14 novembre 2009
Robert Charvin : Israël, Palestine
13 novembre 2009
Marie NDiaye persiste et signe
Le 12 novembre 2009 par
Avec Marie NDiaye
Le 12 novembre 2009 par Laurent Margantin
Singulier silence. Tandis que les médias ne cessent depuis plusieurs jours d’évoquer la polémique autour des propos tenus par Marie Ndiaye dans une interview l’été dernier, les intellectuels ou ceux qui se prétendent tels se taisent. Quelques-uns sont choqués par l’appel d’un député à un prétendu « devoir de réserve » que devrait observer la lauréate du prix Goncourt, parmi eux on trouve Bernard Pivot, mais pas beaucoup d’intellectuels médiatiques se qualifiant eux-mêmes d’ « ennemis publics ».
Ici ou là, on se contente d’afficher son soutien au livre de Marie NDiaye en femme puissante, sans doute abasourdi par la puissance verbale de celle-ci lorsqu’elle se mêle de la réalité politique du pays. Car que vient faire un « prix Goncourt » dans de telles discussions ? Ne devrait-il pas s’occuper de signer ses livres et de les vendre, comme il est d’usage ?
Non, visiblement, on ne sait quoi dire ni quoi répondre pour soutenir ce cri d’horreur poussé par une femme-écrivain devant ce qu’est devenu son propre pays. « Monstrueux », n’est-ce pas excessif, de « l’antisarkozysme primaire » en somme ?
Ne serait-ce pas là la question qui nous est posée à chacun d’entre nous qui vivons dans ce pays : comment une écrivaine de 42 ans, dont on connaît la pondération et la finesse dans l’usage des adjectifs, sans engagement politique connu, comment peut-elle être amenée un jour à formuler ce jugement radical et qualifié souvent d’ « excessif » ?
Que nous ne sachions répondre normalement à cette question, nous qui sommes opposés au pouvoir en place, ou pire que nous puissions être si choqués par ce jugement au point de ne vouloir la poser, voilà qui, en vérité, en dit long sur l’état de dégradation morale dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui. Car c’est bien un jugement d’ordre moral que nous soumet Marie NDiaye : on commet – la police commet en notre nom – des actes insupportables. Comme par exemple venir chercher des enfants de parents clandestins à la sortie des écoles. Comme, pire encore, traquer des clandestins dont certains ont préféré se défenestrer plutôt que de se faire arrêter et reconduire dans leur pays.
Il y eut jadis d’autres drames. Mais quand ils se produisaient, un ministre démissionnait, une réforme était abandonnée (pensons à la mort de Malik Oussékine en 1986), mais c’était sous Chirac. Aujourd’hui, nous vivons sous Sarkozy, ancien chef de la police qui l’est resté. « Les vérités de la police sont les vérités d’aujourd’hui », disait Prévert.
Quant à la morale, une femme effectivement puissante nous la rappelle et nous invite, au moyen d’un seul adjectif, à en rechercher les limites derrière nous. Puissions-nous les retrouver un jour.
Singulier silence. Tandis que les médias ne cessent depuis plusieurs jours d’évoquer la polémique autour des propos tenus par Marie Ndiaye dans une interview l’été dernier, les intellectuels ou ceux qui se prétendent tels se taisent. Quelques-uns sont choqués par l’appel d’un député à un prétendu « devoir de réserve » que devrait observer la lauréate du prix Goncourt, parmi eux on trouve Bernard Pivot, mais pas beaucoup d’intellectuels médiatiques se qualifiant eux-mêmes d’ « ennemis publics ».
Ici ou là, on se contente d’afficher son soutien au livre de Marie NDiaye en femme puissante, sans doute abasourdi par la puissance verbale de celle-ci lorsqu’elle se mêle de la réalité politique du pays. Car que vient faire un « prix Goncourt » dans de telles discussions ? Ne devrait-il pas s’occuper de signer ses livres et de les vendre, comme il est d’usage ?
Non, visiblement, on ne sait quoi dire ni quoi répondre pour soutenir ce cri d’horreur poussé par une femme-écrivain devant ce qu’est devenu son propre pays. « Monstrueux », n’est-ce pas excessif, de « l’antisarkozysme primaire » en somme ?
Ne serait-ce pas là la question qui nous est posée à chacun d’entre nous qui vivons dans ce pays : comment une écrivaine de 42 ans, dont on connaît la pondération et la finesse dans l’usage des adjectifs, sans engagement politique connu, comment peut-elle être amenée un jour à formuler ce jugement radical et qualifié souvent d’ « excessif » ?
Que nous ne sachions répondre normalement à cette question, nous qui sommes opposés au pouvoir en place, ou pire que nous puissions être si choqués par ce jugement au point de ne vouloir la poser, voilà qui, en vérité, en dit long sur l’état de dégradation morale dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui. Car c’est bien un jugement d’ordre moral que nous soumet Marie NDiaye : on commet – la police commet en notre nom – des actes insupportables. Comme par exemple venir chercher des enfants de parents clandestins à la sortie des écoles. Comme, pire encore, traquer des clandestins dont certains ont préféré se défenestrer plutôt que de se faire arrêter et reconduire dans leur pays.
Il y eut jadis d’autres drames. Mais quand ils se produisaient, un ministre démissionnait, une réforme était abandonnée (pensons à la mort de Malik Oussékine en 1986), mais c’était sous Chirac. Aujourd’hui, nous vivons sous Sarkozy, ancien chef de la police qui l’est resté. « Les vérités de la police sont les vérités d’aujourd’hui », disait Prévert.
Quant à la morale, une femme effectivement puissante nous la rappelle et nous invite, au moyen d’un seul adjectif, à en rechercher les limites derrière nous. Puissions-nous les retrouver un jour.
11 novembre 2009
Hélène Grimaud joue Bach
"Révolution culturelle, nous voilà !"
L'humanité 10/011009
Armand Gatti « Révolution culturelle, nous voilà ! »
Nous ne sommes rien, soyons tout. Comment pouvait s’inventer le théâtre devant les chambres à gaz devenues musées et alimentant le tourisme de toute la tristesse du « sous-venir » ?
Pouvait-il y avoir une réponse dans le processus (démocratique) où s’impliquent les abeilles ouvrières pour inventer un essaim superorganique qui utilise la mémoire des groupes, en vue de décisions collectives ?
Les mots sont devenus abeilles en
mission. Mais sur quels trajets ?
les mots nés à la prison de Tulle ;
les mots nés à la prison de Limoges
les mots nés à la prison de Nice
les mots nés à la prison de Long-
Kesh
ceux des maquis de la Berbeyrolle
et de Marcy
ceux des camps sous la mer de la
carcéralité concave se mirent à pousser
comme des arbres le long d’une route où
la parole errante s’engagea, croyant être
le Golem dont Nicole lui avait parlé sous
les frondaisons du vallon de la Noix. Sur
cette route, les arbres se retrouvaient en
rangs par cinq.(…)
Fausses routes multipliant les vraies, la parole errante devint – ce qu’elle n’avait jamais cessé d’être en errant dans tous les sens du mot théâtre (comme autant de forêts) – le mont Ceceri. Nous étions presque tous les groupes de la parole errante sur ce mont Ceceri, et nous ne nous en étions jamais douté. Nous faisions de presque chacun de nos titres de théâtre un ghetto – et nous ne savions pas que c’était sur le mont Ceceri qu’il était conçu. (…)
Révolution culturelle, nous voilà ! La parole errante s’agrandit du dernier message de Marcos : « Nous ne nous rendrons pas. Nous ne nous vendrons pas. Nous ne renoncerons pas à nos morts. (…) Comment rendre présentes, à chacune de nos répétitions, les cendres que Nicole et ses amies de la chambre à gaz n° 4 sont devenues ? Les Sonder Kommandos nous l’ont appris. Elles chantent l’Internationale. Mais que peuvent répondre les groupes réunis pour faire du théâtre dont le but est la commercialité ? Dire que prendre un abonnement rend l’homme plus grand que l’homme ? Question de langages ?
La science se regarde dans un miroir. Une multitude de langages lui sont renvoyés, mais un seul est retenu : l’économie. Le perfectionnement des lois économiques devient sa vérité.(…) Un langage scientifi que ne fera jamais la révolution. (…) Femmes de la chambre à gaz n° 4, aujourd’hui, ce n’est pas l’Internationale que nous voulons apprendre de vous, mais pourquoi chanter ? (…)
Vue de l’extérieur : une fenêtre donne chaque jour un sourire aux répétitions. Deux érables l’encadrent. Au printemps avec l’obstination des oiseaux de retour, ils disent : C’est la Révolution Les saisons nous y obligent Les arbres ne sont-ils pas les piliers [de nos cathédrales ? Alors Comme si des milliers d’ailes battaient [en nous Nous annonçons nos prochains [spectacles Révolution culturelle nous voilà ! »
Extraits d’un prochain livre d’Armand Gatti à paraître aux Éditions Verdier
Tel quel
« La Seconde Guerre mondiale porta l’idée de clandestinité à son comble, mais ne laissa aucune chance aux rencontres. Il fallut en attendre la fi n pour que François Gompers (son frère) se présente. – Vous ne reverrez plus Nicole. Elle est morte brûlée à Auschwitz, d’où je reviens. Je l’ai vue pour la dernière fois sous forme de gros nuage au-dessus des cheminées de Birkenau… papa… maman… et elle… D’ailleurs, welle pressentait ce qui allait se passer. Le jour du départ pour Drancy, elle a même refusé la brosse à dents et le dentifrice que maman voulait lui donner. Elle n’a emporté qu’une chose : le Sefer Yetsira. – C’est quoi, le Sefer Yetsira ? – Le livre de la Création.
Plus tard, des Voix sous la cendre (manuscrit des Sonder Kommandos d’Auschwitz- Birkenau) nous apprirent que trois cents femmes brûlées nues dans le crématoire n° 4 (certaines avec leur bébé dans les bras) avaient résisté au cours de leur passage dans la chambre à gaz. Elles avaient chanté l’Internationale. Nous avons pensé que les arbres du vallon de la Noix et des sentiers de la Turbie ont dû la chanter en même temps. En elle « Nous ne sommes rien, soyons tout », reprenait par traversée des langages dans le siècle, la phrase de Gandhi avec laquelle l’ange aux trois noms avait battu des ailes.
Comment transformer en mots de scène ce battement d’ailes ? Accrocher le « sois ! » gandhien à tous nos éclairages ? Dans la région parisienne, il nous faut chercher le dialogue avec cette pollution verbale dont les « politiquement corrects » font, à chaque élection, leur reine de beauté. (…) À qui s’adressaient les trois cents femmes vivant la même tragédie que l’ange aux trois noms ? Au kaddish intérieur que leurs familles prononceraient au contact des écritures des Voix sous la cendre ? Mais leur nudité, lorsqu’elles chantaient, à qui s’adressaitelle ? À l’univers.(…)
site
Site de La Parole errante consacré à Armand Gatti ...
10 novembre 2009
SALAH HAMOURI en prison depuis 1703 jours
L'acteur François Cluzet brise le mur de silence médiatique sur le
cas de SALAH HAMOURI, le jeune franco-palestinien emprisonné par
Israël depuis 1703 jours pour un délit d'opinion.
François CLUZET parle de Salah HAMOURI.
envoyé par kabylemaispasdebile. - L'info internationale vidéo.
En Palestine, Ils onr osé !
09 novembre 2009
Oeuvres sur bois de Branko Cejnar
Oeuvres sur bois de Branko Cejnar
Les prédateurs de la culture
Libération le 08 / 11 /09
Après Jean, l'Elysée se met au service de Pierre Sarkozy
Un conseiller est intervenu auprès de la Société civile des producteurs phonographiques, après le refus de cette dernière d'attribuer au producteur de rap Pierre Sarkozy une aide pour un projet musical.
FLORENT LATRIVE
(Mis à jour à 16h50 avec le communiqué de la SCPP)
(Mis à jour à 20h05 avec les déclarations du conseiller culture de l'Elysée)
Après Jean, Pierre?
Suite au refus par la Société civile des producteurs phonographiques
(SCPP) d'octroyer une aide à Pierre Sarkozy, producteur de rap (il a
notamment produit Doc Gynéco), pour l'un de ses projets, un conseiller
de l'Elysée serait intervenu auprès de cette dernière pour qu'elle
revienne sur sa décision et apporte son soutien au fils du président.
Selon le site
Electronlibre.info, qui a révélé cette affaire samedi, la SCPP aurait
alors promis de tout arranger et que, «lors de la prochaine commission,
l’affaire serait réglée dans le sens qu’il convient».
Ce coup de pouce de
l'Elysée pour aider l'un des fils du président en intervenant auprès
d'un organisme indépendant survient quelques semaines après la bronca
entourant l'arrivée de Jean Sarkozy à la tête de l'Etablissement public
de la Défense.
Présidée par le
patron d'Universal Music France Pascal Nègre, la SCPP regroupe
plusieurs dizaines de producteurs, dont les quatre majors (Universal,
EMI, Sony-BMG, Warner). Elle est chargée de collecter la rémunération
de ses membres auprès des utilisateurs de leurs catalogues (sites web,
radios etc.) La loi lui impose de réserver une partie de ces sommes au
soutien à la création, et c'est le rôle de la commission des aides,
justement, de choisir les projets parmi les dossiers qu'elle reçoit.
Contacté par Rue89,
le directeur général de la SCPP, Marc Guez, a confirmé avoir reçu un
appel de l'Elysée suite au refus, fin septembre, de la commission
chargée d'attribuer les aides d'apporter son soutien au projet de
Pierre Sarkozy, évalué à 80.000 euros au total. «Nous avons préféré
privilégier les membres de notre association. Il est très rare que nous
versions des aides à des non-membres, même si c'est déjà arrivé»,
a-t-il expliqué, indiquant que Pierre Sarkozy n'est pas adhérent de la
SCPP. Marc Guez se défend pour autant d'avoir subi des pressions et
affirme que «ce conseiller ne [lui] a pas demandé de faire en sorte que
cette aide lui soit versée».
Une affirmation
répétée dimanche après-midi par un communiqué officiel de l'organisme
expliquant que, si «la SCPP a été interrogée», ses services ou sa
direction n'ont, à «aucun moment, directement ou indirectement, (...)
été sollicités pour accorder un traitement de faveur» à la société dont
Pierre Sarkozy est actionnaire (Mind's corporation), «sous quelque
forme que ce soit, pour le présent comme pour l’avenir.»
Sur ce point,
Electronlibre.info, site spécialisé dans l'information sur les médias
et la culture réputé fiable, assure qu'au contraire la SCPP a apporté
toutes les «garanties» pour que cette aide soit in fine débloquée.
«Cela n'arrivera
pas», assure le président de la société de production Abeille Musique
et membre de la SCPP, Yves Riesel, contacté par Libération dimanche.
Lui-même a longtemps siégé à la commission, et il la décrit comme «très
formaliste et cherchant toujours à distribuer les sommes de façon
équitable». Il confirme qu'avec la crise du disque et l'augmentation du
nombre de dossiers, «cela fait des mois et des mois que les aides sont
réservées aux membres» de la SCPP. Et que rien n'empêche Pierre Sarkozy
d'adhérer.
«Si ce petit garçon
n'est pas capable de téléphoner lui-même à la SCPP pour demander des
explications comme n'importe quel producteur et qu'il demande à
l'Elysée de le faire, ça le regarde», dit Yves Riesel.
Dans la soirée de
dimanche, le conseiller culture et communication de Nicolas Sarkozy,
Eric Garandeau, a précisé à l'AFP qu'il avait effectivement demandé des
explications à la SCPP, affirmant qu'il était «sollicité en permanence
par des producteurs à qui on a refusé une subvention et [qu'il] demande
systématiquement les raisons du refus». Cette fois, il aurait en plus
«pris deux précautions: j'ai mentionné par oral et écrit que l'Elysée
ne demandait aucun traitement de faveur et je n'ai pas cité le nom de
Pierre Sarkozy».









