'était pas sheetmin parce que un autre sang fiévreux rugissait dans ses veines."

Le jour où son père lui demanda de s'occuper du Ferry pour faire traverser La Gasping  River "...quelqu'un appela Beam depuis le rive opposée. Il entendit à travers la nuit la voix de l'homme arriver sur lui, lugubre et indolente."..."Beam retira les mains de se ses yeux et dévisagea L'homme. Il avait l'air pâle et maladif avec le clair de lune dans son dos, ses bras fêles arqués au-dessus du bastingage. Beam se demanda soudain ce que ça ferait d'entendre un homme se noyer. de l'entendre et de savoir que c'était vous qui avait fait ça.." C'est le début de la descente en enfer.

Un récit dense, magnifiquement écrit qui nous rend littéralement captifs. L'angoisse poignante ne cesse de nous river au texte (un éloge à Anatole Pons pour la traduction). La prose est travaillée avec la dureté et les éclats du diamant et l'histoire glaçante et sidérante nous laisse sans voix. 

Un roman subjugant.

Niurka Règle

 

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25 mai 2017

COMBAT AU BOUT DE LA NUIT

 

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COMBAT AU BOUT DE LA NUIT / Sylvain L'Espérance
2016 | 4h45mn | Québec | Les films du Tricycle

Tourné sur une période de deux ans, cette œuvre fleuve, nous entraîne dans un grand voyage au cœur de la Grèce actuelle. En accompagnant ceux qui, du lieu où ils luttent, forgent un autre avenir, le film est traversé par l'intuition profonde que dans le chaos du présent, un monde commun aux contours encore indéfinis cherche à naître.

« C’est fort, ça interroge, c’est magnifique et c’est du cinéma d’une amplitude  rare que l’on regarde comme aspirés par la vraie vie."

Niurka Règle

« Le regard de Sylvain L’Espérance [sur le mouvement politique grec] est à couper le souffle. »

- Grit Lemke, Junge Welt 

« Aucun réalisateur européen n’a jamais entrepris un projet aussi ambitieux. 

Ce qui est regrettable pour plusieurs raisons. […] À travers son Combat au 

bout de la nuit, L’Espérance laisse transparaître à quel point la misère du peuple 

est existentielle, à quel point sa situation apparaît désespérée. Il donne la parole 

aux marginaux, ce qui est honorable et émouvant. » 

- Thekla Dannenberg, Perlentauche

« Dans Combat au bout de la nuit, le réalisateur canadien Sylvain L’Espérance 

traite de la crise grecque qui, malheureusement, a presque complètement 

disparu des écrans radar. Mais le peuple souffre toujours, comme le montre 

de façon impressionnante son film essai de près de cinq heures. » 

- Nadine Lange, Tagesspiegel 

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