Pourquoi pas ? Le blog de Niurka R.

14 février 2019

Tomi Ungerer

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Tony Ungerer restera présent parmi nous. Son oeuvre a déjà traversé plusieurs décennies et reste d’une modernité réjouissante.

L’oeuvre d’Ungerer est immense parce que les sujets abordés sont universels. Elle nous parle des vicissitudes de la vie, des injustices, des guerres, de la folie des hommes mais aussi des beautés de la vie. On échappe rarement à l’humour, un humour salvateur. Ungerer est souvent caustique mais jamais méchant..

Le trait, le dynamisme du langage graphique et pictural, l’audace des couleurs éclatantes, du jeu des contrastes, les effets de surprises sont autant de rencontres chargées d’humour et de poésie où l’artiste nous plonge avec malice et facétie.

Tony Ungerer considère le jeune lecteur comme une personne et à ce titre il traite ses sujets à hauteur de l’intelligence et de la sensibilité de l’enfant. Sans doute, a-t-il gardé une l’âme de cet enfant qu’il fut. C’est sa marque de fabrique. Et quelle fabrique !

 

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11 février 2019

Indes Galantes, revisitées

 

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LES INDES GALANTES by Clément Cogitore

LES INDES GALANTES de Clément Cogitore ou la rencontre d'une danse furieuse, le KRUMP, avec l'Opéra

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09 février 2019

Edwy Plenel condamne severement macron : un danger pour nos libertés fondamentales

 

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Edwy Plenel déchainé condamne severement macron : un danger pour nos libertés fondamentales

 

 

05 février 2019

François Begaudeau

 

🔴▶▶François Begaudeau recadre Patrick Cohen et son équipe sur la démocratie.

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02 février 2019

LIGNE JAUNE

 

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Chandeleur

 

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André Henri Dargelas 1828-1906 , peintre français 

 

 

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29 janvier 2019

Emmanuel Todd - Gaza, Israël et la Shoah

 

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Emmanuel Todd - Gaza, Israël et la Shoah

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27 janvier 2019

Le village en cendres

 

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Le village en Cendres, Shen Fuyu, traduit ZZheng Lunian, avec le concours de Catherine Charmant et de Deng Xinnan, revu par Félix Torres, Albin Michel

Ce beau roman où violence et douceurs se mêlent au fil de la vie de paysans chinois sur une très longue période et dans  une région particulière nous tient de bout en bout par la découverte des moeurs et de la philosophie générale du peuple. Mais il faut saluer la beauté d’une narration à la fois délicate et souvent malicieuse qui porte le récit de manière vraiment particulière. La vie intime et familiale et les vicissitudes de l’Histoire sont décrits avec une  grande empathie de l’auteur pour les personnages Il faut rendre hommage à l’auteur, bien sûr, mais à la qualité de l’équipe de traducteurs qui nous kiffe une lecture de ce roman complexe  et d’une beauté particulière.

Niurka Règle

Qutrième de couverture 

Fils de paysans de la province du Jiangsu, au centre de la Chine, Shen Fuyu a été mingong (travailleur errant) et a exercé de nombreux métiers avant de devenir écrivain. Avec un formidable talent de conteur, il redonne vie à Shen, son Village en cendres, balayé, comme tant d'autres, par les violentes mutations de la Chine. Au gré de sa mémoire et de celle de ses ancêtres, il ressuscite un monde paysan aujourd'hui disparu et met en scène vie quotidienne, coutumes, relation de chacun à un monde nouveau.

Une Chine éternelle jaillit de ces pages, avec sa façon d'être et ses traditions, ses figures hautes en couleur, sa dureté quotidienne mais aussi ses moments de grâce, marqués par la volonté têtue de chacun de survivre, tout en gardant le plus important - la face. On sillonne les rues du village, on pénètre les coeurs et les maisonnées, les cours fleuries et les jardins, on frôle les esprits et les dieux familiers, on croise un vannier amoureux de son boeuf, un charpentier patriarche et sa scie magique ou encore une femme rebelle qui rosse sans façon son kidnappeur...

Délicatement imprégné de Tao et de Confucianisme, croisant sans cesse la grande Histoire qui a bouleversé la Chine au XXe siècle et l'histoire individuelle, Le village en cendres dresse le portrait surprenant d'un pays de contradictions et l'invitation à découvrir un auteur, très populaire en Chine, traduit pour la première fois en français.

 

08 janvier 2019

Mouvement des Gilets Jaunes

 

Jean-Marie-Harribey

Bonjour,

Le mouvement des Gilets Jaunes a surpris par sa vigueur, sa durée, ses rapides évolutions. Si le mouvement est profond, il nous interroge sur "la manière de faire et de penser" car cette société en mouvement dont nombre font partie hors des "Gilets jaunes"   est complexe, nouvelle dans sa forme et sa  rentrée en politique. Economistes, sociologues, historiens, associations et cytoyens s'intéressent fortement à l'irruption de ces colères fortement exprimées. Le texte je Jean-Marie Harribey est une contribution très intéressante. Bonne lecture.

Niurka Règle

 

Bonjour,

L’intérêt de ton analyse, Pierre *, esr d’introduire la complexité là où souvent il y a trop de simplisme. Le risque de cette introduction est de tout aplatir, de mettre tout au même niveau d’entendement, c’est-à-dire de ne plus savoir ce qui est structurellement déterminant et ce qui est largement déterminé. Déterminé ne signifiant pas moins important, surtout pour définir une stratégie. Par exemple, des deux séries d’éléments suivants, lequel est structurellement déterminant : le réploiement du capital grâce à sa parfaite mobilité et la défaite cuisante du salariat, ou bien l’ouverture et la montée de mutiples fronts de lutte et d’émancipation ? A mes yeux, poser la question c’est y répondre, ce qui n’implique absolument pas qu’il y ait, stratégiquement, des combats prioritaires et d’autres secondaires, et on pense aux combats pour l’émancipation des femmes, des précaires, des migrants, et pour l’écologie, etc.
Je pense que les trois grandes défaites que le mouvement social a subies en France depuis une vingtaine d’années (2003 : retraites + service public de l’éducation ; 2010 : retraites à nouveau, sans parler de 2007 et 2013 ; 2016-2018 : deux lois travail + cheminots) se situent avant tout sur le terrain de l’affrontement travail/capital, que ce soit en termes de répartition de la valeur ajoutée ou de droits sociaux, ce qui souvent revient au même. L’erreur n’est donc pas analytique (c’est une lutte de classes), elle est stratégique. J’ai raconté plusieurs fois la rencontre Attac-Copernic/direction de la CGT en 2010. L’erreur de la CGT est absolument d’ordre stratégique et cela depuis belle lurette : elle est de vouloir cantonner une question d’ordre du choix de société à la sphère purement syndicale, désunie de surcroît. D’où défaite stratégique sur défaite stratégique.
Dès lors, la discussion sur la sociologie du mouvement des Gilets jaunes exige de la délicatesse. Toutes les observations et tous les témoignages concordent pour décrire une composition populaire mélangeant couches du salariat paupérisé et précarisé et couches de travailleurs indépendants soumis à la concurrence et à la sous-traitance. Comme il n’est pas possible pour l’instant d’établir une statistique sur cette composition, il est hâtif d’en conclure une quelconque domination politique, notamment qui relèverait du poujadisme. À l’encontre de cette thèse hâtive, il y a le constat d’une évolution très rapide des revendications autour de la hausse des bas salaires, des services publics et d’une fiscalité plus juste. Autant de thèmes qui n’ont rien à voir avec le poujadisme, même si le déclencheur fut la hausse des taxes sur les carburants et que le premier réflexe (je parle pour moi) fut de demander : attention, une bataille anti-impôs ?
La nécessaire complexité qui rendrait caduque toute analyse en termes de classes sociales serait, selon moi, une impasse. J’ai dit ailleurs tout le mal que je pouvais de la notion de classe(s) moyenne(s) en 2016 (https://blogs.alternatives-economiques.fr/harribey/2016/12/18/la-sociologie-de-cafe-du-commerce) et en 2019 (https://blogs.alternatives-economiques.fr/harribey/2019/01/05/la-sociologie-des-classes-n-est-plus-une-sociologie). Fondamentalement, l’éclatement du prolétariat salarié sous les coups de boutoir du redéploiement du capital et de la production de valeur, et donc de la transformation du travail, ne signifie pas la disparition de ce prolétariat salarié. Dans ce cadre, la notion de classe(s) moyenne(s) n’a acun sens, sinon idéologique. D’ailleurs, le cocasse, si ce n’était affligeant, est de faire démarrer la(les) classe(s) moyenne(s) quasiment au niveau du Smic, à peine au-dessus du seuil de pauvreté à 60% du revenu médian. Les tenants de la « moyennisation » de la société confondent l’amélioration du niveau de vie en un siècle et demi de luttes sociales et de développement économique avec la disparition du prolétariat vendant sa force de travail. Ladite moyennisation de la société est une manière de faire disparaître les classes.
Il s’ensuit que si la question de l’entreprise, de son pouvoir, de l’affectation des investissements n’est pas au centre de la mobilisation des Gilets jaunes, je ne pense pas que ce soit parce que l’entreprise ne serait plus le lieu de la conflictualité sociale. Le blocage des ronds points et des axes de circulation des marchandises n’a pas été inventé par les Gilets jaunes et nombre de mobilisations des dernières années avaient également tenté d’utiliser ce moyen. Sans réussir à faire plier l’adversaire. Les Gilets jaunes ont fait un peu reculer le pouvoir. Pourquoi ? Parce que le besoin d’égalité était très fortement exprimé ? Un peu, oui, puisque cela exprimait le sentiment de la majorité de la population, ce qui est important dans le rapport de forces. Parce que la soudaineté et la violence de l’éruption a pris de court l’imposture macronienne ? Beaucoup, oui. Les mobilisations de 2003 et de 2010 notamment avaient mis dans la rue bien plus de personnes que les Gilets jaunes, mais sans que la question du pouvoir ne soit posée, alors que les Gilets jaunes ont ciblé le pouvoir de Macron. Certes, en oubliant, derrière lui, ses mandants du capital. Mais, c’est la responsabilité syndicale et politique de gauche de réunir les fils, de les retisser. À partir de quelle trame ? Bien que je constate le piétinement de la chose, je suis toujours persuadé que l’articulation du social et de l’écologie est la clé de vôute d’une stratégie. D’où l’immense gâchis d’avoir instauré des taxes sans programme de transformations structurelles d’ordre social et productif. L’acceptation sociale de la transformation du système productif reste pour moi liée à trois choses cruciales car liées par la réduction des inégalités : 1) l’emploi par la RTT ; 2) la légitimation d’une sphère monétaire non marchande ; 3) la prise en main collective des investissements de transition, ce qui implique la maîtrise monétaire (http://harribey.u-bordeaux4.fr/travaux/soutenabilite/arlesienne-financement.pdf, et http://harribey.u-bordeaux4.fr/travaux/soutenabilite/taxes-ecologiques.pdf) et une fiscalité juste. 
Enfin, sauf à considérer que les démocraties modernes peuvent se passer de toute idée et de forme de représentation, on ne peut pas voir dans la dimension de refus du politique, du syndicalisme et de toute institution quelque chose d’a priori et définitivement progressiste, même sous couvert de RIC. L’avenir le dira mais il y a un risque que, face à l’entourloupe macronienne du « grand débat national », il y ait une absolutisation et une idéalisation de la démocratie directe à 67 millions. Le principal lieu où la démocratie n’a jamais pu encore rentrer, c’est l’entreprise. Ne serait-ce pas un enjeu, même aux yeux de syndicalistes de premier plan pensant aujourd’hui que l’entreprise n’est plus un lieu de conflictualité sociale ? Je ne peux le croire...
Amicalement.
Jean-Marie Harribey
* Source

Gilets jaunes, réflexions sur le moment actuel

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07 janvier 2019

Quelques réflexions sur le mouvement des « gilets jaunes »

 

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Quelques réflexions sur le mouvement des « gilets jaunes »

Tous les observateurs ont souligné le caractère socialement composite du mouvement des gilets jaunes. Pour le dire en termes plus simples, il s’agit d’un mouvement populaire, ce qui signifie qu’il est produit par la coalition de plusieurs classes.

Quelles sont ces classes ? On trouve parmi les gilets jaunes des ouvriers, actifs ou retraités ; des membres de la petite bourgeoisie salariée, employés du secteur public ou du secteur privé, actifs ou retraités ; et enfin des membres de la petite bourgeoisie indépendante, artisans, commerçants, petits patrons.

Dans tout ensemble de ce genre, un élément est dominant et les autres sont dominés. En d’autres termes, un élément exerce l’hégémonie, intellectuelle et politique ; il impose aux autres sa vision du monde, ses objectifs, ses moyens d’action et ses conceptions en matière d’organisation.

En l’occurrence, au sein du mouvement des gilets jaunes, c’est manifestement la petite bourgeoisie indépendante qui joue ce rôle dominant, et qui donne son caractère à l’ensemble de la mobilisation.

Comme son nom l’indique, la petite bourgeoisie indépendante n’a pas d’employeurs ; elle est formée de gens qui travaillent « à leur compte ». En conséquence, en cas de crise, les petits bourgeois indépendants se tournent tout naturellement vers l’Etat, unique supérieur donc unique interlocuteur disponible.

C’est bien ce qui s’est produit lors du mouvement des gilets jaunes. L’entreprise est dans la société capitaliste le lieu par excellence de l’exploitation, puisque c’est dans le procès de travail que s’accomplit l’extorsion de la plus-value. Or l’entreprise n’a jamais été mis en cause au cours du mouvement ; tout s’est passé comme si elle constituait un domaine sanctuarisé que chacun s’interdisait d’évoquer. De même, dans une société capitaliste, ce sont en dernier ressort les employeurs qui fixent et reversent les salaires. Lorsque ces salaires sont jugés insuffisants, c’est donc aux employeurs que devraient être présentées les revendications. Or rien de tel ici : que l’amélioration de la rémunération passe par la baisse de telle ou telle taxe ou par l’attribution d’une prime, c’est toujours l’Etat qui est sollicité, jamais l’employeur. Sur cette « mise à l’abri » des employeurs, il y a une sorte d’accord tacite entre les gilets jaunes et le Président de la République : accordant aux smicards une augmentation de leur rémunération de cent euros par mois, M. Macron a bien précisé que cette augmentation ne coûterait rien aux employeurs.

De la même manière, il est clair que la détérioration du pouvoir d’achat tient largement au fait que les dépenses dites contraintes, et en particulier celles qui sont consacrées au logement, croissent plus vite que les rémunérations, en sorte que les sommes vraiment disponibles diminuent d’autant. Or les bailleurs – qui bénéficient d’une augmentation constante et substantielle des loyers – n’ont eux non plus jamais été mis en cause, et personne à ma connaissance n’a évoqué la possibilité d’un encadrement des loyers.

Ainsi pour les gilets jaunes, la seule cible, le seul interlocuteur, c’est l’Etat, ou plutôt c’est son chef, le Président de la République : il est rendu comptable de tout et responsable de tout. Ici encore, on observe un curieux accord de fait entre les gilets jaunes et M. Maron ; dédaignant les corps intermédiaires, celui-ci a plusieurs fois défendu une conception monarchique du pouvoir ; en ne s’adressant qu’à lui, en faisant mine de croire que tout dépend de lui, les gilets jaunes lui donnent d’une certaine façon raison, et le confirment dans son statut de roi.

L’hégémonie de la petite bourgeoisie indépendante se manifeste également dans les formes d’action privilégiées par le mouvement. Barrages filtrants, blocage des entrepôts, péages gratuits : on reconnaît là les méthodes utilisées depuis bien longtemps par les syndicats agricoles, eux aussi recrutés parmi les petits producteurs indépendants. A la différence de la grève, ces méthodes n’impliquent aucun sacrifice de la part de ceux qui les utilisent, réserve faite du temps passé et du risque d’un affrontement avec les forces de l’ordre.

Enfin, la petite bourgeoisie indépendante a imposé ses vues en matière d’organisation. Deux aspects peuvent être ici relevés. (1) Le refus de toute représentation, de toute délégation de pouvoir. Tous les gilets jaunes se considèrent comme égaux ; en conséquence, chacun ne peut parler que pour soi ; aux médias de désigner des porte-parole qui suscitent aussitôt la méfiance et le désaveu. L’individualisme égalitaire qui forme le fond de l’idéologie petite-bourgeoise aboutit ici à un refus de s’organiser qui limite grandement l’efficacité du mouvement et constitue en fait sa contradiction majeure. (2) La défiance vis-à-vis de tous les corps constitués, confondus dans la même réprobation. La suspicion vise non seulement les partis politiques, mais aussi les associations, et surtout les syndicats, dont le rôle social est pourtant tout différent. Apparaît ici un troisième accord tacite entre les gilets jaunes et M. Macron : leur commune allergie au mouvement ouvrier organisé.

Que le mouvement des gilets jaunes soit dominé par la petite bourgeoisie indépendante, c’est une constatation de fait, non un jugement de valeur. Celui-ci ne peut être que balancé. D’un côté, les plus nombreux au sein du mouvement sont les abstentionnistes et les électeurs du Rassemblement National. Du point de vue de l’histoire, les gilets jaunes s’inscrivent incontestablement dans la postérité du mouvement Poujade et du Cid-Unati de Gérard Nicoud, même s’ils ne s’y réduisent pas. Enfin, un certain nombre de propos xénophobes et racistes ont été entendus sur divers ronds-points, en même temps qu’on proliféré les élucubrations complotistes. Tout cela nous interdit de partager l’enthousiasme béat qui semble s’être emparé d’Olivier Besancenot ou de François Rufin : le mouvement des gilets jaunes tel qu’il est ne sera pas l’aube d’un nouvel âge révolutionnaire.

D’un autre côté, on ne peut qu’être ému par le récit de certains gilets jaunes : n’ayant jamais manifesté, habitués à vivre dans la solitude, ils ont fait sur les ronds-points la découverte de la fraternité. Mais surtout la petite bourgeoisie indépendante est porteuse d’un potentiel de révolte dont il faut savoir tirer parti. Pour décrire son idéologie j’ai parlé d’individualisme égalitaire ; de fait, elle est particulièrement réfractaire aux inégalités, particulièrement hostile à l’injustice fiscale, particulièrement exaspérée par les privilèges. C’est cette sensibilité égalitaire qui l’a conduite dans le passé à prendre part à de nombreux soulèvements démocratiques ; dans le mouvement actuel, elle se traduit notamment par l’exigence d’un rétablissement de l’ISF. Sur tout cela, les points de convergence sont évidents.

Du point de vue du mouvement ouvrier organisé, il serait donc aussi erroné de courir derrière le mouvement que de le rejeter sans autre forme de procès. Ce qui importe, c’est de travailler à sa décantation, c’est d’entrer en contact avec ceux des gilets jaunes qui se montrent les plus résolus à combattre les inégalités, qui comprennent qu’une révolte qui refuse de s’organiser et de se trouver des alliés se condamnent inéluctablement à l’impuissance et à l’échec.

E. Terray, 21 décembre 2018